04/08/2010 | de David
Concerts à venir:
04/09/2010 WOLVENDAEL "Uckelrock"
10/09/2010 MONS
17/09/2010 SUGAR ROCK
24/09/2010 FETES DE WALLONIE Andenne
25/09/2010 OSTENDE
07/10/2009 LIEGE ("MAGIC MIRROR")
29/10/2010 SOIGNIES
06/07/2010 | de David![]()
Vous l'attendiez, vous l'espériez, vous en rêviez, il est né:
"BEST OF SHARKO" disponible en CD physique ici même!
Sharko remastérisé avec de nouvelles versions exclusives de "Excellent", "Spotlite" and "We Should Be Dancing".
1. I WENT DOWN
2. SWEET PROTECTION
3. RISE UP
4. PRESIDENT
5. YO HEART
6. MOTELS
7. TRIP
8. I NEED SOMEONE
9. SPOTLITE (new version 2010)
10. EXCELLENT (new acoustic version)
11. MINUTE
12. WAKE UP
13. RIP OFF
14. SINCE YOU CALLED
15. WE SHOULD BE DANCING (Variety Lab feat. DB)
18/05/2010 | de David
LIVE SUMMER 2010:
10 JUL 2010 HOTTON LASEMO FESTIVAL (B)
16 JUL 2010 DOUR FESTIVAL (B)
24 JUL 2010 SPA OK FESTIVAL (B)
11/09/2009 | de David
Le recueil "Sharko Journal" est disponible:
à la librairie Decallonne à Tournai
chez Caroline Musique à Liège
à la librairie Livre aux Trésors toujours à Liège
au Juke Box à Namur
au Parc Music à Arlon
au Cook&Book de Woluwé-Bruxelles
Plus très vite.
02/08/2009 | de David
Sharko maintenant sur Twitter: "SharkoMusic". Follow now, ouais!
http://twitter.com/SharkoMusic
09/07/2009 | de David
15/05/2009 | de David
SHARKO - ANCIENNE BELGIQUE - 15 OCTOBRE 2009
WAF! Présente SHARKO "Dance on the Beast" - TEASER 2 from WAF! on Vimeo.
01/03/2008 | de Teuk
Interview avec David pour Emoragei magazine:
http://www.emorageimagazine.com/article.php3?id_article=807
09/02/2008 | de David
Sharko à Toronto, Montréal et New York en mars!
03/12/2007 | de Teuk
Photos de Spa! Merci Rick.
http://www.rickmcpie.be/gallery/Tripin_Music
28/11/2007 | de David
Aujourd'hui, petit ça:
http://www.liberation.fr/actualite/monde/made_in_belgique/294278.FR.php
Et aussi ci:
http://www.televesdre.eu/site/index.php?iddet=1275&id_surf=&idcat=89&quellePage=999&surf_lang=fr&id_menu=89
02/11/2007 | de David
Le duo Sharko/ Julien Doré:
http://www.youmake.tv/video?id=2093
Sharko Bataclan Photos:
http://www.flickr.com/photos/alain-g/sets/72157602819148341/show/
24/06/2007 | de David
Sharko à la télévision belge 23/06/20076.
Compte-rendus des fêtes de la musique:
http://www.rtbf.be/video/jt/index.htm?jt=CONDUITEJT_2007062413_SKYNET&seq=16
http://rtlinfo.alinfini.be/index.php?option=com_vpl_videoplayer&task=play&mmo=1595
22/06/2007 | de David
SHARKO a gagné 2 Octaves de la musique ce 21 juin 2007.
Album de l'année pour "Molecule" et groupe pop-rock de l'année.
http://lesoir.be/culture/musiques/musique-les-octaves-ont-2007-06-22-536201.shtml
http://www.lalibre.be/article.phtml?id=5&subid=104&art_id=355828
05/05/2007 | de David
Hé!
"Excellent" chanté (bien mieux que David. Haha) à la Nouvelle Star (Julien):
http://wideo.nouvellestar.fr/video/iLyROoaftVev.html
17/04/2007 | de David
Chronique de "Molecule" dans "CD d'aujourd'hui":
http://cdaujourdhui.france2.fr/?fichesEmissions=/france2.fr/programmes/cdaujourdhui/archives/30404869-fr.php
Par ailleurs, ici une interview réussie:
http://visual-music.org/interview-67.htm
01/04/2007 | de David
"Excellent" version ukulélé disponible dans nos vidéos.
Live à Bourges (France) 2004.
Lien: http://youtube.com/watch?v=1BHX0csOgKM
11/03/2007 | de David
12 mars 2007, sortie française de "Molecule".
Quelques chroniques:
http://www.popnews.com/popnews/sharko-itw/http://www.popnews.com/popnews/sharko-2/http://www.indiepoprock.net/review.php?id=2073
http://starsareunderground.free.fr/html/chroniques/molecule.html
www.rockmydays.com
ttp://www.krinein.com/musique/Sharko-Molecule-5896.html
http://www.sensationrock.com/chroniquesAlbums/CD_Sharko_Molecule.htm
http://www.adecouvrirabsolument.com/sharko.htm
http://www.foutraque.com/
http://pinkushion.com/chroniques.php3?id_article=2335
http://www.netfestival.info/disques_fr.php
http://www.liabilitywebzine.com/?ac=non&contenu=viewchr&id=2865
Quelques concerts de la tournée française:
12/05 Sannois (95) - EMB
21/05 Montpellier - Rockstore
24/05 St Jacques de la Lande (Rennes) - L’Aire libre
01/06 Avignon - Les Passagers du Zinc
02/06 Clermont Ferrand - Festival Europa Vox
...
PLUS DANS LA RUBRIQUE CONCERT!
31/01/2007 | de Jul
Notre Showcase à l'AB est en ligne sur http://www.abconcerts.be/abtv
vous pouvez aussi copier ce lien dans votre Quicktime player: rtsp://ab2vod.rambla.be/ab/00074/00074_h264_m.mp4
16/12/2006 | de David
Françaises, français: "Molecule" est sur Itunes.
2ème meilleur disque sur Itunes Store France (indé).
Allez-y voir, c'est beau.
31/10/2006 | de David
Article Cédric Petit
http://www.lalibre.be/article.phtml?id=5&subid=104&art_id=311665
Apparition TV: ce lundi 6 novembre sur ARTE Belgique
vers 20 heures. Emission "50° Nord".
J'ai dit que des conneries, je suis sûr qu'il vont tout couper mes conneries.
Retransmise le même jour sur la Première (RTBF) vers 23 heures.
Mardi 7 novembre:
- Intervention dans Télé-Bruxelles vers 19h.
- Intervention sur Pure FM à 22h ("Rock Show" de Jacques de Pierpont).
24/10/2006 | de David
SHARKO (à la Cigale 4)
Résumé de la soirée
http://www.indiepoprock.net/live.php?id=268#9
24/10/2006 | de David
New single "Motels" available on our myspace profile!
www.myspace.com/sharkobelgium
New album "MOLECULE" out OCTOBER 28 in Belgium.
14/09/2004 | de David
Vidéo "Spotlite" coup de coeur sur M6 (France) cette semaine.
20/07/2004 | de David
Cette semaine (semaine 21-28 juillet 04), dans les INROCKS, une belle chronique du SHARKO III.
Nous avons lu et dansé autour du magazine toute la nuit.
Pleurant, chantant, aimant la vie.
22/06/2004 | de David
4 clés dans le Télérama de la semaine passée...
Nous avons acheté le magazine et dansé autour toute la nuit.
http://musique.telerama.fr/
03/06/2004 | de David
Aujourd'hui, 3 juin 2004.
Un article sur les Sacrés Belges dans le vénéré quotidien "Le Monde".
ENORME.
25/04/2004 | de David
Article sur notre escapade à Bourges d'un journaliste du vénéré quotidien français "Le Monde":
www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3246,36-362411,0.html
29/10/2010 Centre Culturel | Soignies (B)
I WENT DOWN | D.Bartholomé (arr:Bartholomé/Teuk)
I went down to see the rest (the face) of you in a bag down in the garage
I feel more myself with your skin on
It's a big surprise
I went down
I feel my bud echoes and that until my head explodes
I feel more myself with your shoes on
That until I'm Michael Jackson
That until I "foot my feet off"
That until I shake and shiver
Now I'm alright, now
Le tout premier jour où Teuk et moi avons travaillé ensemble, je lui ai chanté "I went down" (avec la ligne de basse et une boite à rythmes) et il a immédiatement, instinctivement, enchaîné avec cette partie de guitare éthérée, aérienne, organique... Woaw.
Quand je suis rentré chez moi le soir de l'enregistrement de la maquette, j'ai compris que nous tenions un climat, une couleur, une tension, une histoire et j'en étais bouleversé.
Nous avons rapidement joué la chanson en concert. Je me souviens d'un soundcheck à Louvain-La-Neuve où l’organisatrice m'avait confié en aparté: "J'y connais rien en chanson, j'y connais rien du tout, mais cette chanson avec "Michael Jackson" là, c'est un tube!".
(Un clip a ensuite été réalisé. Notre tout premier vrai clip! Grand souvenir!)
Engineered, produced and mixed by Mike Mogis
Rising Sun Studio, Brussels
Guitars: Teuk
Keys, vocals: David Bartholomé
Bass: Mirko Banovic
Drums: Fred Van de Berghe
SWEET PROTECTION | D.Bartholomé
My mama said it's gonna be hard many times
But think of me and the love I meant to give
And remember how it looks super shy
The way you grabbed molecule anyhow
I never noticed what kind of love she could have meant
I didn't know that it meant depend on me
Sweet protection luminous I'm five
You want me to play o yes I can play
Sweet protection luminous I'm five
You want me to play o yes I commit and play
My mama said it's gonna be hard many times
But think of me and the love I meant to give
And remember how it looks super shy
The way you grabbed molecule anyhow
I never noticed what kind of love she could have meant
I didn't know but it meant depend on me
Sweet protection luminous I'm five
You want me to play o yes I can play
Sweet protection luminous I'm five
You want me to play o yes I commit and play
My mama said it's gonna be hard many times
But think of me and the love I meant to give
And remember how it looks super shy
The way you grabbed molecule anyhow
I didn't know but our love was meant to be
My mama said it's gonna bleed from time to time
My mama said it's gonna be hard many times
But think of me and relax there's love ahead
Anyhow...
En studio, souffrance. Réalisation difficile.
Plus que techniquement,... psychologiquement.
Et la plus dure à composer en plus. Une plaie.
J’avais le beat de batterie depuis 1997.
Trainait par ci, trainait par là. Je rappais dessus, je chantais vaguement,
je tournais autour, je flirtais timidement.
Un coup d'oeil par ci, un coup de pied par là.
Mais j’avais le texte. Ca aide.
Avec Dimitri Tikovoï (producteur): ouh la la, guerre occulte. Il voulait faire de mon couplet un refrain et vice versa. Comprenais pas. Pour moi “Mama said” c’était énorme; c’était le refrain. Je dévoilais là toute mon enfance et lui me proposait d’en faire un tire-bouchon.
Lutte psychologique, ouais.
Et puis, je lui disais: pour moi, le texte, il est dur, mais il est pas dramatique, tu vois, il y a beaucoup d’amour quand même. C’est lumineux aussi une vie de gamin. Pour lui, il fallait que ce soit canicule, orage, menace.
Gros arguments sur cette chanson, beaucoup contestée. Mais il avait sa vision. Il voulait sombre, lourd. Je voulais canicule oui mais pas longtemps, et avec un délicieux petit vin rosé frais pour balayer juste derrière.
Le coup de génie au studio: Dimitri chipotait sur ma basse et dans une autre pièce Julien se défoulait sur sa batterie. Il y avait un écran de contrôle dans la régie, Dimitri a vu que Julien jouait, il a ouvert 3 micros, écouté le son, et il a proposé à Julien via l’interphone: “Pas mal... On essaie?”.
Julien a essayé, sans pression, relâché et le son était énorme. Quand la batterie rentrait après une minute dans la chanson, j’avais des poils de bras partout.
Engineered and produced by Dimitri Tikovoi, Rising Sun Studio, Brussels
Mixed by Andy Saunders, Beethoven Studio, London
Keys, bass, vocals: David Bartholomé
Guitars: Teuk Henri
Drums: Julien Paschal
RISE UP | D.Bartholomé
Stay away from me I said to a friend
Won't you ever hey come back again
Stay out of there, stay out of there
There has to be a way
Rise on instead Rise up instead
Try me, I will do it the very best I can!
Takes you by the hand to get a new chance
When you are lost in the dark
It makes you big a bigger man
You try to understand
Rise up instead
Rise up instead and try me
You will get the very chance to stay on my side
Stay on my side and fly me to the very high
Highest ground I can
Accord bizarre, riff bizarre. Accord majeur qui se retourne en mineur en plein refrain.
Je me voyais faire Beatles. Les "ouh-ouh" qui font les choeurs, comme les Beatles.
Printemps, soleil. Eté. Terrasse.
Un ami, une petite tape dans le dos. "Allez, ça va aller, Fi. Ca ira."
Composé le 27 avril 2008 à 23h50. (J'ai encore l'enregistrement du premier jet dans mon téléphone. Si.)
Co-produced by Dimitri Tikovoi and David Bartholomé
Engineered by Dimitri Tikovoi, Rising Sun Studio, Brussels and The Bedroom Studio, London
Mixed by Peter Crosbie, Ono Studio, Hoeilaart
Keys, bass, vocals: David Bartholomé
Guitars: Teuk Henri
Drums: Charles De Croix
Backing Vocals: Mélanie De Biasio
PRESIDENT | D.Bartholomé
Pam and Jackie (Patsy) say it is
The young and lonely kid in Belgium is a ghost
It’s alright...
Ex-President of the United States
He forgets it by noon
He tries to forget his only only ex- ex-wife
Then follows it too soon
He tries to forget his only lack of life
Ex-President of the United States
Of America I fear
His only courage is to stand in the middle of, the middle of, the middle of
And meet love yeah...
Le morceau existait depuis fort longtemps (début 2000).
A la base, c'était un sample d'un piano (désaccordé) issu d'un film américain des années '70. J'avais calé, sur ce sample, une boucle de batterie volée sur un vieux vinyl des années '60.
Ensuite ai joué la ligne de basse venu des années '90 (les "roots" comme on dit dans le milieu). Ai ajouté une mélodie des années '80 et fait écouter à Christophe (label boss).
Il m'a dit: "David, tu chantes trop bas sur cette chanson... Ca ne décolle pas... Change le pitch de plusieurs tons, donne tes tripes!".
J'étais perplexe...
Pendant notre break du printemps 2003, ai repris la chanson en main.
Notre éditeur préféré à Paris pensait qu'il manquait une envolée instrumentale avant le dernier refrain. Le même jour, Christophe m'a téléphoné pour me dire: "Daviiid, j'entends des violons sur ta chanson! Hier soir dans ma voiture, je les entendais, je t'assure!". Et il est venu me les jouer sur un orgue Bontempi dans la précipitation.
Renaud Lhoest nous a mis ça sur partitions et a fait virevolter son quatuor à cordes dans un petit studio à Bruxelles. Et Gilles Martin de mixer le tout.
Le morceau a eu pour titre: "O my God" puis "Pam et Patsy" puis "Ex-president" puis "Pam President" puis "Pam in Belgium" mais comme tout le monde l'appelait "President", c'est resté "President". Merci.
Produced by David Bartholomé
Engineered by Rudy Coclet, Rising Sun Studio, Brussels
Mixed by Gilles Martin, Brussels
Keys, drums, guitars, mandolin, bass, vocals: David Bartholomé
Guitar: Teuk Henri
Strings: Renaud Lhoest, Sigrid Vandenbogaerde, Jan Jacops and Nicolas Stevens
Organ: Alex Longo
YO HEART | D.Bartholomé (arr: Bartholomé/Alex Longo)
Oh woaw, stop shaking my heart
I would give a lot but as I said sometime
I'd leave you with a lot to dim I'll tell you when I go clean
I was trying to give you my time
I would give a lot but you wouldn't give it back
I was standing up aside your table I told you that's a cable
I told you that's a cable
I told you how to win a ...
Good heart, give me yo heart
Dizzy yo heart, oh yeah yo heart
O waow that's giving a tongue!
And a french kiss I would give you to make you mine
I was standing when I tried
And I gave my tongue, and when I gave my tongue...
Yo heart, just give me yo heart
Dizzy yo heart Hello you my soul, surrender
Gimme, gimme yo heart, give it to me, give it to me
I would give a lot but you wouldn't give it back
Yo heart, this is your heart
O yeah yo heart
This is your heart!
"Yo"!
Une chanson écrite en partie en 2000.
Le couplet enregistré alors dans l'urgence et la frénésie sur une petite machine 4 pistes. (Ai dû faire 120 prises de voix après ça, jamais pu égaler la force qui transpirait de cette première prise. Cette assurance, cette énergie. Gardée telle quelle après de longs débats.) Refrain venu plus tard, suivi du pont musical (aidé de Cascadeur/Alex Longo) et de la fin obscure avec les guitares. Le premier jet d'inspiration qui a guidé la composition, c'est l'attitude qui se dégage du chant aux couplets. Chanter une "attitude", souvent essayé mais rarement réussi; c'est ultra casse-gueule. Ou bien ça vire à la comédie musicale ratée "Starmania mange des frites" ou bien ça vire au pastiche parodique "Les Inconnus font Joy Division".
Longue réflexion sur le "son", l'arrangement, la couleur musicale. L'angle semblait être "dance" (ligne de basse à la Chic + attitude sexy-drague + dramaturgie sentimentale + groove). Me voilà donc dans l'étude de l'efficacité des grosses caisses et caisses claires pour ton cul danser.
Ai eu peur. Peur du son en studio. Dimitri Tikovoi (producteur) poussait très fort.
Le débat: "Ca sonne bien mais c'est encore Sharko?".
Long débat.
Les paroles: un type qui trippe égotrip; "Ouais, salut, la vache, je suis à donf, t'es plutôt jolie toi, c'est comment que tu t'appelles? Bon, allez, j'suis trop cool, mais comment elle s'appelle? Trop belle! Mais... comment elle me calcule pas! Je rêve ou elle me calcule pas? Je rêve? Mais moi, je te donnerai TOUT!" (Long monologue à la "Manon des Sources" ici).
Premier enregistrement à Londres. Terminé plus tard à Bruxelles.
Mixé par John Roo (aka Laurent Eyen), il a eu le bon feeling tout de suite; ça aide.
Co-produced by Dimitri Tikovoi and David Bartholomé
Engineered by Dimitri Tikovoi, Rising Sun Studio, Brussels and The Bedroom Studio, London
Mixed by John Roo, Koko Studio, Sprimont
Keys, bass, vocals: David Bartholomé
Guitars: Teuk Henri
Drums: Julien Paschal
Additional keyboards: Alex Longo
MOTELS | D.Bartholomé
We're open 6 hours a week... Promise
Pain, it's not what I wished for... Sorry
Man, it's just an act to bleed... Hell no
Fame, that's not what I wished for...
Motels
Hey you two could save my week... Defense
Stay indoors and lock you in... It's so rude
Men absolutely believe... In you
Then you rent a larger room...
Motels
I'll pick the electronics
You'll do the economic
We'll need a larger room
For everyone to dance
I'll pick the electronics
You'll do the economic
We'll need a larger room
And that's all
La surprise de l’album. J’adorais le riff et trouvais le morceau oblique-oblique, j’ai fait écouter à Teuk qui trouvait que ça ressemblait à Flaming Lips.
Il aimait beaucoup. Mais ça lui rappelait Flaming Lips. Moi, faut pas m’dire ça, ça me bloque. J’aime pas Flaming Lips. Donc, poubelle.
Mais au bout d’un moment, je suis quand même retourné chercher poubelle.
Absolument convaincu que Dimitri allait s’amuser avec les ingrédients: riff marteau, couplet léger, petits sons,...
Christophe (label boss), lui, alors là, lui, n’y croyait pas une seconde. Il me disait diplomate: “Si ça peut te faire plaisir de l’enregistrer... Vas-y...”
En studio, il est venu écouter l’à-plat, moue désolée...: “T’es obligé de hurler à la fin?”
Bref... nous, on aimait. Fort amusant.
Mix à Londres. De là-bas, j’envoie le morceau fini-fini à Christophe et là, il me téléphone dans la seconde: “Putain, le mix est énorme! C’est le premier single!”
Haha.
Engineered and produced by Dimitri Tikovoi, Rising Sun Studio, Brussels
Mixed by Andy Saunders, Beethoven Studio, London
Keys, bass, vocals: David Bartholomé
Guitars: Teuk Henri
Drums: Julien Paschal
TRIP | D.Bartholomé
I'm new in town
I know no one
Polite and pleat
So far so neat
I know exactly
I feel exactly
In my galaxy
Life is so sweet
System is broken down
System exploded down
In my galaxy
Life is so sweet
I've seen your face
I've loved your face
I've loved your ways
Oh my rifle
I love your face
I love your ways
Do you want to know me
In my galaxy?
La rage. Le riff, un texte simple, urbain, la rage, la rage, la rage. Dans ma tête, j’imaginais des gamins dans leur chambre, en train de secouer leur tête comme ça, sur le riff:
Pahpahpahpah pahdahdahdahdahdah!
Super cool à enregistrer, une demi-journée, 14 prises.
Chaque fois que Dimitri (producteur) quittait la régie pour nous parler dans la pièce principale, c’était pour qu’on change la tonalité, ou la structure, ou le tempo, ou la façon de jouer, plus violent, moins violent, plus contenu, moins bridé. Et au bout d’un moment, il nous a demandé: “Ok, cool, maintenant, on va changer le tempo, le faire plus court, le faire plus contenu dans les couplets, lâcher le refrain, on change la tonalité de 2 demi-tons, et Julien tu rajoutes une double croche au charley dans le pont. On essaie?”
Fou rire nerveux. Presque. J’osais pas regarder Teuk sinon fou rire. On était fort à l’ouest...
Bref, on essaie, il nous fait écouter. J’étais sur le cul.
Ca sonnait patate. Avec le pare-choc devant en chrome.
Engineered and produced by Dimitri Tikovoi, Rising Sun Studio, Brussels
Mixed by Andy Saunders, Beethoven Studio, London
Bass, vocals: David Bartholomé
Guitars: Teuk Henri
Drums: Julien Paschal
Saxophone: Hans Helewaut
I NEED SOMEONE | D.Bartholomé
Your lack of inspiration
What can I say?
Your misinterpretation
I'm sorry mate
You only need affection and pillow space
Lack of imagination
Poor Sharon Tate
Demand for sole attraction
And shadow prey
At will I'll end defense
I need someone like you
You need someone like me
Why don't you see what's clear?
Sometimes you need protection
Sometimes you don't
You run out of munitions
While others don't
I'm lonely in the fog
I need someone like you
You need someone like me
Why don't you see what's clear?
Sur ma démo, elle sonnait comme un morceau des Killers.
Notre éditeur, il m’a dit ce qu’il ne faut jamais dire: “David, ça pourrait être un tube énorme si... tu trouves le bon arrangement!!”
Ca semble con, mais c’est totalement castrateur.
J’ai cherché. Cherché le “bon arrangement”. Six mois. Un an.
Je dois avoir 12 versions. Une version Gorillaz. Une autre un peu fanfare. Puis j’en ai eu marre. J’ai pris mon ukulélé et tout déshabillé.
Le texte: une crise d’inspiration que personne ne peut aider.
Une requête d’affection. Sans prise de tête. Sans pression existentielle. L’envie d’être près de quelqu’un, juste un moment, pas pour toute la vie, pas de parano, pas de psychodrame, une après-midi, juste poser sa tête. Un instant. Sans être jugé. Affection bienveillante.
Dans les paroles: Sharon Tate.
Sharon Tate - sublime actrice, mariée à Roman Polanski. En 1969, des membres de la bande Charles Manson sont rentrés dans sa villa à Los Angeles, pour l’éventrer puis la pendre. Polanski était absent, il était à Paris. Sharon Tate. Enceinte de huit mois.
Engineered and produced by Dimitri Tikovoi, Rising Sun Studio, Brussels
Mixed by Andy Saunders, Beethoven Studio, London
Keys, ukulele, bass, vocals: David Bartholomé
Guitars: Teuk Henri
Drums: Julien Paschal
Strings: Nicolas Stevens, Jean-François Assy, Jan Jacops, Renaud Lhoest
SPOTLITE (new version 2010) | D.Bartholomé
I believe there is something in the dark night, you see
That I'll catch back in the spotlight, easy
And I'll make it out at midnight, sorry
Never thought I would be that right, oh oh...
I believe there is something it's in your eyes, dizzy
With your bloody mouth it's alright, aïe!
Never thought I would be that right, oh oh...
Doo do doo doo...
I don't know, sorry, easy, dizzy, I don't know, it hurts, hurts done!
I don't know, I'm sorry, I'm sorry, dizzy, easy, it hurts, gone hurts...
I don't know, I'm sorry, ouh, it hurts good, dizzy, dizzy, sorry
I don't know... It 's in you...
Je voulais une chanson douce.
Une nuit, possédé par le fantôme de Christopher Cross, j'ai découvert que je pouvais faire des "Padapapapapapapa".
Découvert aussi ce solo à la Pavement.
Découvert également ce break de batterie dans le pont.
Ai fait écouter la chanson finie à Teuk le 19 juin 2002.
Il m'a dit: "Pouah, on dirait une chanson de Laurent Voulzy... Et ce refrain... On dirait Sandra Kim!"
Agh.
VERSION 2010:
Ce n'est pas une blague: nous l'avons ré-enregistrée dans le studio de Laurent Voulzy à Paris. Si. J'te jure.
Produced by David Bartholomé
Engineered by Quentin Guiné, Laurent Voulzy's Studio, Joinville
Mixed by Peter Crosbie, Ono Studio, Hoeilaart
Keys, bass, guitars, mandolin: David Bartholomé
Guitars: Teuk Henri
Drums: Julien Paschal
Backing vocals: Our friends + Peter Crosbie's friends
EXCELLENT (acoustic version) | D.Bartholomé
25 years ago, I had just a tick-ticket to Queen
As I lay upstairs in the south
25 years ago I was just alone a lonely kid
As I lay upstairs in my mouth
I'm special, excellent
You're special, excellent
Good in bed, excellent
I'm your man, excellent
25 years ago I was just alone a lonely kid
You never took a look on me
25 years ago I had just a tick-ticket to Queen
As I lay upstairs in my room
Vous avez déjà regardé sur youtube le nombre de reprise version ukulélé de "Excellent"?
C'est de la folie.
Produced by David Bartholomé
Mixed by Peter Crosbie, Ono Studio, Hoeilaart
Keys, ukulele, vocals: David Bartholomé
Strings: Nicolas Stevens, Jean-François Assy, Jan Jacops, Renaud Lhoest
Backing vocals: various friends.
MINUTE | D.Bartholomé
Someone in the dark, somenone in the sparkle
Evidently hurt
Someone in between us, somewhere in between us
Evidently hurt
Just a minute, something ain't right inside of me
L'idée première était de débuter l'album "Meeuws2" avec cette chanson et... qu'elle ne dure qu'une minute! "Minute" qui dure une minute, oui?
Un bonheur à enregistrer, un bonheur à mixer. Un bonheur. Et je me souviens du samedi quand elle est devenue "must" sur feu Radio 21. Un rêve de gamin d'être "must"... Je me revois dans ma chambre en 1984 avec U2 "Pride-In the name of love" en "must" et je me disais: "Faut que je sois "must" un jour!".
Produced by Rudy Coclet
Engineered and mixed by Rudy Coclet, Rising Sun Studio, Brussels
Keys, bass, guitars, vocals: David Bartholomé
Drums: TVC
WAKE UP | D.Bartholomé
Wake up, you bunny bums
Wide awake you bunny bums
Wake up, it's a lovely day
I got strong arms and a body to fight
who's accused of love equals?
And a bloody Mary is safe tonight 'cos she played with love before.
Got a band and the plague and black black feet
I can see this time it's co co coming
This time, yeah this time
Wake up, without any make up
I got strong feet few steps I got it
Push shook a tube
With a pair of smiles it's safe tonight and then things got more confused
I got nothing but a square butt and black black feet
I can see this time it's co co coming
This time yeah this time
Wake up without any make up
Come on, it's out there somewhere
Come on, it's out there
Première approche d'une "écriture" hyper-simple. C'est très dur d'être simple; c'est pas simple. Cela demande plus de travail d'être simple, et ce serait plus simple d'être compliqué.
Une simple ligne de basse, un chant simple et un simple petit gimmick guitare. C'est le second morceau que Teuk et moi avons repété (le premier étant "I went down").
Je me disais: "Pourvu qu'il ne trouve pas ça trop simple!".
Produced by Rudy Coclet
Engineered and mixed by Rudy Coclet, Rising Sun Studio, Brussels
Keys, bass, guitar, vocals: David Bartholomé
Additional guitar: Geoffrey Burton
Drums: Eric Morlot
RIP OFF (A PHONE CALL) | D.Bartholomé (arr: Bartholomé/Teuk)
Hello... Are you there? Are you home?
Well... Let me introduce myself, my name is David and...
You don't know me but ...
I've been watching you some time now and I really want to tell you something
I wanna tell you that I love you
I wanted to put the Stevie Wonder song but, I... I... I... you know
I'm gonna say it myself, I said to myself...
Well I'd really want to tell you
That I love you and I want to BEEP you
I love your bite
I'm on the run I feel fine
So get your claws in my mind
Of course it is, I don't mind
I love that
I love your bite
I love the swing, hooks and knives
So get your claws in my mind
Of course it is, I don't mind
I love that hard
I'm so sorry, woaw, I'm getting used to it...
I know you'll never call me back
'Cos I don't know how to talk to girls
I know you'll never call me back
And I'll be forever a lonely boy...
I love your bite
I'm on the run I feel fine
So get your claws in my mind
Of course it is, I don't mind
I love that
I love your bite
I'm on the swing, hooks and knives
So get your claws in my mind
Of course it is, I don't mind
I love that hard
Elle était sur ma première démo en juin '96 ("Shabby Star Tux" - "Chicken Pox").
On tentait régulièrement de la jouer en concert mais je détestais le chant sur les couplets... une vraie torture.
J'y ai travaillé des années.
Un soir, des amis m'ont confié à quel point Sharko était pour eux essentiellement un groupe de scène fou et déjanté.
Et de souligner leur déception de ne jamais avoir retrouvé cette folie sur CD.
Rentré chez moi dans la nuit, ces réflexions m'ont insufflé assez de confiance pour tenter le coup du répondeur. Haha.
On s'amuse bien hein oui?
Produced by David Bartholomé
Engineered by Rudy Coclet, Rising Sun Studio, Brussels
Mixed by Ben Findlay, Rising Sun Studio, Brussels and Bath Studio, Bath (UK)
Keys, guitars, bass, vocals: David Bartholomé
Guitars: Teuk Henri
Drums: Julien Paschal
SINCE YOU CALLED | D.Bartholomé
Since you called
Since you called, I'm not the same guy, you know that's true
Since you called
Since you called
Since you called, I'm not the hey hey, you know that's true
Love was a game
What's your name?
Love was a su-per game!
Une grâce.
Le riff venu sans peine, les paroles arrivées sans difficultés, la mélodie entêtante qui s'invite toute seule.
Quand l'inspiration est là, tout va.
Au studio, à Londres, moins de grâce; beaucoup de conflits sur la direction.
Rythme blanc européen pour nous, rythme noir américain urbain pour Dimitri.
Avons fait des tonnes de tentatives. Sans succès. Jusqu'au dégoût. Crise de foie.
Je ne voulais même plus la réenregistrer. Je voulais l'enterrer.
De retour à Bruxelles, Charly n'arrêtait pas de me dire: "Nous DEVONS réenregistrer cette chanson, elle tue! C'est une énorme chanson! Super riff, j'adore! On doit la faire! Essayons!".
C'est Thierry Bellia de Nancy qui a eu l'idée de la basse à la Claude François.
Et c'est Alex Longo de Metz qui a joué la ligne de synthé à la Howard Jones.
Quelle culture ces français.
Co-produced by Dimitri Tikovoi and David Bartholomé
Engineered by Dimitri Tikovoi, Rising Sun Studio, Brussels and The Bedroom Studio, London
Mixed by Peter Crosbie, Ono Studio, Hoeilaart
Keys, bass, guitar, vocals: David Bartholomé
Guitars: Teuk Henri
Drums: Charles De Croix
Backing Vocals: Charles, Teuk and various friends.
Additional bassline: Thierry Bellia
Additional keyboard: Alex Longo
WE SHOULD BE DANCING (Variety Lab featuring David Bartholomé) | Thierry Bellia/David Bartholomé (Arr: Fossey/Longo)
Ouh-ouh-ouh!
We got on the beat
And the beat wakes me up
We got no self-esteem
Self-esteem
And you dance like I'm the king
But the Queen, she beats me up
We got no self-esteem
Self-esteem
WE SHOULD BE DANCING!
Une tuerie.
Produced by Thierry Bellia.
YO HEART | D.Bartholomé
Oh woaw, stop shaking my heart
I would give a lot but as I said sometime
I'd leave you with a lot to dim I'll tell you when I go clean
I was trying to give you my time
I would give a lot but you wouldn't give it back
I was standing up aside your table I told you that's a cable
I told you that's a cable
I told you how to win a ...
Good heart, give me yo heart
Dizzy yo heart, oh yeah yo heart
O waow that's giving a tongue!
And a french kiss I would give you to make you mine
I was standing when I tried
And I gave my tongue, and when I gave my tongue...
Yo heart, just give me yo heart
Dizzy yo heart Hello you my soul, surrender
Gimme, gimme yo heart, give it to me, give it to me
I would give a lot but you wouldn't give it back
Yo heart, this is your heart
O yeah yo heart
This is your heart!
"Yo"!
Une chanson écrite en partie en 2000.
Le couplet enregistré alors dans l'urgence et la frénésie sur une petite machine 4 pistes. (Ai dû faire 120 prises de voix après ça, jamais pu égaler la force qui transpirait de cette première prise. Cette assurance, cette énergie. Gardée telle quelle après de longs débats.) Refrain venu plus tard, suivi du pont musical (aidé de Cascadeur/Alex Longo) et de la fin obscure avec les guitares. Le premier jet d'inspiration qui a guidé la composition, c'est l'attitude qui se dégage du chant aux couplets. Chanter une "attitude", souvent essayé mais rarement réussi; c'est ultra casse-gueule. Ou bien ça vire à la comédie musicale ratée "Starmania mange des frites" ou bien ça vire au pastiche parodique "Les Inconnus font Joy Division".
Longue réflexion sur le "son", l'arrangement, la couleur musicale. L'angle semblait être "dance" (ligne de basse à la Chic + attitude sexy-drague + dramaturgie sentimentale + groove). Me voilà donc dans l'étude de l'efficacité des grosses caisses et caisses claires pour ton cul danser.
Ai eu peur. Peur du son en studio. Dimitri Tikovoi (producteur) poussait très fort.
Le débat: "Ca sonne bien mais c'est encore Sharko?".
Long débat.
Les paroles: un type qui trippe égotrip; "Ouais, salut, la vache, je suis à donf, t'es plutôt jolie toi, c'est comment que tu t'appelles? Bon, allez, j'suis trop cool, mais comment elle s'appelle? Trop belle! Mais... comment elle me calcule pas! Je rêve ou elle me calcule pas? Je rêve? Mais moi, je te donnerai TOUT!" (Long monologue à la "Manon des Sources" ici).
Premier enregistrement à Londres. Terminé plus tard à Bruxelles.
Mixé par John Roo (aka Laurent Eyen), il a eu le bon feeling tout de suite; ça aide.
NEVER THE SAME | D.Bartholomé
Cold in a fat disguise facing all the girls
Evening and a strong strong bite, get plenty off the world
Elephants some some played out, preachers had to go
Collarbone with a strict good tight, the tactics of the war
And it was never the same without you
No it was never the same again with you
Spaceships are attending Tupperware reunions!
Stalingrad men wrenched us out and women had to go
And it was never the same with you
No it was never the same without you
Oh a streak of... strict ocean
Take your phone, call anyone
No one will be left alone
Creatures with the silicone
Fingers with bones!
And it was never the same without you
No it was never the same again
It's never going to be the same again
Après Londres et l'enregistrement "Beast" première partie, me suis acheté un synthé JUNO tout pourri. Vraiment des laids sons. Sauf UN son, qu'on aurait dit une anguille sous roche qui pleure. Je faisais aller la molette du synthé dans tous les sens, plus par maladresse que par dextérité. Et ça donnait cette chose organique troublante.
Ai ensuite cherché une guitare et des accords. Trouvé ce petit riff à la Strokes mais joué super lentement; Strokes sous Xanax? Collait parfaitement.
Ai creusé ma tête pour des mélodies avec cette vague idée d'évoquer les continents. L'Europe, l'Amérique, l'Afrique, Tintin, l'Europe, la Floride et la Russie. (J'suis pas neuneu hein, je sais que la Russie c'est pas un continent hein.)
Cette phrase: "Spaceships are attending Tupperware reunions!". Je trouvais ça super beau. Parce que tu vois, si les martiens débarquaient sur terre, je crois qu'ils seraient scotchés par nos trouvailles humaines aussi connes qu'inutiles comme la poubelle à pédale ou les bords des emballages en cisaille des Twix et son slogan "deux doigts coupe-faim".
Les martiens, ils seraient sur le cul de voir nos agences marketing, nos pubs, nos produits totalement laids, nos gadgets de société de conso, blabla. Ils seraient sur le cul de voir nos inventions tels l'ampoule, le serre-tête Paris 2012 pour jouer au tennis ou les décapsuleurs. Ils seraient émus de voir des Tupperware. Tu vois?
Ai pensé à Gary Numan et à Pavement lors de la prise de voix. Je fais souvent ça. Je pense à des gens quand je fais des prises de voix. Je me fais des films constitués de souvenirs et d'hommages divers. Je voulais un chant qui soit comme ça; Gary Numan dans un garage avec Pavement au sous-sol.
RISE UP | D.Bartholomé
Stay away from me I said to a friend
Won't you ever hey come back again
Stay out of there, stay out of there
There has to be a way
Rise on instead Rise up instead
Try me, I will do it the very best I can!
Takes you by the hand to get a new chance
When you are lost in the dark
It makes you big a bigger man
You try to understand
Rise up instead
Rise up instead and try me
You will get the very chance to stay on my side
Stay on my side and fly me to the very high
Highest ground I can
Accord bizarre, riff bizarre. Accord majeur qui se retourne en mineur en plein refrain.
Je me voyais faire Beatles. Les "ouh-ouh" qui font les choeurs, comme les Beatles.
Printemps, soleil. Eté. Terrasse.
Un ami, une petite tape dans le dos. Allez, ça va aller. Ca ira.
Composé le 27 avril 2008 à 23h50 (j'ai encore l'enregistrement du premier jet dans mon téléphone).
J'avais composé une sublime ligne de basse pour la chanson. Vraiment fier de moi, j'étais
style Paul McCartney en 1966, carrément over-the-top fier.
A Londres, à l'enregistrement, Dimitri m'a regardé l'oeil mauvais pendant la prise;
"C'est quoi cette ligne de basse?".
Ai donc compris. Adieu sublime ligne de basse flûtée et joyeuse, bonjour tuba dégraissé.
23 FIND WE BELONG | D.Bartholomé
The way you acted so "un-Papa"
The things you tried to do us Papap
The face you brought us, stuff unsung
We belong to the same sorry spot in the end
The wings it gave us so and so
The flavor cold and cold and co
The pain you brought and brought again
We belong to the same sorry spot I fear
Hi I'm gonna try it over again
I'm gonna try it over again
I'm gonna try it over again
You acted like all those who knew
You didn't act like those who cared
The things you did untold untold
We belong and it's not all your fault I know
Hi we're gonna find you a place to drill
The cynism of modern art
You can't afford it for a start
The way we download at full speed
Evidently it's not made for you
You, I... We belong
Hi we're gonna find you a place drive
Hi we're gonna find you a car to drive
Hi we're gonna find you a place to dream
Hi we're gonna find you a place
You, I... We belong
1. "La première phrase veut tout dire" me disait mon prof de psychanalyse.
2. Le rêve américain. Vu par un jeune européen.
3. La filiation, style bien torturé hein.
4. Le téléchargement; nous en sommes là.
5. Une pensée pour "The River" de Springsteen pendant la prise de voix. Toujours très inspirant de penser aux maitres.
J'ai tout dit.
C'est la suite de "Sweet Protection" de l'album précédent. "Sweet Protection" parlait d'une maman avec son enfant, ici c'est l'enfant qui parle au père. Mais sans aigreur hein, sans amertume, juste une sereine prise de conscience des obstacles et l'acceptation de ceux-ci. Comme un chien à qui on aurait coupé les pattes arrière et qui veut quand même rentrer à la maison. C'est dur comme image, je sais.
J'avais ce sample incroyable dans mes machines depuis des années. Comme une baleine torturée. La mélodie aussi depuis des années. Mais je ne trouvais pas le ton. Trouvais pas l'accroche. Trouvais pas la couleur. Et un jour d'été 2008, c'est arrivé: le sample gratte les entrailles, la grosse basse bien grasse et huileuse, la petite voix chevrotante et ces paroles, woaw les paroles!
En studio, le son et le pattern de batterie; on aurait pu l'écouter pendant des heures.
Vous connaissez cette vieille chanson de Bruce Springsteen, "The River"?
J'avais ça dans ma tête. Les images de "The River".
Je le dis souvent; que ce soit pendant la composition ou l'enregistrement, je me remplis d'images. Je me gave de souvenirs et de pensées. Ici, Bruce Springsteen. Mon père. Ou cette famille que je connaissais enfant. Et ce chien sans ses pattes. C'est dur comme image, je sais.
HEAD | D.Bartholomé
Vicious fall from the start, body aches no extra
Exam cue the wrong test, only moved by request
Slices cut on a bar, head gone wrong in a jar
Body paid beyond set, pavement due by request
Run away or run over
Vicious fall from the start, body aches all the time
Exam cue the wrong test, only moved by request
Slices cut on a bar, head gone wrong in a jar
Body paid beyond set, pavement due by request
You got a little half You got a little nose
You got a little mouth You got a little pose
You got a little stone You got a little fit
You got a little You got a little
Nothing spins 'round nobody puts you down
"Head gone wrong in a jar" ou la contemplation perverse d'une collection des horreurs au Musée des Sciences.
Le front ouvert aussi. A force de taper contre le mur, je suppose.
"Head gone wrong in a jar", pour ceux qui apprennent/comprennent l'anglais, il ne s'agit pas d'une histoire de tête.
Le riff trouvé très vite, mais la base du morceau, c'est un gros patchwork de sons issu d'un film des années 70 ("Target").
Avec un pattern disco samplé puis torturé. Bouclé pour l'hypnose et la transe.
Composé après l'enregistrement de Londres. Et juste avant l'enregistrement de Bruxelles.
Dans ma tête pendant l'enregistrement; Justice au Paléo (GROS MECHANT LOUP-GAROU SANS DENTS NI GRIFFES, haha), le film "Tucker" de Coppola, Martin Gore, Ford, John Barry, "Confessions of a serial killer" et un passage du livre "The world according to Garp".
HORSES | D.Bartholomé
Horses go and divide, close to midnight
My head's in a praise, just like going home
Plenty of them, crush trembling ants
Like a new force, listen to rewind
Hold... now! Horses up, horses!
Shit happens, crazy to whine
Planet Earth is bare... let's go reward!
Stains from the past, Princess Divine
The less we talk the more we can listen
Hold... Ho! Horses, horses go!
Horses come horses go horses go horses going...
Talking Heads en short dans la prairie, Brian Eno à la console, David Lynch aux manettes, Kraftwerk aux petits chevaux, Jacno à la balançoire, et le brouillard qui menace tout le monde.
Totalement démodé et donc furieusement hype! Woaw. Inclassable.
1. Si tu veux un son Atari qui tue; joue sur un vrai Atari.
2. Voulais parler de chevaux. Ai rassemblé des sons de galop, de western, de cavalerie, samplé le tout et c'était la base de tout.
3. Le paramètre qui tue, qui inspire, qui transcende: à Londres, nous étions dans le studio de Flood. Il a produit U2 et été l'assistant sur "Joshua Tree". Dans son studio, caverne d'Ali Baba, ce vieux brol de synthé vintage, ai joué dessus et trouvé une mélodie (celle en contre-point sur les couplets) et pendant que je cherchais, j'arrêtais pas de me dire: "Putain, pour "Joshua Tree", ils ont joué sur ce brol! Je dois inclure ce son dans l'album, il me faut une ligne de synthé! Woaw!".
4. J'ai appris plus tard que le synthé n'appartenait pas à Flood mais à Dave McCracken (qui a produit dEUS). Haha. Et merde.
CINEMA TECH | D.Bartholomé
It brings a new temptation
It brings a new frustration
It's true... a couple of new instants
It brings a new market
It needs a new pocket
It's true... a couple of new expressions
Cinema Tech, cinema back in a box, sly kick, Nightmare Blvd
Cinema Tech, cinema block cinema, Hollywood Blvd
It stays in your sources
It stains all your walls and cities
I know... a couple of new expressions
Cinema Tech, cinema back in a box, sly kick, nightmare Blvd
Cinema Tech, cinema block cinema, heads on Houston Blvd
Rise on chaos
It's so cold, so cold, so cold from my head to my toes
So I welcome back and I welcome back... Sunlight on my face
Cinema Tech, cinema back in a box, sly kick, Nightmare Blvd
Cinema Tech, cinema blow cinema, heads on Houston Blvd
Rise on chaos!
Ressemblerait à un machiniste du Hollywood de l'après-guerre (Spoutnik et parano communiste)
propulsé avec une brutalité inouie dans le Hollywood moderne (Blockbuster et téléchargement illégal).
J'ai trouvé le petit riff de guitare; simple, efficace, parfait.
Un autre riff plus dur pour casser un peu l'ambiance.
Je voyais la nuit, le petit satellite, la grosse artillerie au milieu, le passage plus lumineux,
bucolique, onirique et paf retour à la réalité.
Teuk avait cet enregistrement d'un documentaire communiste. Collait parfaitement à la fin.
Gros synthé analogique. Joué en live en studio à Londres.
Etait convaincu par le morceau; la densité, la profondeur, le spectre. Lui rendre justice.
Respecter la magie.
"This is the moment, this is what you've been looking for. This is... that hour".
RISE ON CHAOS!
MOUSE/ANIMAL/FACEBOOK/DANGER | Bartholomé-Teuk-Paschal
Mouse, you're just an animal, you're only two feet small
I know it's pretty upsetting I know it's corpulent
In a truly comic sense
You're just an animal and the secret is top seed!
What kept you for so long?
It keeps on going on
A lot of legacy but I have to do confess:
You're only two feet small
You have to carry on
You trying to impress me
But I'm not very much impressed...
You've been warned!
Thank you for the sick comments
The dissidence, the fast revenge
I'll get you on the wall
Thank you for the sick comments
The fist, the flop, the block, the fence
I'll get you on the wall
Mouse it's not a lame pretense, the secret is top seed
I just did hear your voice, it keeps on going strong
You vomit a stare at me
But I'm not very much impressed...
You've been warned!
Thank you for the sick comments
The dissidence, the fast revenge
I'll get u on the wall
Thank you for the sick comments
The fist, the fast, the sack, the chance
I'll get you on the wall
Mouse, you're just an animal, you're only two feet small!
I know it's pretty upsetting I know it's corpulent
In a truly comic sense
You're trying to impress me
But I'm not very much impressed...
You've been warned!
Nous répétions. Et enregistrions nos (longues) improvisations.
Julien a lancé cette ligne de batterie en blaguant puisqu'il pensait à une chanson connue d'un groupe super connu. Teuk n'a pas attendu deux secondes pour lancer ce riff nerveux.
Jul a donc continué sur sa lancée et j'ai pu accrocher cette petite mélodie au passage.
Sur l'enregistrement, Julien a rajouté des percussions issues d'un orgue au studio.
Me semblait parfait.
Ai pris l'enregistrement chez moi, ai monté, coupé des trucs, fait des edits dans tous les sens, ai rajouté le refrain, ai été copier l'impro de Teuk bouclée plusieurs fois.
Me semblait parfait.
A mon retour, Julien enthousiaste, mais Teuk furieux: "Je déteste! On dirait les Hives ou les Vines! C'est nul!".
Haha.
SINCE YOU CALLED | D.Bartholomé
Since you called
Since you called, I'm not the same guy, you know that's true
Since you called
Since you called
Si nce you called, I'm not the hey hey, you know that's true
Love was a game
What's your name?
Love was a su-per game!
Une grâce.
Le riff venu sans peine, les paroles arrivées sans difficultés, la mélodie entêtante qui s'invite toute seule.
Quand l'inspiration est là, tout va.
Au studio, à Londres, moins de grâce; beaucoup de conflits sur la direction.
Rythme blanc européen pour nous, rythme noir américain urbain pour Dimitri.
Avons fait des tonnes de tentatives. Sans succès. Jusqu'au dégoût. Crise de foie.
Je ne voulais même plus la réenregistrer. Je voulais l'enterrer.
De retour à Bruxelles, Charly n'arrêtait pas de me dire: "Nous DEVONS réenregistrer cette chanson, elle tue! C'est une énorme chanson! Super riff, j'adore! On doit la faire! Essayons!".
Haha.
C'est Thierry Bellia de Nancy qui a eu l'idée de la basse à la Claude François.
Et c'est Alex Longo de Metz qui a joué la ligne de synthé à la Howard Jones.
Quelle culture ces français.
I'M SO STUPID... THE THINGS I DID, I REGRET IT | D.Bartholomé
Caught me off-guard, takes me home
Caught me off-guard, hit me right away
Knocked me off my feet, we danced on the beat
I'm so stupid... The things I did, I regret it
Caught me offside, it wakes me up allright
It makes me drink more, much more than I should
I drink my own binge, we danced on the beat
I'm so stupid... The things I did, I regret it
Composé il y a longtemps.
J'adore la version live.
Piaf chantait "Je ne rrrregrrrrrrrrrete rrrrrien".
Moi, je regrette beaucoup.
CREATURES | D.Bartholomé
Framed to have fun
Blessing all the crumbs
Singing lightly bummed
Fancy all your guns
Creme on toppings
Plenty of them running at you
Let's go out with people running
Creatures in the bathroom, Creatures
Planning to have fun
Blowing all the guns
Blessing all the crumbs
Plenty of them
They're slinging it oddly so
Creatures in the bathroom!
Alors les créatures qui provoquent des angoisses chez moi comme c'est pas possible:
- la concierge qui fait chier, irritable au possible, laide, vilaine, agressive
- les femmes face-liftées au possible, botoxées, tirées, lèvres de canard et pommettes de buffles
- les souris au possible
- les araignées au possible
- les morpions au possible
- les faux-amis oublié(e)s de facebook qui réapparaissent à coups de "Salut, c'est moi qui te crachait dessus au gymnase!"
- les fanatiques de Star Wars
- les putes brésiliennes
Première chanson écrite pour l'album et Dimitri Tikovoi en tête. Je devais la mettre!
Une pensée pour "The Horrors" lors de la confection.
Une pensée pour Crumb, le dessinateur.
Une pensée pour les miettes de pain.
Une pensée pour toi, j'irai déposer une fleur sur ta tombe et j'arracherai toutes les pétales. Une à une.
C'est horrible hein de dire ça, non?
BUG | Bartholomé-Paschal-Teuk
Hello, hello everyone
I'm walking in the sun
I'm full of shit but I know how to split
The route from the wrong
Good evening Palo
Where do you come from?
It's nice to see you have tons in your eyes...
Can you get me some?
Goodbye to all our fans
Was glad to be around
I'm full of shit but I know how to grip
The crème from the chrome
Le pattern de batterie provient d’un petit synthé de Teuk et le riff, ben c’est du Teuk. Dans la démo, ce petit son traité hypnotique et le riff, ça donnait déjà patate. Promesse de patate en tout cas.
Rentré maison, réécouté. Gardé une base et chipoté le texte un long moment. Voulais commencer par “Hello”, de ça j’étais sûr. Mais aussi claquer “full of shit” dès la première phrase, de ça j’avais fort envie. Franchise totale immédiate.
Tu te présentes, tu dis “Salut, j’m’appelle machin et je suis qu’une merde et j’suis plein de problèmes, mais quand je suis dans l’bon sens, je suis vraiment un mec bien...”
C’est tac dans ta face. Et après t’es libre de raconter tout ce que tu veux.
En studio, Dimitri Tikovoi (producteur) il a fort tripé dessus. Ultra grisant d’voir quelqu’un se prendre un kif pareil sur un morceau qui tient à peine debout.
Il prend un petit soldat, il en fait un char.
Ke j’dis.
Sweet Protection | D.Bartholomé
My mama said it's gonna be hard many times
But think of me and the love I meant to give
And remember how it looks super shy
The way you grabbed molecule anyhow
I never noticed what kind of love she could have meant
I didn't know that it meant depend on me
Sweet protection luminous I'm five
You want me to play o yes I can play
Sweet protection luminous I'm five
You want me to play o yes I commit and play
My mama said it's gonna be hard many times
But think of me and the love I meant to give
And remember how it looks super shy
The way you grabbed molecule anyhow
I never noticed what kind of love she could have meant
I didn't know but it meant depend on me
Sweet protection luminous I'm five
You want me to play o yes I can play
Sweet protection luminous I'm five
You want me to play o yes I commit and play
My mama said it's gonna be hard many times
But think of me and the love I meant to give
And remember how it looks super shy
The way you grabbed molecule anyhow
I didn't know but our love was meant to be
My mama said it's gonna bleed from time to time
My mama said it's gonna be hard many times
But think of me and relax there's love ahead
Anyhow...
Sweet protection
En studio, souffrance. Réalisation difficile.
Pas techniquement,... psychologiquement.
Et la plus dure à composer en plus. Une plaie.
J’avais le beat de batterie depuis 1997. Tu t’rends compte?
Trainait par ci, trainait par là.
Un coup par ci, un coup par là.
Mais j’avais le texte. Ca aide.
Deux semaines avant de rentrer en studio, finir le reste.
Avec Dimitri, ouh la la, guerre occulte. Il voulait faire de mon couplet un refrain et vice versa. Comprenais pas. Pour moi “Mama said” c’était énorme, c’était le refrain. Je dévoilais là toute mon enfance et lui me proposait d’en faire un tire-bouchon.
Lutte psychologique, ouais.
Et puis, je lui disais, pour moi, le texte, il est dur, mais il est pas dramatique, tu vois, il y a beaucoup d’amour quand même. C’est lumineux aussi une vie de gamin. Pour lui, il fallait que ce soit canicule.
Gros arguments sur cette chanson, beaucoup contesté. Mais il avait sa vision. Il voulait sombre, lourd. Je voulais canicule oui mais pas longtemps et avec un petit rosé frais qui balaye juste derrière.
Il avait probablement raison...
Le coup de génie au studio: Dimitri chipotait sur ma basse et dans l’autre pièce Julien se défoulait sur sa batterie. Il y avait un écran de contrôle dans la régie qui faisait qu’on pouvait voir ce qui se passait dans la pièce principale. Dimitri a vu à l’écran que Julien jouait, il a ouvert 3 micros, écouté le son, et il a dit à Julien via l’interphone: “Pas mal... On essaie?”.
Julien a essayé et le son était énorme. Quand la batterie rentrait après une minute dans la chanson, j’avais des poils de bras partout.
MOTELS | D.Bartholomé
We're open 6 hours a week... Promise
Pain, it's not what I wished for... Sorry
Man, it's just an act to bleed... Hell no
Fame, that's not what I wished for...
Motels
Hey you two could save my week... Defense
Stay indoors and lock you in... It's so rude
Men absolutely believe... In you
Then you rent a larger room...
Motels
I'll pick the electronics
You'll do the economic
We'll need a larger room
For everyone to dance
I'll pick the electronics
You'll do the economic
We'll need a larger room
And that's all
La surprise de l’album. J’adorais le riff et trouvais le morceau oblique-oblique, j’ai fait écouter à Teuk qui trouvait que ça ressemblait à Flaming Lips.
Il aimait beaucoup. Et ça lui rappelait Flaming Lips. Moi, faut pas m’dire ça, ça me bloque. J’aime pas Flaming Lips. Donc, poubelle.
Mais au bout d’un moment, je suis quand même retourné chercher poubelle.
Absolument convaincu que Dimitri allait s’amuser avec les ingrédients: un riff marteau, un couplet léger, des petits sons,...
Christophe (label boss), lui, alors là, lui, n’y croyait pas une seconde. Il me disait diplomate: “Si ça peut te faire plaisir de l’enregistrer... Vas-y...”
En studio, il est venu écouter l’à-plat, moue désolée...: “T’es obligé de hurler à la fin?”
Bref... nous, on aimait. Fort amusant.
Mix à Londres. De là-bas, j’envoie le morceau fini-fini à Christophe et là, il me téléphone: “Putain, le mix est énorme! C’est le premier single!”
Haha.
TRIP | D.Bartholomé
I'm new in town
I know no one
Polite and pleat
So far so neat
I know exactly
I feel exactly
In my galaxy
Life is so sweet
System is broken down
System exploded down
In my galaxy
Life is so sweet
I've seen your face
I've loved your face
I've loved your ways
Oh my rifle
I love your face
I love your ways
Do you want to know me
In my galaxy?
La rage. Le riff, un texte simple, urbain, la rage, la rage, la rage. Dans ma tête, j’imaginais des gamins dans leur chambre, en train de secouer leur tête comme ça, sur le riff:
Pahpahpahpah pahdahdahdahdahdah!
Super cool à enregistrer, une demi-journée, 14 prises.
Chaque fois que Dimitri quittait la régie pour nous parler dans la pièce principale, c’était pour qu’on change la tonalité, ou la structure, ou le tempo, ou la façon de jouer, plus violent, moins violent, plus contenu, moins bridé. Et au bout d’un moment, il nous a demandé: “Ok, cool, maintenant, on va changer le tempo, le faire plus court, le faire plus contenu dans les couplets, lâcher le refrain, on change la tonalité de 2 demi-tons, et Julien tu rajoutes une double croche au charley dans le pont. On essaie?”
Fou rire nerveux. Presque. J’osais pas regarder Teuk sinon fou rire. On était fort à l’ouest...
Bref, on essaie, il nous fait écouter. J’étais sur le cul.
Ca sonnait patate. Avec le pare-choc devant en chrome.
I NEED SOMEONE | D.Bartholomé
Your lack of inspiration
What can I say?
Your misinterpretation
I'm sorry mate
You only need affection and pillow space
Lack of imagination
Poor Sharon Tate
Demand for sole attraction
And shadow prey
At will I'll end defense
I need someone like you
You need someone like me
Why don't you see what's clear?
Sometimes you need protection
Sometimes you don't
You run out of munitions
While others don't
I'm lonely in the fog
I need someone like you
You need someone like me
Why don't you see what's clear?
Sur ma démo, elle sonnait comme un morceau des Killers.
Notre éditeur, il m’a dit ce qu’il ne faut jamais dire: “David, ça pourrait être un tube énorme... si tu trouves le bon arrangement!!”
Ca semble con, mais c’est totalement castrateur.
J’ai cherché. Cherché le “bon arrangement”. Six mois. Un an.
Je dois avoir 12 versions. Une version Gorillaz. Une autre un peu fanfare. Puis j’en ai eu marre. J’ai pris mon ukulélé et tout déshabillé.
Le texte: une crise d’inspiration que personne ne peut aider.
Une requête d’affection. Sans prise de tête. Sans pression existentielle. L’envie d’être près de quelqu’un, juste un moment, pas pour toute la vie, pas de parano, pas de psychodrame, une après-midi, juste poser sa tête. Un instant. Sans être jugé. Affection bienveillante.
Dans les paroles: Sharon Tate.
Sharon Tate - sublime actrice, mariée à Roman Polanski. En 1969, des membres de la bande Charles Manson sont rentrés dans sa villa à Los Angeles, pour l’éventrer puis la pendre. Polanski était absent, il était à Paris. Sharon Tate. Enceinte de huit mois.
NO MORE I GIVE UP | D.Bartholomé
No more I give up
I know this place's not good for me anymore
Give up don't hesitate
Before I can contain the rages and see-saw inside
Aïe
I give up... no more!
I give up
No more I give up
You push it straight before it gets
On the other side
Goodbye no oxygen
I can't explain
The panic and see saw inside
I guess you know my name
By the time it's okay
I got a free G pass by the time it's okay
I got a cup that's full I get up it's okay
It's so hot, it's so hot, it's so hot in here
I got a fantasy it's optical
An illusion but by this time it's okay
It's so hot, it's so hot, it's so hot in here
I get up, I get up, I get up in here
No more I give up, I give up no more!
Fort kif à jouer. Kif à réaliser. Kif à mixer.
Kif kif kif.
Le soir de l’enregistrement, on a fort ri. Bonne ambiance au studio. On dansait dans l’couloir.
Le morceau est peps, hein?
T’imagines le mec qui doit mixer un album de coldwave gothique dépressive?
SUGARBOY | D.Bartholomé
You will get 25 (I know I will)
You will pick your side of it (You think I will)
You get stormy and fussy about (I know I will)
You get fully clothed again
It's human at all
Sugarboy
Sugarboy
Fix you anyhow from it (I know I will)
You think you know what's happening (You know I will)
You bought some bad sharp tickets (You know I will)
You get no chance for it
It's human at all
Sugarboy
Nobody here wants me
Except good-looking girls
Tell me what's inside of it (I know I will)
You will act uptight you think (You think I will)
Help you with your dreadlock a lot ( I know I will)
You get pretty transparent
Nobody here wants me
Except good-looking girls
Un riff, un break, un refrain scolaire. Et le chant écrit devant le micro au fur et à mesure des prises.
Le chant était déjà là, il fallait juste avoir les nerfs pour le capturer au bon moment.
LOVE IS A BUG | David Bartholomé-Thierry Bellia-Alex Longo
He turns the pages from a book
The pages off the hook
Twenty, thirty...
Don't remember
He got the thirst from the loop
The pages off an ugly book
Twenty
Now you're lying to me
Life's ugly when you're not here
Birds that float into your neck
Life's ugly when you're alone
In your room with a dead body on the floor
Spare me that
When you're about to know how he treats you in takes
Fancy eyes
It leaves you mild and bored
That famous look on her face
The funny takes an ugly look
"Became a poet by the book"
Laughing and laughing,
laughing about me
It turned ugly from the cook
Got the receipt from a book
Just me mostly
Fancy eyes
You like it dry and cold
Turns me up between takes
Ugly eyes
From upstairs I hear
You must be strong to behave
Chanson des messins Alex Longo et Thierry Bellia.
Ils m’ont envoyé une démo et j’aimais tellement les sons, je me voyais trop dans un parc en 1920 avec moustache et chapeau.
Thierry Bellia a composé sur un “octogan”.
Il vous expliquera mieux que moi ce que c’est.
J’avais des poils de bras partout pendant que je faisais le chant.
Les chants, c’était le moment le plus kif en studio. On se mettait à deux avec Dimitri seuls dans la régie devant les enceintes à FOND. Il se mettait derrière moi, et hop, “prend micro et donne!”. On essayait de capturer un truc.
Dimitri, il sentait les nuances.
Je donnais, je donnais, je donnais. Il sentait que je cherchais le texte parfois. Je rêvais d’un truc spontané, livré là au micro. Un peu comme faire un feu avant d’avoir la bête à cuire, c’est parfois délicat.
SKISH HEE (I'm gonna make it) | D.Bartholomé
I'm onto a border sons of Mexico
Get off in the cold of Bojaz
Tend to think it fits but I don't need the thirst
Make our bed all ready for good times
I'm gonna make it this time
I'm gonna make it big time
First thing in the morning and evening
Hello you there!
Tried me even if...
You caught me and helped me
Six o'clock already jumping out of bed
Thinking for a minute of going back to bed
Feeling like a body without a head
Thinking of surviving but I'm already dead
I'm gonna make it big time
First thing in the morning and evening
Hello you yeah!
Trust me to 7 o'clock 7 A.M.
Caught minute hell
Minute hell Minute hell
Minigone so
Give me endless very endless vouzoux
Hello everyone I love everyone
C’est un nom indien d’Amérique. Un lieu. Une petite montagne.
L’indien dit à la montagne: “Montagne, je vais y arriver.”
ROCK 1 | D.Bartholomé
It's been a great night here for me
I know it's got to be it
You spent the night
Is it on E-bay?
I'm not superstitious
What your name is?
Your are the answer
What's your fav' thing?
You are the answer
Just don't push it...
It's been a great night here for me
I know it's got to be a way
It's been so cosy on the phone
I've been so many times
What your fav' thing?
You are the answer
What your move is?
You are the answer
Just don't push it...
You had your laptop to discuss what you got
No laptop to discuss
This is not the answer
Patate. Sept ou huit prises. Patate. Patate.
Je suis instinctif. Je sais difficilement articuler ma pensée. Des choses s’éveillent en moi, et je dois y aller. Sans comprendre ou pouvoir expliquer.
Par exemple, tu rentres dans une pièce, tu vois quelqu’un. Tu sens. Tu sens que c’est quelqu’un qui va t’apporter un truc.
Tu écoutes un son, tu sais que ce son à des choses à te donner. Le texte parle de ça. Tu rentres dans une pièce, des gens partout. Et tu te dis “La réponse à ma question est ici”. Tu sais pas quelle question. Mais tu sais que la réponse est là.
NO CONTEST | D.Bartholomé
Life in a doubt
It's gotta be a test I suppose
Close to midnight
Oh we should find a nest, a way out
Before I lose my head, I'll make you find
Before I lose my head, I'll make you notice
Before I lose my head, I'll make you find
I'll make you notice that...
No contest I am the best
After a while
It's gotta be a pace I suppose
Ending a fight
And we would like to test a way out
Before I lose my head, I'll make you find
Before I lose my head, I'll make you notice
Before I lose my head, I'll figure out
A way for you to know that...
No contest I am the best
Au fond de mon trou, dans ma cave, c’est grâce à cette chanson-là que... comment dire? J’ai senti un changement d’attitude.
Pris mon petit synthé. Tripoté deux sons, j’ai chanté: “No contest, I’m the best”. Et wouah... C’était là.
Parce que j’y ai cru, tu vois, l’espace d’un instant, j’y ai cru. Pendant trois secondes, j’étais le meilleur. L’espace d’une minute, j’étais pas une merde ou une vieille chaussette, l’espace d’une phrase, j’affirmais haut et fort: “J’ai beau avoir des problèmes, j’ai peut-être l’esprit fragile, je suis peut-être qu’une vieille chaussette, mais au fond, là tout de suite, maintenant, je suis un gars formidable.”
TONITE | D.Bartholomé
Tonite, it's gonna be a wonderful night
Tonight, it's gonna be a great show
Tonight, it's gonna be a fantastic night
Tonight, it's gonna be a great show
They just don't know what they're missing
They just don't know what they're missing
Tonight it's gonna be...
Tonight it's gonna be...
Tonight it's gonna be a GREAT show!
J'aime cette chanson. C'est tout moi.
SPOTLITE | D.Bartholomé
I believe there is something in the dark night, you see
That I'll catch back in the spotlight, easy
And I'll make it out at midnight, sorry
Never thought I would be that right, oh oh...
I believe there is something it's in your eyes, dizzy
With your bloody mouth it's alright, aïe!
Never thought I would be that right, oh oh...
Doo do doo doo...
I don't know, sorry, easy, dizzy, I don't know, it hurts, hurts done!
I don't know, I'm sorry, I'm sorry, dizzy, easy, it hurts, gone hurts...
I don't know, I'm sorry, ouh, it hurts good, dizzy, dizzy, sorry
I don't know... It 's in you...
Je voulais une chanson douce.
Une nuit, possédé par le fantôme de Christopher Cross, j'ai découvert que je pouvais faire des "Padapapapapapapa".
Découvert aussi ce solo à la Pavement.
Découvert également ce break de batterie dans le pont.
Ai fait écouter la chanson finie à Teuk le 19 juin 2002.
Il m'a dit: "Pouah, on dirait une chanson de Laurent Voulzy... Et ce refrain... On dirait Sandra Kim!"
Agh.
RIP OFF (a phone call) | D.Bartholomé
Hello... Are you there? Are you home?
Well... Let me introduce myself, my name is David and...
You don't know me but ...
I've been watching you some time now and I really want to tell you something
I wanna tell you that I love you
I wanted to put the Stevie Wonder song but, I... I... I... you know
I'm gonna say it myself, I said to myself...
Well I'd really want to tell you
That I love you and I want to BEEP you
I love your bite
I'm on the run I feel fine
So get your claws in my mind
Of course it is, I don't mind
I love that
I love your bite
I love the swing, hooks and knives
So get your claws in my mind
Of course it is, I don't mind
I love that hard
I'm so sorry, woaw, I'm getting used to it...
I know you'll never call me back
'Cos I don't know how to talk to girls
I know you'll never call me back
And I'll be forever a lonely boy...
I love your bite
I'm on the run I feel fine
So get your claws in my mind
Of course it is, I don't mind
I love that
I love your bite
I'm on the swing, hooks and knives
So get your claws in my mind
Of course it is, I don't mind
I love that hard
Elle était sur ma première démo en juin '96 ("Shabby Star Tux-Chicken Pox").
On tentait régulièrement de la jouer en concert mais je détestais le chant sur les couplets... une vraie torture.
J'y ai travaillé des années.
Un soir, cousin Laurent me disait à quel point Sharko était essentiellement un groupe de scène fou et rayonnant. Et de souligner sa déception de ne jamais retrouver cette folie sur CD. Sa franchise m'a beaucoup aidé. La prise de conscience qui a débouché sur "Tonite" et "Ripoff". C'est clair.
SING LA | D.Bartholomé
2, 3, 4, 6, 7, 8, 9, 10, 10!
Well that’s my phone number
It’s quite easy to remember
You can call me anytime, anytime you want
I’ll be there
My name is David, and now that’s a name
So easy to remember, since there’s so many stars called David
Like David Bowie
And David eeerm...
I want to get stone, when you get stone
I want to get high when you get high
I saw you walkin’ in the streets
And I thought this woman is so gorgeous
Well and I thought you would be intelligent
I thought you would be great in my life
We would have a house full of love
Full of animals full of cats
But maybe you’re not interested in me
Anyway if you want to call me anytime
Just do it
Tout début avril, décision fût prise de retarder la sortie de l'album en Belgique. Nous a permis de voir plus clair, de prendre du recul, et ça m'a permis d'écrire trois nouvelles chansons: "YMCO", "President" et celle-ci: "Sing LA".
Un matin donc; une base rythmique, pour commencer.
Sur cette base, une guitare avec un énorme son disto.
Sur cette disto, une ligne de guitare acoustique sautillante.
Sur cette sautillante, une basse colorée et des "lalala".
Ensuite un beat de batterie, improvisé des chants et un rap.
Notre éditeur préferé à Paris, il parle de cette chanson de cette manière:
- "David, elle sonne un peu démo ta chanson "Sing ELLAY", non?"
- "Quelle chanson?"
- "Tu sais, "Sing EL-LAY" ou "Sing Los Angeles" là, tu vois laquelle?..."
EXCELLENT (I'm special) | D.Bartholomé
25 years ago, I was just a big tick machine
As I lay upstairs in my room
25 years ago I was just a lonely kid
As I lay upstairs in my mouth
I'm special, excellent
You're special, excellent
Good in bed, excellent
I'm your man, excellent
25 years ago I was just a big lonely kid
You never took a look on me
25 years ago I was just a big ticket machine
And I just kept on thinking that:
Upstairs
25 years ago I was just a big ticket machine
David: "Les gars, on a besoin d'une chanson super cool, ludique, un hymne! Les gens chanteront, ça doit aller vite, ça doit ronfler, "one-two-three-four".
Et mettons-y une reprise sans que personne n'y voit rien. On va fort s'amuser, d'acc?"
LES EAGLES | Bartholomé/Teuk
I don't know where we 're going
It's just strange to follow you, nothing will stop us now
We... "Les Eagles"...
Nous repétions de nouveaux morceaux en septembre 2001. Et Teuk me jouait cette petite boucle sur un sampler. On a improvisé et enregistré.
Quand j'ai proposé à Teuk "Les Eagles" pour titre, il a dit: "Nooooo way, pas les Eagles!!!!...
Welcome to the Hotel California... pidip pipidip pipiiii..."
BATH | D.Bartholomé
Hey babe, take a bath with me
You got me cool me up
And into my tongue you see
A bath
Oh carry on, you know it is a long distance trip
Oh such as, hey bab' a bath
Fly me up to the moon
I'm gonna keep you satisfied
Morceau écrit pour "Meeuws". On l'avait joué en concert en décembre 2000 aux Halles de Schaerbeek... sans conviction.
Mis de côté longtemps. Rudy Coclet quant à lui, trouvait le morceau très fort. Il m'a suggéré: "Dresse une basse énorme dès le début et fait la tourner. Laisse ensuite cette batterie la rejoindre à la fin et fait sonner patate".
PRESIDENT | D.Bartholomé
Pam and Jackie (Patsy) say it is
The young and lonely kid in Belgium is a ghost
It’s alright...
Ex-President of the United States
He forgets it by noon
He tries to forget his only only ex- ex-wife
Then follows it too soon
He tries to forget his only lack of life
Ex-President of the United States
Of America I fear
His only courage is to stand in the middle of, the middle of, the middle of
And meet love yeah...
Le morceau existait depuis fort longtemps (début 2000).
A la base, c'était un sample d'un piano (désaccordé) volé d'un film américain des années '70. J'avais calé sur ce sample un loop de batterie volé sur un vieux disque des années '60.
Et joué la ligne de basse venu des années '90 (4 accords "root line" comme on dit à la Nirvana). Ai ajouté une mélodie des années '80 et fait écouter à Christophe (label boss).
Il m'a dit: "David, tu chantes trop bas sur cette chanson...
Ca décolle pas... Change le pitch de plusieurs tons, donne tes tripes!".
J'étais perplexe...
Pendant notre break du printemps 2003, j'ai repris la chanson en main. J'ai refait un enregistrement et récolté des avis.
Notre éditeur préféré à Paris pensait qu'il manquait une envolée instrumentale avant le dernier refrain.
Dans la même lignée pour souligner la simplicité du refrain...
Je me suis souvenu d'un pianiste - Alex Longo de Metz - et c'est lui qui a trouvé cette envolée.
Aaaah... Simple mais il fallait y penser.
Christophe m'a téléphoné un matin et il m'a dit: "David, j'entends des violons sur ta chanson! Hier soir dans ma voiture, je les entendais, je t'assure!".
Et il est venu les jouer sur un orgue Bontempi.
Renaud Lhoest nous a mis ça sur partitions et fait tourner son quatuor à cordes dans un petit studio à Bruxelles. Et Gilles Martin de mixer le tout.
Pauvre Gilles. Je crois qu'il allait péter un câble avec mes 51 pistes bourrées de guitares, de sons invraisemblables, d'harmonies bizarres...
Voilà.
Le morceau a eu pour titre: "O my God" puis "Pam et Patsy" puis "Ex-president" puis "Pam President" puis "Pam in Belgium" mais comme tout le monde l'appelait "President", c'est resté "President". Merci.
Y.M.C.O. | D.Bartholomé
O god you look so gorgeous
You try to reach a soar-geous
You had the vicious r-geous
No one flew like it bird-geous
I feel the sonic gorgeous
You had the wicked near
You had to stitch us
Or schüss the courage
I lost my o-o's
I lost my o-o's
I feel the twirling girl
You try to stand on force
I had the face of others
They try to beat
How I do I look?
How I do I think?
Wait until you survive your training
I saw you turn the tv
I lost my o -o’s
I lost my courage
I had my... I... I...
I had my... I... I...
I saved my goodbye
I saved my goodbye
D'abord un clic, sur lequel j'ai joué cette ligne de guitare (3 notes disto avec delay et reverb, gauche-droite, gauche-droite).
J'ai ajouté une ligne de basse compliquée pour les refrains et essayé de faire au plus simple pour les couplets. Improvisé un chant...
Simple, direct.
Le pont a pris plus de temps.
Le titre? Nous étions en Hollande avec Adam et Christina. Christina m'a demandé le titre de la nouvelle chanson essayée au soundcheck.
J'ai répondu "YMC... O".
LUV MIX | D.Bartholomé
Beep beep:
I tried to meet
Get some sleep in
My bed
Some rest in
I do
You eat
Gone meat
Love needs love
Rap 1:
Hey cutie I'm born to ride
Minus plenty homicide
Born to groove
Born to sweat
Hey check out that cute zoulette
Stand up here requires confidence
What's your name?
Bridge:
Hey! Hey! Mark the beatin' on time
Verse 2:
I've tried to meet
My bed some sleep in
I do
Rap 2:
Hey cutie I'm born to ride minus plenty homicide
Born to groove, born to sweat
Born to be a neat zoulette
Stand up here requires confidence
Verifying?
I mean big, spectacular
You don't see? What 's your name?
Oh you're french? Est-ce que vous parlez français? Je t'aime
Rap!
KING FU | Bartholomé/Teuk
I don' t feel good I don' t feel that bad
I don' t feel great but I will survive
I could do with but I did without
I could look good but I don't even try
I could do straight what a twisted path
I could do in when it's better out
I could give tons, but I keep inside
I could do larger 'bout you deep inside
Will you reach for me instead?
Will you reach for me instead?
Oh I love you more and more...that's a lie
I don't do good I don't do that bad
I don't do great but I will survive
I could do with but I did without
I could look good but I don't even try
Will you reach for me instead?
Will you reach for me instead?
Oh I love you more and more, that's a lie...
You wanted us to try, you wanted us to try
Let's go and see the light, to go and see the light
Different King Fu!
I can do good I can do that bad
I can do suede but I keep inside
I can do fiets I don't even try
I can do great about you deep inside
I can do fence I can do a vow
I can do great and I will survive
I can do suede but I feel it slide
I can be rich about you deep inside
Open you wide open you more now
Padadadam nananamnanam...
Septembre 1999, deux boucles de guitare de Teuk dans mon ordinateur. Deux petites idées qui se déroulaient comme une mécanique d'horloge.
L'une d'elle est devenue "Clash P" (sur Meeuws2) et l'autre "King Fu".
Teuk: un maitre horloger.
CAR WAS | Bartholomé/Teuk
No one escaped easy left
No one is losing sleeping
A love across the seat
Someone escaped getting a bus
Getting the truth flat leaving a "noches" hard as can be
Love, love is here
Love, love in a desert lives
Taking a right, blessing the fog
One, two things I want to know about you
Ease, peace, raiding high
Going offside, somersaulting like I'm...
Well, used to it.
Love, love is or was
Love, love is or was
Backing vocals:
You get it, you get it, you get it, you get it
You want it, you want it, you want it, you want it...
Un jour, Teuk me fait écouter ses instrus sur son petit 4 pistes cassette.
Et il y avait cet air de guitare... On aurait dit une musique de pub de voiture jouée par Dire Straits...
Ai quand même emmené la cassette.
J'ai dans un premier temps chanté "Copacabana" dessus.
Puis l'idée des "Love" à la Barry White est venue.
Le solo de Teuk: improvisé en répet' sur un minidisque. Arrivés en studio, Teuk ne savait plus le jouer, il ne reconnaissait plus ses notes... On a fait faire une restauration de l'enregistrement minidisque et on a fini par le placer sur le CD. C’est donc de la pure substance improvisée.
MINUTE | D.Bartholomé
Someone in the dark, somenone in the sparkle
Evidently hurt
Someone in between us, somewhere in between us
Evidently hurt
Just a minute, something ain't right inside of me
L'idée première était de débuter l'album "Meeuws2" avec cette chanson et... qu'elle ne dure qu'une minute. "Minute" qui dure une minute, oui?
Un bonheur à enregistrer, un bonheur à mixer. Un bonheur. Et je me souviens du samedi quand elle est devenue "must" sur Radio 21. Un rêve de gamin d'être "must"... Je me revois dans ma chambre en 1984 avec U2 "Pride-In the name of love" en "must" et je me disais: "Faut que je sois "must" un jour!".
I WENT DOWN | D.Bartholomé
I went down to see the rest (the face) of you in a bag down in the garage
I feel more myself with your skin on,
it's a big surprise, I went down
I feel my bud echoes and that until my head explodes
I feel more myself with your shoes on
That until I'm Michael Jackson
That until I "foot my feet off"
That until I shake and shiver
Now I'm alright, now
Le tout premier jour où j'ai travaillé avec Teuk, je lui ai fait écouter cette chanson et il a immédiatement joué sa partie de guitare.
Immédiatement, il a joué ce qu’on entend sur le disque. Comme ça. Boum.
On a très vite commencé à la jouer en concert. Je me souviens d'un soundcheck à Louvain-la-Neuve et l’organisatrice m'a dit: "J'y connais rien en chanson, j'y connais rien du tout, mais cette chanson avec "Michael Jackson" là, c'est un tube!".
On a fait notre premier clip avec cette chanson.
BOOTLEG OF AC/DC | D.Bartholomé
I've been looking, I've been looking for a new world
I've been criticized, I've been left behind the counters
A bootleg of AC/DC, I love that song, I love that sound
I knew a girl who could sing "lalala"
Down down, sucker, my hand "Aparecta"...
Track 2's good enough, track 3 out of sight, track 4 is the best
Track 5, I like the less, track 6, 7, 8's like paradise
Le titre est génial, hein? Non?
CLASH P | Bartholomé/Teuk
Don't go, don't go don't push your hands in a great great sky
Don't fly, just fly
Just move your hands in the middle of the night.
Fandango, just tango
Don't tan, just go in a big big sky
Just fly, just fly and fly
Do stand, do stand and be proud of your hands in the great great sky
Don't plan, don't plan, don't fool with your hands in the six hun dry
Don't shiver, don't panic
Don't use your hands in the middle of the night
Just go and go and go...
Teuk était venu enregistrer cette boucle de guitare "arpeggio".
De mon côté, j'avais ces "lalala" touchants. Les deux réunis = chanson.
SUNSET | D.Bartholomé
This is the gig of my life, I was a little boy, knew the song right
I think it's okay but it's not
Angika she sees a boy into my life
I was only victim of, victim of time
Angika believes a boy has been here before
Sunset my days, I spent my days under the bed
So did my sisters, brothers, uncles, cousins everybody's under the bed
I spent my days intact and packed so sick, so sick along the way
We were sixteen in the whole pack, and I was sixteen by the way
They told me a lot 'bout the light but they didn't tell me 'bout the flames
And if you see the ocean, just tell him I'm okay
J'ai pas envie d'écrire.
HEY MAN | D.Bartholomé
That's right, okay, tonight I'm gonna be okay
That's right, okay, tonight I'm gonna be a
Hey Man, have me
Hey man, have me
That's fine, okay, this time I'm gonna be okay
That's fine, okay, this time I'm gonna be okay
Last time I saw you you were small that big
J'aime beaucoup la fin. Juste la fin.
MALCOLM | D.Bartholomé
I'm gonna to dye I'm going to fly
I'm going to set fire into your eyes
I 'm going to flare that link in your eyes
We're going to meet again
I feel it's my time, I'm going eight times
I feel it's my time, I'm going in time
I see myself in the mirror at night
We're going to meet again
Filling it up tonight
Being up all night
Une fois que j'avais la ligne de basse, le reste est tombé tout seul. Le frère d'Angus s'appelle Malcolm. Pas celui qui a fait "Friday on my mind" avec les Easybeats, un autre.
U GOT US | D.Bartholomé
So you move your body
Interrupted Peter Pan
And you shake your body
And it's not that fair
Have a beep this big
Interrupted be a man
Have a solid sore
And it's not that far
U got us on the moon
U got us drinking booze
U got us teacher's pet
U got us with respect
U got us on the moon, U got us
And you move your body
Ain't it upstairs silicone?
And you move that up
Makin' too much noise
U got us on the moon U got us with a spoon
And you shake your honey
Makin' "Springer 's oil"
Inspiré par Blacksand Van Zandt.
Voici un exemple d'une chanson qui traine pendant des mois. La ligne de basse du refrain était là. La ligne mélodique a vite suivi les mots notés sur un bout de page. Mais le reste... Il m'a fallu six mois pour trouver un couplet moyennement correct... et six mois pour ne jamais trouver un "pont"... Haha.
MONTMARTRE | D.Bartholomé
INSTRUMENTAL
Je marchais dans Paris et je tombais amoureux. Pas de Paris.
THE QUEEN IS COMING | Bartholomé/Teuk
O the Queen's visiting us in our asylum
So we put a smoking sign that says no smoking
It's so neat and so clean
We're standing in silence
Yeah, the nurses waiting for the Queen is the coming
Feel my hands are shaking from the fear of meeting her Majesty
I had to do it
It was too strong: I felt her breath but now it's gone
I've been too far where we all are
Are we all friends?... Inmates we are
I gee coco, I gee coco her majesty
Souvenir d'une visite de la Reine belge dans mon école.
Je me souviens de l'hystérie des instituteurs.
Ronds de jambes.
EMA | Bartholomé/Teuk
Afraid not to reach fame and fortune by the time I'm 44
Had so many excuses
I choose you by the time I wanted some money more
Had to be on your list for sure babe
O Gimme your heart, boom boom, nobody gives a heart
I know that I should stay away from you, I know that I should stay away
I know that I should stay away but
Take me take me anyway (anywhere)
Chanson écrite pour un groupe belge dont nous étions proches.
Mais en répét', Teuk est arrivé avec cette énorme ligne de basse à la Jackson 5, très excitante.
Nous avons gardé le morceau pour nous, ouais.
WIG | Bartholomé/Teuk
I wear a wig it's alright
I'm flashing my teeth it's alright
I wear a wig...
...en mai 83
J'adore la trompette et j'adore la fin: "en mai '83"...
BONE STREAMS | Teuk
INSTRU-MENTAL
Composé par Teuk en Hollande.
THE 60's | D.Bartholomé
"Treat me right" said the sky
Excuse the night
I'll always be on your mind
Une chanson très courte pour ouvrir l'album. Sur la pollution spatiale.
TEQUILA (and 23rd) | D.Bartholomé
Twenty third and I'm blowing cheques that I don't occur
Bleedin', bleedin'
Don't bleed too high, it causes coza
Don't wanna thank
Bleed, bleed, get goin' on
High in the sunshine
I don't know bingo. It takes tequila
Taste, given after taste
Hypnotyzed trombone
Fill that up with air
It takes dumb, you know it takes dumb...
It takes a dumb year to get off tequila
You know it takes a dumb year to get off
Twenty third and I'm blowing cheques that I don't occur
Bleedin', bleedin'
Don't bleed too high, it causes coza
Don't wanna thank
Taste, given after taste
Hypnotyzed trombone
Fill that up with air
Do you know why? Fill that up with air
La grille est limitée à quatre accords qui tournent en boucle bancale.
Sur ces quatre accords, un chant très simple. Et en contre-point de ce chant, un "jazz organ".
Sur ce jazz organ improvisé, quelques pains. Assumés. Gardés.
EVIDENCE | D.Bartholomé
Feeling like a sex machine
Couldn't get her on a date
So I sex machined myself, screwin' up a lil' late
Feeling like a little pain, so I watch TV all day
Feeling like I had a bad impact in the reservoir
Evidence is like a torture
Doop Toop di doop doop and I love her
Evidence is like a father
Deep in the heart of others
Nous étions un peu bloqué avec ce morceau. Avec Rudy Coclet (producteur), nous ne savions pas trop comment le réaliser.
Rudy a fait venir un joueur de trompette et dès qu'il a joué: "Hourrah!".
Je souhaitais chanter en duo avec Mauro (Evil Superstars) et nous l'avons appelé et lui avons donc envoyé un aplat du mix.
Il m'a dit qu'il viendrait. Il n'est jamais venu. Je l'attends encore.
ARTIST | D.Bartholomé
Afraid not to be on the radio, I'm the talk of the town
Afraid not to be on your playlist
Afraid not to fade all... oh the girls...
Afraid not to reach down your beach down your beach
I'm an artist - don't you see I paint like shit
I'm an artist - don't you see the narcissism
I'm an artist - don't you see sole in the ground
I'm an artist
Heading for the city
I want my face on every front page that I see
Lying on the food bam be lap
Taking a bit of a time- ooo
I'm an artist
I'm an artist
I'm an artist
I'm an artist
Ouuh were you afraid my boy?
Were you afraid not to reach fame and fortune?
Were you afraid not to be on that playlist?
Were you afraid...
A l'époque, j'étais encore attaché à des valeurs telles que l'intégrité artistique ou l'authenticité de la performance.
A savoir, si je voulais un morceau dur et violent réalisé dans l'urgence avec des petits moyens, le plus authentique était de prendre un magnétophone pourri et d'enregistrer une chanson le jour même où l'album partait au mastering.
Pur lo-fi. Pur, pur, pur. J'ai chanté et le lendemain, c'était tel quel sur le disque.
RED ISSUE | D.Bartholomé
INSTRUMENTAL
Pour des raisons obscures, j'ai passé un long moment à l'hôpital durant l'été 1998. Et cet air m'est venu un soir, aidé par les médicaments et mon esprit flottant au-dessus de moi. Esprit, es-tu là?
WAKE UP | D.Bartholomé
Wake up, you bunny bums
Wide awake you bunny bums
Wake up, it's a lovely day
I got strong arms and a body to fight
who's accused of love equals?
And a bloody Mary is safe tonight 'cos she played with love before.
Got a band and the plague and black black feet
I can see this time it's co co coming
This time, yeah this time
Wake up, without any make up
I got strong feet few steps I got it
Push shook a tube
With a pair of smiles it's safe tonight and then things got more confused
I got nothing but a square butt and black black feet
I can see this time it's co co coming
This time yeah this time
Wake up without any make up
Come on, it's out there somewhere
Come on, it's out there
Première approche d'une "écriture" hyper-simple. C'est très dur d'être simple, c'est pas simple.
Cela demande plus de travail d'être simple, et ce serait plus simple d'être compliqué.
Une simple ligne de basse, un chant simple et le petit gimmick guitare simple. C'est le premier morceau que Teuk et moi avons repété.
Je me disais: "Pourvu qu'il ne trouve pas ça trop simple".
NURSE'S WALTZ | D.Bartholomé
INSTRUMENTAL
Même époque que Red Issue. Au petit matin de l'été, les infirmières rentrent dans les chambres à l'aube et bombarbent le cul des patients de piqûres.
Tous les matins, cette même valse d'aiguilles et de mon esprit flottant au-dessus de moi.
Esprit, es-tu là?
BLEEDIN' ALL | D.Bartholomé
I drink too much boy and I get no notion of time
Gettin' upset all the time
And I will know our ol' times 'cos I know they will be alright
And I'm influenced by the 60's, and the 70's, and the 80's whatever the 90's for bringin' to me
And I know that I'm an artist and I know I will break my heart to make it you understand
And I know I will be goin' too much on the floor, gettin' upset all the time 'cos I know there's no takin'care of alcohol when your mother called, Bleedin'upset like a bowl
My nose kitchen in a cold kitchen in a cold kitchen in a cold wave
That microwave
And I'm bleedin' my dart and lovin'it all
and comin' in silence
Will you stop bein' pretty
And it's not pretty 'cos it means nothing to me, 'cos it means to me, 'cos it means to me
And I'm bleedin' all, bleedin' all, bleedin' all, bleedin' all, bleedin' all Bleedin' all, bleedin' all
Bleedin' all, bleedin' on, bleedin' on, bleedin' on, bleedin' all bring it on
Improvisé dans un moment de grâce.
Plus tard, je reçois un appel d'un réalisateur hollandais de la télé hollandaise qui me dit: "Nous voulons réaliser un clip de "Bleedin' All"... c'est possible?".
Ouais c'est possible!
EVIL S | D.Bartholomé
I don't care you are, I don't care o ah ah
I don't care you are, I don't care o ah ah
Now you care, n'est-ce pas?
Getting come on now o ah ah
I don't care you are, I don't care o ah ah
I don't care you are, caring a beautiful o ah ah
Well welcome to the places I was born o ah ah
I don't care you are
We're going to prove this o ah ah
We're going to prove this I want to care you are
In the spotlight it's... I feel your....
Il est temps que je vous explique ce qu'est le mastering.
Le mastering, c'est aller chez un technicien qui va créer un "CD Master", qui va servir à lancer la production des disques.
Cette dernière étape permet encore quelques modifications de dernière minute au niveau du son. C'est également lors de cette dernière étape que l'on décide de l'ordre des chansons et que l'on égalise le niveau de toutes les chansons (pour vous éviter de jouer au yo-yo avec le volume d'une plage à l'autre...).
C'est aussi le moment où un morceau peut prendre une valeur inattendue.
Evil S: à la base une chanson interminable de cinq minutes. J'ai soufflé au technicien: "Pouvez-vous couper à cet endroit, j'aimerais coller ce bout de conversation?". Et la chanson de prendre une dimension nouvelle, oui?
A MOON OVER MY HOUSE | D.Bartholomé
There's a moon over my house
And a stranded evening light and I think it looks fine my babe
You are lying on my bed
The sheets are like a red rose that would (ve) caught you my babe
It's so strange how now life... calm calm calm down
What a spectacular sound it made in my ears...
There's a moon over my house
And a stranded evening light and I think it looks fine my babe
You are lying on my bed
The sheets are like a red rose that would (ve) caught you my babe
It's so strange how now life... calm calm calm down
What a spectacular sound it made in my ears...
SPEAKING TONE:
The shriek of nothing is killing me, under the red south of your mouth
Under your mouth there's a red south I want you back
The shriek of nothing is killing under the red south of your mouth
Under the red south of your mouth
I want you, be by my side, there's...
Cette chanson pourrait nous présenter à l'Eurovision.
Non?
SUCH A BONE | D.Bartholomé
I am nothing without you, no I am nothing without you
Until I realize that I'm something without you
I am nothing without you, no I am nothing without you
She's like a distance
And I call myself the big ben to call out at midnight
For the rain to come out off the clouds
And I dance in front of a mirror...the dream
And I quote myself to come out off the rain
To come out off the rain, to come out off the clouds
Such a bone in the night
It isn't fair... It isn't unfair
And she has no feet but I keep buying shoes
And she has no legs but I keep buying trousers
And she has no eyes but I keep buying sunglasses
And she has no hair but I keep buying combs
And we have no sexlife but I keep buying condoms
And she has no love for me but I keep loving her
Je devais faire le concourt-circuit en 1997. Il s'agissait d'un concourt permettant de se faire remarquer par le milieu rock de Wallonie-Bruxelles.
Et qui pouvait déboucher sur une série de bonnes choses (premières parties, festivals d'été, prix, signature éventuelle avec un agent,... ).
Permettait surtout de faire un concert dans des conditions irréprochables, à savoir sur une vraie scène, avec un excellent son, une vraie loge et un public attentif; aux Halles de Schaerbeek lors de la finale.
Me suis d'abord hissé en finale régionale. Le réglement spécifiait que je devais jouer cinq chansons. Mais je n'en avais que quatre.
Rudy (Coclet producteur) et moi avons passé une nuit blanche à travailler une cinquième chanson - sans résultat. Fatigué et dépité, je lui ai chanté "Such a bone" seul à la guitare. Il s'est écrié: "Ca, c'est terrible!!! C'est ça que tu dois jouer!".
Et donc me voilà en finale régionale avec "Such a bone". Jouée la toute première fois au Kultuurcafé à Bruxelles.
(Me souviens du regard des gens et du silence... Un silence bizarre... Un silence pesant. Un peu comme dans le film "Purple Rain" quand Prince termine la chanson et personne n'applaudit... Ce silence-là.)
"Such a bone" aux paroles scolaires et donc compréhensibles par tous. J'ai gagné le concourt cette année-là. Deux jours après la grande finale, on est rentré en studio dans l'urgence l'enregistrer pour une compilation Dour '97. J'étais fortement enrhumé mais on s'est dit: "Pour l'album, on la réenregistrera...".
On a jamais pu faire mieux.
Ce même été 1997, rencontre avec Tom Barman (dEUS) au festival de Nandrin.
Très intimidé, je lui parle, je me présente, il me dit: "Ah oui, c'est toi le chanteur avec la chanson qui parle de "condom"!".
CAPITOL | D.Bartholomé
INSTRUMENTAL
Mon morceau préferé; la sublime intro, les loups qui chantent, le xylo, les percus samplés, les "I'm back" qui reviennent en boucle et le solo de synthé qui part en couille.
NEWWAVE (hidden track) | D.Bartholomé
Say it one more time
It's so nice from you
Feel like shit again, had to call you
I went to see the doctors and you know how it has always been
A litany of words for the sake of having you near
Litany, litany, litany...
Out of here
Take prozac again
In your arms it's good
I went to see the doctors and you know it is all rave again
So...
It's so nice here
In your arms
I didn't go see doctors and you know this is my newwave
SHARKO
Chansons pour stades ("Excellent", "Trip"), fine fleur ("Rise Up"), tube épique ("I Went Down"), tube eighties ("Yo Heart"), module gizmo ("Motels"), mots d'esprit ("Bootleg of AC/DC"), étoffe bucolique rétro ("Love is a Bug"), aveux idiots ("I'm so stupid... The things I did, I regret it") musique de dessins animés ("Clash P"), l'impression de découvrir à chaque fois la lune en vélo ("Never The Same"), plume et encre denses ("President"), sonnerie de téléphone ("Since you Called"), coups de massue ("Head", "Creatures"), vulnérabilité assumée ("Sweet Protection"), mélodies pour pleurer ("I Need Someone"),...
Sharko a tout pour dans ton coeur appartenir à jamais.
David Bartholomé: Chant, basse, guitares, claviers
Teuk Henri: Guitares
Charly De Croix: Batterie
SHARKO "FEUDED" (1999) pias
SHARKO "MEEUWS2" (2001) wagram
SHARKO "III" (2004) discograph
SHARKO "MOLECULE" (2007) discograph
SHARKO "DANCE ON THE BEAST" (2009) pias
BIO SHARKO
1992: David Bartholomé s'exile aux USA. Ses chansons à l'anglais scolaire font parler de lui dans des clubs folk-grunge unplugged de la côte ouest.
1997: De retour en Belgique, Bartholomé enregistre ses premières démos.
Il s'inscrit et, à la surprise générale, remporte le premier "Concourt Circuit" qui récompense le meilleur espoir de la scène pop belge francophone.
1999: Premier album "FEUDED". Distribué également en France et aux Pays-Bas, l'album rencontre un succès critique. Il est repris dans les albums de l'année 1999 d'Emmanuel Tellier dans les "Inrockuptibles".
2000: Désormais associé sur scène au guitariste Teuk Henri, Bartholomé tourne en Belgique, aux Pays-Bas et en France.
Une réputation "live" grandissante se développe. Cette réputation se précise avec l'expérience d'incessantes premières parties assurées pour Muse, Venus, Paul Weller et Arno.
En fin d'année, Bartholomé se voit proposer l'écriture de jingles pour Canal+ Belgique (il en écrira une douzaine).
2001: L'album "MEEUWS2" voit le jour en février au Bénelux, France, Italie et Suisse. L'album, mixé par Mike Mogis (du groupe américain Bright Eyes) reçoit d'excellentes critiques.
"I went down" sort en single en mars et rencontre un beau succès. Le single est présenté comme un des meilleurs de l'année par la “VPRO” (Hollande) et par le “Télé-Moustique” (Belgique).
Dans le but de gagner en puissance sur scène, Bartholomé et Teuk qui prestaient jusque-là seuls, s'allient à Julien Paschal à la batterie.
2003: "MEEUWS2" sort en avril en Angleterre.
Le “NME” gratifie l'album d'un 7/10 et d’une chronique élogieuse. 8/10 pour le quotidien “The Independent”! "The Face" consacre un article au groupe. Trois concerts en trois soirs à Londres provoquent des réactions: le groupe joue un live sur la BBC6 en mai et une tournée anglaise estivale se dessine: Liverpool, Edinburgh, Hull, Oxford, Leeds et surtout Londres primé "Concert de la semaine" par le “TIMEOUT”.
En septembre, le troisième album, le juste nommé "SHARKO III" sort en Belgique. Album mixé par l'ingénieur de Peter Gabriel du Realworld Studio, Ben Findlay. Armé des tubesques "Excellent", "President" sans oublier le premier simple issu de l'album; "Spotlite".
2004: "President" sort en simple en janvier en Belgique, en France et au Japon.
Le 12 février, Sharko accompagné de deux autres groupes phares de la scène rock belge francophone (Ghinzu, Girls In Hawaii), affichent complet dans la grande salle de la mythique Ancienne Belgique.
De l'avis de tous, une date historique pour le rock belge francophone.
En avril, "SHARKO III" sort en France.
“Télérama” honore l'album de quatre "clés".
La chronique des “Inrocks” souligne un "groupe en grand devenir". “L'Express” consacre un article complet sur la fraicheur du rock belge (illustré par une photo de Sharko). Plus étonnant encore le vénéré quotidien “Le Monde” propose une demi-page sur cette scène rock belge francophone explosive (illustré cette fois par une photo de David!) et le single "Spotlite" rentre sur la playlist de France Inter à l'été 2004.
2006: Après une année sombre à lutter contre une dépression, Bartholomé retrouve in fine un vital désir de musique.
Traversant une crise qui a failli anéantir le groupe, David, Teuk et Julien contactent et convainquent le producteur Dimitri Tikovoï (Placebo, The Horrors, Goldfrapp) de les aider à corriger leur désarroi. Touché, Tikovoi les pousse alors à maitriser leur vertige pour hisser le projet plus haut.
Le premier simple “Motels” annonce le quatrième album du groupe.
Brutal, caniculaire, désarmant d’humanité et dénué d'effets, l’album “MOLECULE” sort en novembre en Belgique.
La presse est dithyrambique ("Une bombe!" titre le quotidien Le Soir).
L’année se clôture en beauté quand “MOLECULE” se retrouve numéro un des téléchargements indés sur ITunes France.
2007: “Sweet Protection” (poussé par un clip réussi), le deuxième simple de l’album paraît.
Sharko affiche complet à l’Ancienne Belgique et se prépare à tourner sans relâche.
"MOLECULE" est annoncé en mars en France (l'album est chroniqué dans l'émission de Laurent Ruquier sur France 2).
En avril, l'album sort en Australie et la presse indie locale est élogieuse ("Beatles+Police= Sharko" suggère Rave Magazine!).
Au printemps, un chanteur arty-excentrique nommé Julien Doré se présente aux castings de l'émission "Nouvelle Star" en France avec une chanson de Sharko; "Excellent".
Julien Doré gagnera l'édition 2007 de l'émission. Il permettra au groupe de rencontrer un nouveau public et à "Excellent" de connaitre un succès culte propagé par de nombreux joueurs de ukulélé sur internet. (Julien Doré reprendra "I Need Someone" de Sharko sur scène lors de sa tournée Ersatz 2008.)
En juin, Sharko remporte deux "Octaves" (récompenses musicales belges): meilleur groupe de l'année et meilleur album.
Sharko fait ensuite deux prestations remarquées sur la Place des Palais (devant le Palais Royal à Bruxelles) et aux Francofolies de Spa.
Durant l'été, la radio NRJ Belgique propulse "Sweet Protection" en forte rotation. Ce qui amènera le groupe à participer à "NRJ In The Park" entre Fatal Bazooka, Amel Bent et Julien Doré devant 50.000 personnes.
En novembre, les titres "President" et "Spotlite" sont repris dans le film et la B.O. du film français "Le Coeur des Hommes 2" de Marc Esposito.
2008: Sharko est retenu pour jouer au festival Toronto Music Week en mars.
Ils profitent de leur présence en Amérique du Nord pour jouer à Montréal et surtout à New York (neuf concerts en une semaine, couv' de l'hebdo belge "Focus" à cette occasion!).
Des prestations audacieuses à Brooklyn et Harlem seront les pierres fondatrices d'une nouvelle ambition.
Fort de cette inspiration regagnée, Bartholomé s'engage très vite dans l'écriture du nouvel album. Celui-ci est enregistré à Londres dans le studio de Flood avec Dimitri Tikovoi en juin.
En juillet, lassé des tournées et fatigué par le rythme, Julien Paschal quitte le groupe.
Il est remplacé par Charly De Croix en août.
Bartholomé collabore ensuite au projet collectif français électro-rock Variety Lab sur l'album "Team Up". Projet qui compte parmi ses invités Donovan, Lily Frost et Yael Naim qui reprend avec soin "Love is a Bug", chanson issue sur "Molecule". Bartholomé quant à lui signe et chante le tubesque "We Should Be Dancing".
2009: Le cinquième album de Sharko "DANCE ON THE BEAST" sort en Belgique en avril et en France en mai. Co-réalisé durant l'été 2008 avec Dimitri Tikovoi (Goldfrapp, Placebo, Horrors) à Londres dans le studio de Flood et mixé par Peter Crosbie à Bruxelles.
Remplissez ce questionnaire suivant, en indiquant les
quantités souhaitées, vous recevrez un email vous précisant les modalités de virement.
Vos disques vous seront envoyés dès réception du règlement!
Nada (BOOKING)
Booking agent: Pierre Van Braekel pierre@thisisbang.com
62TV/Bang (LABEL)
Executive: Philippe De Coster philippe@62tvrecords.com
David feuded@hotmail.com
Teuk teukhenri@gmail.com
graphisme : kidnap your designer / code : bien à vous
15/06/2010 | de David
Coupe Extravertif
Cher journal, je n'écris plus, je sais, je sais. Ai-je perdu le goût Boubou? Qu'on me donne l'envie, l'envie d'avoir envie? Cher journal, à l'heure de Twitter/Facebook blabla, qu'il est difficile d'aller aussi vite avec toi, vieille charrue avant les boeufs.
Exemple, poil de bique qui pue du cul: si j'ai une idée... et bien le temps que je la formule ici-même, elle est déjà publiée/relayée par un autre sur Facebook. Tu vois ce que j'veux dire?
Je prends également conscience que la création de pas toi occupe beaucoup ma tête; le processus musical est rébarbatif donc insignifiant donc peu sexy donc quoi pour le moment?
(Un aparté concernant Twitter qui n'a rien à voir: vous arrive t-il de suivre des tweets de journalistes connus? Hallucinant le nombre de fautes de frappe et d'orthographe. Hallucinant. Et je passe sur les accents et la syntaxe à la hache et les phrases sans queue ni tête. "Mauvaise presse". Fin de l'aparté merci.)
Je prépare de nouvelles chansons avec Peter Crosbie. Comme il est australien, je le console de l'horrible raclée prise par les siens devant les allemands en Coupe du Monde. On s'amuse beaucoup. On rencontre des gens. On mange du chocolat. Entre deux accords de guitare, je lui souffle: "4-0 quand même, c'est dur!". Entre deux prises de piano, je lui lance: "Sur le troisième but, votre gardien, il était vraiment à la rue hein!". Haha, qu'est-ce qu'on rit.
Car oui, cher journal, c'est la Coupe du Monde! Aaaaah c'est cool! LA COUPE DU MONDE! Et la Coupe du Monde, c'est quoi?
Ben à la base, c'est le rêve!
C'est le soleil, les journées qui se terminent tard, avec des belles lumières sur le terrain, de belles images à la télé, de belles ambiances. Des joueurs qui offrent leurs visages émaciés à la sueur, à la chaleur, aux supporters torse-nus, aux filles à moitié à poil, à ce festival de drapeaux et de couleurs! L'été! La coupe du monde, quoi!
Et alors? Ben non... Non. Vraiment non. Cette année, non.
Cette année, la Coupe du Monde, c'est:
- les cages à miel qui bourdonnent dans la télé, l'impression qu'à chaque match le voisin du dessus passe la tondeuse à gazon en pétant dans un didgeridoo de trois tonnes; ces horribles yuyuzous là, c'est insupportable.
- les brésiliens avec des écharpes et le nez qui coule, Kaka qui joue avec des gants laine. J'te jure.
- les supporters qui boivent des soupes chaudes avec des moon-boots.
- la nuit qui tombe à 17h, l'anti-gel, la stalactique dans la lucarne des goals qu'il faut briser à la mi-temps...
MAIS C'EST QUOI CETTE COUPE DE MERDE? Oooh!
Et enfin, par ailleurs, cher journal. Beaucoup de réactions (souvent fortes) sur "Extravertif" (à voir sur vimeo.com) qui fût un bonheur intégral à tourner, à VIVRE et à traverser comme on traverse la table des desserts un soir de mariage réussi. Succulent. La vie à pleines dents. Intense. "Bouleversifiant". J'ose un merci solennel à la Massy et son acolyte avec ses cheveux à la Justin Bieber, Brice. Si demain je n'étais plus de ce monde... sachez que ce film est totalement et authentiquement la partie de moi la plus moi dans l'ode à la joie, l'enthousiasme et la conjonction Uranus-Jupiter en Maison 9. Il y a des parties de moi tellement plus laides, merci aux Wafs de ne pas avoir tout dévoilé. Ils m'ont rendu sympathique, ce que je suis, mais pas à ce point. Haha.
Une pensée, en ce premier post depuis sa disparition, à Denis Wielemans et aux siens. "Denis aimait la vie. Faisons de même."
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
29/05/2010 | de David
Foot, bières et chips.
Cette année, cher journal, c'est la Coupe du Monde de foot! Wouééééé!
Il m'a été raconté cette anecdote truculente; à Werchter (et probablement dans tous les festivals du monde) certains groupes demandent un téléviseur installé sur scène avec un canal qui retransmet le match du jour. Fabuleux.
J'avais entendu cette histoire avec The Cure en 1990 mais là, c'est carrément écrit dans les riders/exigences techniques des groupes. Ce qui me permet de résumer en deux mots les coupes du monde depuis ma naissance.
Donc:
1974: Molle. Dommage pour les oranges.
1978: Puante. Le 6-0 argentin, quel sketch.
1982: Roi Soleil à l'ombre. Bataille de Verdun en demi. Italie avec élégance.
1986: La main et les pieds de Maradona. Les Belges la nuit.
1990: Puante. Une finale de la puta.
1994: Roi Soleil is back. Les stades moches.
1998: Gloria Gaynor.
2002: Asie. Roi Soleil ENCORE.
2006: Le parcours des français. Coup d'boule.
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
12/04/2010 | de David
Avatar
Cher journal, ai enfin été voir "Avatar" en 3-D et c'était magique. Depuis quelques mois, je me demandais: "Ca fait mal les lunettes 3-D? Ca glisse sur le nez? Ca laisse des marques? On a des vertiges après? Est-ce qu'après une séance, tout paraît plat?". Que nenni, c'était fantastique.
Et le film me demanderas-tu cher journal? Ah oui. Et bien quelques scènes à la grosse ficelle ici et là; la chef scientifique ô si proche de la nature qui s'extrait de son cocon pour exiger sa cigarette comme un bon gros mécanicien sorti d'un film des années 50: "Où qu'elle est ma cigarette?".
Et aussi, si moi j'avais fusionné avec mon avatar pour la première fois, je crois que j'aurais regardé tout de suite la taille de mon sexe tout nouveau tout bleu. Mais je chicane, je chipote, le film est merveilleux.
Une fois sorti de la salle, la tête remplie de sons et d'images aussi riches, je me suis dit que James Cameron avait placé la barre très haut. Et que ça allait être difficile d'aller voir "Camping 2" sans pleurer ou tomber en dépression.
Une fois rentré chez moi, comme j'étais un peu déphasé et la tête encore dans le film, j'ai attrapé la queue du chat du voisin pour la joindre à la mienne pour voir si on avait une connexion Na'vi et si je pouvais monter sur sa tête. GHHHHHHHI!
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
31/03/2010 | de David
Jean-Marie
Cher journal, l'autre jour sur mon répondeur, à ma grande surprise, un message d'un inconnu qui se trompait d'interlocuteur:
- "Ouais Jean-Marie, c'est Christian ici hein. Dis, pas de problème pour nous, on t'a gardé 400 grammes comme tu voulais. Pas de soucis hein. Demande le sachet au grand-père, il sait où c'est, avant 8h ce soir si c'est possible hein. Parce que bon... Allez, bon, salut hein, ciao, merci."
Comme je m'ennuyais et que j'avais l'esprit malice... J'ai donc rappelé ce Christian et quand il a décroché, je lui ai dit: "Ouais salut Christian, c'est Jean-Marie. Merci beaucoup pour ton message hein et merci pour les 400 grammes. 20h c'est un peu juste pour moi... Je peux passer plus tard?".
Et là, il a eu cette phrase d'anthologie: "Jean-Marie, je ne reconnais pas ta voix."
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
28/03/2010 | de David
Belzik Didier
L'autre soir, Bel'zik festival, gros festival, belle infrastructure, catering riche, Olivia Ruiz, belle organisation, cool.
Après le concert, nous venons de sortir de scène, j'ai la sueur lasse, une attachée de presse arrive et délicatement me dit: "Excusez-moi... Didier Reynders est dans la loge, il souhaite faire une photo avec vous pour le journal "La Meuse", c'est possible?".
Aïe. Bigre. Cher journal. Comment dire non? Comment dire non sans me choper un contrôle fiscal dès demain? Comment dire... je ne fais pas de politique? Comment dire... mon slip est trempé de sueur? Et d'abord, comment même imaginer que notre image va lui servir à... quoi donc? Pourquoi il demande pas d'abord de nous rencontrer? Sans penser photo-photo? Didier Reynders, il connait Sharko? Il aime? Il kiffe?
Bref. Malaise devant... erm... une légère récupération opportuniste? (Sans prétention hein; on est pas U2 ni David Guetta, j'ai dit "légère". Mais un peu opportuniste quand même, hein oui?)
Ai d'abord tenté ceci: "DJ Renders? C'est le DJ qui met les disques juste après maintenant? Pourquoi un DJ voudrait-il une photo avec nous?". Ouf, des pincettes, des pincettes.
(Ai dit non.)
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
20/03/2010 | de David
Fleurus (pardon Léonie)
Cher journal, concert solo acoustique l'autre soir à Fleurus. "La Bonne Source": salle neuve et agréable. Peintures fraîches, toilettes propres, jolie architecture et bel escalier en bois. Mais ouf j'ai eu dur hein, ouh la la... au moins les vingt premières minutes. Parce qu'il y avait des enfants? J'en ai compté neuf. Il y en avait peut-être plus.
Les enfants, n'est-ce pas, ils ne tiennent pas en place, c'est bon à savoir. Pendant les deux premières chansons, aaaaaaaah les voir sages sur leur petite chaise au premier rang, observant le monsieur qui chante, refoulant leur irrépressible envie de visiter champêtre, c'est mimi mais très éphémère. Car oui, cher journal, en effet, très vite, et comment leur en vouloir, ils se lèvent, tentent des approches, se tortillent au plus près, de plus en plus près, et finissent ou sur scène ou tout au moins au pied du micro du monsieur qui chante. Un petit garçon jouait bonhomme. Un autre apprenait à sa petite soeur à faire des photos. Ces petites voix à mes pieds ("Maman, le monsieur qui chante, il a des cheveux blancs, il est vieux?") et ces petits rires aux moments délicats.
Tout ça et tout ça et tout ça pendant que j'exerçais mes neurones à ce dur exercice qu'est la concentration à mon âge, l'immersion cérébrale pour mieux rendre l'émotion, blabla, aïe.
J'ai donc traversé les vingt premières minutes comme un zombie, oubliant les accords, les paroles, j'étais en garderie ou à la maternelle, dans les bulles à Ikéa ou sur le toboggan du Center Park, je ne sais plus, j'étais perdu. Je m'en suis excusé et transparent, ai expliqué la situation cocasse au public. J'ai chambré les parents: "Alors, petit garçon, Papa/Maman n'ont pas trouvé de baby-sitter pour la soirée? Hihi." (sorry hein les parents) et j'ai même chambré les enfants (pardon, pardon, pardon Léonie, petite Léonie et ses petites lunettes qui mettait fort son doigt dans son nez et à qui j'ai osé dire: "Tu veux mon doigt?").
Et enfin, oui, cher journal, après cet aveu, le public a compris. Ils ont compris! Et leur indulgence de me donner des ailes... Oui! C'est la vie! C'est comme ça! C'est familial, c'est dimanche avec la tarte de Tatie et les enfants qui mettent le feu au chat! C'est le patriache qui râle, c'est la petite cousine qui a bien grandi, c'est Tonton bourré limite lubrique, les rires et les chants. David, c'est la vie! Au diable les concerts avec le public hystérique, le gros son, les filles à poil dans les loges et le whisky à gogo. Jacques Martin ici! Bousculé, déstabilisé mais tellement plus en vie. Merci!
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
11/02/2010 | de David
Monsieur Cinema. Mo'nique. Up.
Cher journal, mon anti-dépresseur, c'est youtube. Quand je vacille, je vais voir mes groupes préférés au monde, mes héros, mes scènes cultes et je m'oublie.
Il fait nuit et j'écris ces lignes nu comme un ver sauf pour les raquettes aux pieds et la peau de bison.
Attention Monsieur Cinéma ici.
Cher journal, j'aurais aimé écrire que j'ai adoré "Up In The Air" mais non. A glissé sur moi comme une petite brise. Sans rien décoiffer.
Ai pas encore vu "Avatar", je dois être le seul en Belgique à ne pas avoir vu cette histoire de Schtroumps modernes à la cool. En 3D. (C'est gênant les lunettes 3D pendant 2h40? Ca gratte? Est-ce vrai que ça donne la nausée? C'est vraiment bien?)
Ai vu "Serious Man", agh... J'aime les frères Cohen oui, mais bon... Un gag m'a fait beaucoup rire ceci dit; le frère un peu fou qui répond "Ouiiii?" à chaque fois que son nom est prononcé dans la maison. Fort ri.
Ai vu "Julie and Julia": j'ai adoré la partie "Julia" et détesté la partie "Julie".
Ai vu "Sherlock Holmes", été surpris; c'est très ludique.
Mais mon film de l'année, aaah celui-là, je l'ai vu aussi. Un film comme un coup de poing (qui tiendrait une massue) dans la gueule. Jamais vu une actrice (Mo'nique) donner une performance aussi cynique, violente, dure, vulgaire et féroce. J'ai vécu ça comme un match de boxe. Cette femme (Mo'nique) a plus de charisme que Mike Tyson. Cette femme (Mo'nique) m'a donné la chair de poule et la crête qui va avec. Ce film tient toute son ivresse et sa réalité crue grâce à cette femme (Mo'nique). J'aime cette femme et j'aime son prénom (Mo'nique). Ma mère s'appelle Monique.
Musique? On a joué à Aubenas. C'est loin, c'est tout ce que j'en dirais.
Je compose comme un fou furieux. J'ai de quoi remplir trois albums. Dommage que le marché s'effondre, j'aurais fait un double album.
Pour finir, cher journal, un aveu. Je ressemble à mon père, de plus en plus. Effrayant. Je voudrais que non mais si. J'ai l'âge qu'il avait quand je l'ai connu, c'est un cap...
Me rappelle ce film-là, "Là-Haut" quand le vieux papy veut se débarrasser de Kevin, il jette le chocolat, Kevin saute au loin pour rattraper le chocolat, du coup le papy en profite pour plonger dans les broussailles et s'enfuir. Il croit avoir fait le plus dur quand il a marché à travers monts et merveilles, il relève enfin la tête... et aperçoit la bête gueule à Kevin qui fait "Cuuah?".
Haha. Nos parents, c'est comme ça. On fait tout pour ne pas leur ressembler, et un jour, on entend "Cuuah?" devant son miroir un matin.
••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
24/01/2010 | de David
Conversation sur la promotion de "Rise Up" de Sharko. Paris. France. 21 et 22 janvier.
- "Alors le "Fou du Roi" sur France Inter, c'était comment?"
- "Ouais ben, sommes partis la veille au soir, avons dormi en périphérie de Paris pour éviter de se lever à 3h du mat' le jour même, faire la route de Bruxelles et se taper les embouteillages, devions être en effet à France Inter le matin à 8h30 pour les réglages son. Donc..."
- "Woaw, tu parles bien en plus d'être beau. Et l'hôtel?"
- "Hyper glauque haha, j'te jure: le mec manipule ta visa d'un air filou à la Dracula et quand tu rentres dans la chambre, t'as l'impression de visiter Guantanamo: un lit en alu, un tabouret et basta."
- "Ah... Et l'émission alors?"
- "Sur "Rise Up", Teuk a eu un problème technique fâcheux, dû au stress..."
- "Aaaah nervosité quand tu nous tiens!"
- "Ouais et dû aussi au zèle d'une stagiaire qui n'a pas voulu nous laisser rentrer sur le plateau plus tôt. Plus tard, juste avant qu'on ne joue la seconde chanson; "Live and let die" de Paul McCartney, tu sais l'ex-chanteur des Beatles, un chroniqueur de l'émission, Didier Porte, ben il a lâché un obus contre l'un des invités du jour, Jean-Claude Narcy de TF1. Aurait pu être rigolo, je parle de l'obus, s'il n'avait été teinté de mauvaise foi. L'intéressé s'est offusqué, à juste titre, et a demandé un droit de réponse. Le débat s'est envenimé. Ils ont tellement débordé de la conduite que nous avons cru passer à la trappe. Tu vois, tout ce trajet et le travail de répétition pour rien, je l'aurais mal vécu, tu vois? Mais non, Bern a repris un peu le pouvoir et il nous a annoncé: "Je vous coupe car revoici Sharko avec une reprise: "Two life and to or not to die." Haha."
- "Ouille. Il s'est un peu emmêlé avec le titre, non?"
- "Oui, un peu. Et Stéphane Bern, il ressemble à Teuk."
- "Oui, tu m'avais déjà dit. Et l'après-midi?"
- "Interview avec un magazine spécialisé en claviers et programmes informatiques de musique, un mensuel appelé "Keyboard Magazine". Quel bonheur de pouvoir parler technologie, technique, micros, effets, trucs et astuces de studio... Et tout ça pour en venir à dire tout le bien que je pensais de mon vieux Macintosh SE! Haha!"
- "Oui, haha, on rit toujours avec toi, t'es un chouette mec."
- "Ah?"
- "Et le soir?"
- "Longue interview en direct sur le Mouv', la radio française. L'animatrice, jolie, Laura, canadienne, dégageait une énergie nucléaire authentique. Et un enthousiasme naturel!"
- "Tu l'as pécho?"
- "Nan. Grand partage amusant cependant. Et elle m'a raconté hors-antenne des trucs très rigolo sur la petite soeur de Beyonce. Drôle."
- "Cool. Et le lendemain matin?"
- "Rendez-vous aux Champs-Elysées avec notre éditeur qui ne m'a vraiment pas rassuré quant à l'avenir de notre musique. Négatif. Très négatif."
- "Ouille..."
- "Ouais... Il mâchouillait son cigare aux deux bouts devant un Ice Tea Pêche tout plat et me conseillait: "Coco, le rock, il est mort. Ce qui reste aujourd'hui c'est le R'n'B. Les chinois, ils viennent juste de découvrir le R'n'B et le marché est immense, Coco. Je te laisse, je vois Pascal Nègre à midi et j'ai pas encore mon billet d'avion pour le MIDEM de Cannes. R'n'B Coco! R'n'B!"
- "Aïe. Et l'après-midi?"
- "Rendez-vous à Radio France (RFI) pour une longue et belle émission sur les musiques du monde. Session acoustique croisée avec une chanteuse venue d'Italie, Lucilla Galleazi. Voix sublime."
- "Tu l'as pécho?"
- "Nan. Mais sérieux, le producteur de l'émission voulait qu'on improvise un duo. Ai fait tourner trois accords et sa voix était... comment dire... magnifique. Vraiment. Magnifique. Elle pousse des chants de lutte politique italiens, mais des trucs très amusants hein, pas des trucs de bobos chiants, des trucs qui donnaient de l'énergie aux ouvriers, du coeur à l'ouvrage. Beaucoup de mots, beaucoup d'énergie. On a improvisé un truc, c'était très beau. Puis elle a chanté seule et j'étais presque ému aux larmes. Non, je te le dis franchement: j'étais ému aux larmes."
- "Han, quelle fiotte tu fais."
- "Ho! Elle m'a fait forte impression. M'a donné envie de revisiter le répertoire des traditions, mais j'sais pas comment faire."
- "Excuse-moi pour le mot "fiotte"."
- "C'est bon, c'est bon..."
- "Et l'émission et l'interview?"
- "La journaliste aux commandes, une femme rigolote, brillante, qui contre toute attente m'a parlé de mon père. J'ai été surpris. J'ai eu du mal à retenir mes larmes."
- "Quelle fiotte tu fais."
- "Mais ta gueule!"
- "Et elle passe quand cette émission sur RFI?"
- "Le 28 janvier."
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
15/01/2010 | de David
Casque Alain Juppé
Je sors de chez le coiffeur. Je ressemble à Alain Juppé.
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
15/01/2010 | de David
Invictus
Attention Monsieur Cinéma ici.
07/01/2010 | de David
Bonne année, Boubou
Cher journal, vaut mieux tard que JAMAIS: bonne année Boubou.
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
23/12/2009 | de David
Portraits rock
Chose promise chose dûe: cher journal, je me suis senti d'écrire quelques portraits rock. Oui, j'te jure.
Radiohead:
C'est l'histoire du sosie de Jean-Pierre Treiber qui a une voix d'ange. Accompagné d'un orfèvre guitariste et d'autres complices plus discrets, ils cherchent ensemble des atmosphères à cristalliser et trouvent des chefs-d'oeuvres. Organique, sublime, leur musique est cependant un peu chiante sur la longueur de par son côté "neurasthénique-je déprime". Le sosie de Jean-Pierre Treiber pourrait en effet sourire plus. Et lorgner le pourquoi du comment le chanteur de Blur a trouvé son épanouissement dans Gorillaz.
Flaming Lips:
C'est l'histoire d'un cirque qui a mal tourné. Ils ont perdu les lions, le clown est mort et les girafes ne sont jamais arrivées d'Afrique. Du coup, un chanteur grunge-pop qui passait par là a pris le relais avec talent.
Téléphone:
Allô?
(Facile, je sais, je sais...)
Nirvana:
C'est l'histoire de l'ex-groupe du chanteur des Foo Fighters qui s'amuse maintenant dans Them Crooked Vultures. Nan, j'rigole.
Rolling Stones:
C'est l'histoire d'un guitariste qui ressemble trop à Johnny Depp dans "Pirate des Caraïbes".
Yannick Noah:
C'est l'histoire d'un mec qui a une voix de phasme et qui va quand même remplir le Stade de France en 2010.
White Stripes:
C'est l'histoire d'un mec qui a composé un riff dans un garage sur une guitare rouge et blanche. Ce même riff que les supporters de la Jupiler's League hurlent désormais à chaque mi-temps. Ce même riff est parfois chanté quand le Pepinster Basket Club égalise contre tout attente.
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
22/12/2009 | de David
Bravo U2
Cher journal, tout a commencé par des photos du nouveau pestac de U2 avec l'araignée géante, le truc immense-là à 360°. Ai vu des vidéos aussi... Aaaah ces Barnum de spectacles à échelle gigantesque...
(Au fait, c'est nouveau cette mode de vouloir remplir le Stade de France ou Stade Baudouin? Jean-Marie Bigard, Indochine, Mylène Farmer, U2, Muse, Depeche Mode, Yannick Noah, haha, non sans blague, Noah fait le Stade Roi Baudouin en 2010, j'te jure! Jouer dans les stades... Toujours plus grand, plus fort, plus de strobos, plus de lights, plus d'effets, plus de leds, plus d'écrans, plus de pyrotechnie, plus de flight-cases, plus de tourbus, plus de roadies, plus de techniciens, plus de semi-remorques, plus de filles à poil dans les loges, plus de drogues, de chips, de pépitos, de haribo-fraises, de coca-light, de fanta, etc. Ca fait passer nos concerts, nous groupe-artisans à l'foufelle, pour des mini-concerts de Playmobils éclairés avec lampe de poche à moulinet de Tonton. PAS cool.)
J'en reviens à U2, car cher journal, en revenant de notre concert à Dour l'autre soir, je laissais mes pensées divaguer vers cette formidable entreprise... Ouais. Ben déjà, j'aime U2. Et j'aime écouter U2 en général disons trente minutes. Une fois passé ce cap, je vire au vert pistache et frôle l'indigestion christianique et deviens caustique devant tant de trop bonnes intentions laïques.
Dans U2, il y a le talentueux guitariste à bonnet greffé, le cerveau du groupe, l'inventeur du son de guitare pour grands espaces et arrangeur de génie: Edge. De type saturnien, il a une bonne bouille, on le sent passionné et il est le moteur du groupe. A ses côtés, il y a la bête de scène, Bono; charisme solaire, charme incontesté et vision géo-politique démagogique rigolote. Celui-ci dégage(ait) une énergie juvénile, il a(vait) une voix de ténor, il chante(ait) son coeur au bord des molaires, possèd(ait)e une fougue authentique, un charme foufou, du style petit cousin qui après trois coupes de champagne veut faire karaoké et proclamer mémé reine du quartier. A côté de Bono, il y a le bigleux qui a le charisme d'un phasme et derrière lui, le beau gosse féru de moto qui tape ses fûts.
La première fois que j'ai entendu parlé de U2, c'était dans les années 80, on m'avait dit: "Ce sont quatre irlandais qui ne font PAS l'Eurovision". Pas des Johnny Logan quoi. De prime abord, secoué par "Sunday Bloody Sunday", me suis mis en quête d'images, ai d'abord visionné Red Rocks puis le concert Live Aid 1985, où Bono voulait en pleine crise de manie-dépressive démontrer son amour du peuple avec panache et bottes en cuir hautes au-dessus du pantalon. Ce concert m'a marqué à vie et considérablement inspiré pour l'"exhibition" (à l'opposé de l'inhibition dans laquelle je me vautrais enfant).
Donc, ils étaient irlandais, singuliers et beaux. Moi qui pensais que tous les irlandais étaient roux, j'ai donc été saisi par leurs visages et les cheveux noirs de Bono (et feu les cheveux de Edge). Puis très vite, été saisi par leur détermination et leur ambition: conquérir le monde avec le meilleur disque, le meilleur son, le meilleur parcours, revisiter la musique américaine ici (Joshua Tree), réinvestir la musique européenne là (Achtung Babe). Des chansons qui veulent remuer, des riffs de guitare ingénieux, des arrangements parfois lumineux, une guitare et une voix qui portent comme une cavalerie (et une vision politique puérile irritante, haha).
Plus loin dans ma réflexion, je me disais, cher journal; nous, Sharko, il nous arrive bien sûr encore et toujours de faire des concerts où nous devons gagner le public, contrer l'hostilité, accrocher le wagon, convaincre et capturer, saisir et séduire, nous battre, descendre dans la foule et faire se lever les gens, draguer avec le risque du rateau à cinq branches... Même à Dour l'autre soir, j'ai senti que nous devions convaincre les curieux qui étaient venus en se disant "Ah... c'est ça Sharko?", ben ouais.
Donc, oui, je me disais: c'est quand la dernière fois où U2 a joué devant un public non conquis? Je veux dire vraiment? Un public pas acquis d'avance? Un public pas venu pour eux? La dernière fois qu'ils ont aperçu un mec bailler, ou croisé un regard vilain et désapprobateur dans le public?
Bref. Au-delà de ça: bravo U2 pour ne pas avoir changé de line-up depuis 1977, pas de divorce, pas de dispute notoire, pas de disque solo, bravo pour l'union, les chansons à la pelle, les maisons à Los Angeles, à Dublin ou dans le monde entier, les sociétés en Hollande pour éviter les taxes, les kilomètres de ligne de coke, le prix Nobel de la paix convoité, le phasme qui se tape Naomi Campbell, haha, nan, j'rigole, sorry. Sérieux, bravo U2. Sans eux, Coldplay serait toujours un groupe de cave à vins et Gwyneth Paltrow serait toujours célibataire. Et sans eux, Cali n'aurait jamais eu l'idée de faire de la politique, haha, oh sorry hein, on peut rire ici?
(Suis-je inspiré? Prochains portraits à croquer: dEUS, Depeche Mode, AC/DC, Nirvana, Lady Gaga, Rolling Stones, Beyonce, Yannick Noah, The White Stripes, The Strokes, Radiohead, etc. A suivre donc!)
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
15/12/2009 | de David
Saint-Teuk et Saint-Etienne
Notre "tourbus" partait de Bruxelles vers Avignon à 5h45 du matin. Teuk est arrivé les cheveux en éclat d'obus, la mine faite comme une cerise dans un mon-chéri, le sourire gigantesque et les effluves d'alcool s'échappant de lui pour assommer l'aube bruxelloise.
Une fois le matériel chargé dans le camion, il s'est écrasé sur la couchette et n'a relevé la tête qu'après sept heures de route pour demander à Charlie où nous étions. "On vient d'arriver au Luxembourg..." a blagué Charlie avant que Teuk ne repose sa tête en sifflant: "Déjà... Cool.".
Mais Charlie, rongé par le remords, sceptique et pris à son propre piège, s'est quand même senti obligé d'avouer: "Putain Teuk, je rigolais; on vient de passer Lyon!".
(Sur la route, plus tard, en parlant du concert lugubre d'un groupe qu'il avait vu, Teuk a commenté: "Il y avait plus de vie dans Joy Division après la mort de Ian Curtis que dans ce groupe!".)
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
05/12/2009 | de David
Victor Hugo Boss/Saint-Etienne Lyon
Cher journal. Saint-Etienne: les poteaux carrés, l'Ange Vert, les ferronneries, Bernard Lavilliers en marcel et le ciel si bas qu'un canal s'est pendu et moi avec. Invité pour participer à une émission de télé, diffusion également sur une radio, en direct et en public, blabla, session acoustique, promotion du concert Sharko à Saint-Etienne du 12 décembre. Ils m'avaient dit: "C'est le "Taratata" local, c'est une grosse émission!". J'avais donc convié la jeune chanteuse Scampi à m'accompagner sur une chanson (Scampi alias chipswow sur youtube, elle est de la région de Lyon). Je m'étais enthousiasmé: "Allez, viens, c'est ton fief, c'est télé et radio, ça me semble bien, c'est le "Taratata" local qu'ils ont dit!". Haha, on a bien ri.
L'émission: spectateurs dissipés (agh), chansons bousculées dans le brouhaha, peu de chaleur et peu de tendresse, public aussi enthousiaste qu'un cousin carbonisé sur un halogène pour "No Contest" et Scampi lancée là-dedans... Aïe. (Scamp', sorry hein.)
L'interview qui a suivi en plateau était surréaliste, donc finalement très belge. Les deux animateurs se relayaient pour me poser des questions, l'un d'eux s'est lancé dans une question aussi longue et alambiquée qu'une traversée du désert en canot pneumatique, et l'autre m'a demandé: "David, d'habitude à tes concerts acoustiques, il y a beaucoup de... complicité avec le public, ce soir c'était un peu moins... ludique, comment l'expliques-tu?". Bigre. Ai répondu (un truc du genre): "Ben c'est difficile de jouer au ping-pong avec quelqu'un qui veut jouer au rugby."
Le lendemain, Lyon, Radio Scoop, grosse radio, forte audience (devance RTL et NRJ dans la région, j'te jure), animateur fougueux et plein d'aisance qui ne force pas sa nature à faire "djeun", "young" ou "Monsieur Patate". Du cool, du punch, interview fouillée, "Yo Heart" et "Since you called" à l'foufelle et petite session acoustique pour terminer.
Yves, l'animateur a beaucoup vanté la substance du livre "Sharko Journal". Ce qui, cher journal, me touche beaucoup et me pousse à penser que je suis le nouveau Marc Lévy, Françoise Sagan et Victor Hugo Boss.
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
28/11/2009 | de David
Variety Lab, le "Fou du Roi" à Metz.
Dans le train, ouais ben j'écoute 2manyDJ's ou Pavement. Je suis comme ça, j'ai peur de rien.
L'autre midi, cher journal, direct radio sur France Inter, "Le Fou du Roi" (émission délocalisée près de Metz), avec Stéphane Bern, tous les chroniqueurs vedettes et la star du jour: Patricia Kaas.
J'y étais avec ma casquette "sexy chanteur à succès" de Variety Lab pour interpréter notre tubesque "We should be dancing" en live. Balance son, ouais cool, tout se passe bien top rapide donc hop loges, grignotage de gâteaux alsaciens à 19.000 calories pièce. Nous y discutons de foot, de feu la voix de Renaud, des clips de Grizzli Bear, de l'héroïne et de la mort d'untel, dissertons sur Myspace qui ressemble de plus en plus à un vieille superette démodée avec ses vieux prospectus fatigués sur le trottoir. (Ouais, tous ces commentaires à la con que nous devons supprimer tous les jours: "Salut Sharko. Cool ton son! Notre album sort le 4! Viens l'écouter sur ma page!" ou encore "Flora s'offre à toi pour 15,00 € la minute" ou encore "Festival Rock-mon-Kaktus à Esch-sur-Alzette ce dimanche, entrée gratuite pour ceux qui ont déjà 4 grammes d'alcool dans le sang!". Agh. Mouais. Bigre. J'te jure, Myspace fout le camp.)
Après cette détente calorique et ludique, nous sommes poussés sur scène devant les invités et le public remonté comme une galette de Pompidou, salle surchauffée, ils ont la banane.
Et là, c'est le drame, puisque nous démarrons la chanson sans le retour-son sur scène! Nous sommes donc dans le brouillard et la devinette Trafalgar et faisons de grands signes à l'ingénieur du son dans une panique totale. Pour ma part, je me vois alors traverser un grand moment de solitude.
(Faire une chanson pour la radio en direct sans retour-son, c'est comme manger un gros spaghetti bolo au restaurant après une intervention chez le dentiste. La bouche et les lèvres anesthésiées, t'es pas sûr de tout mettre à côté, mais t'es pas sûr non plus de tout mettre dedans.)
Bref, dans cette tornade et avant que l'ingénieur ne répare son oubli, cette phrase inouïe de Thierry Bellia (guitariste et leader du groupe sur ma gauche) d'un calme irréel et détaché: "Ouais ben moi, j'ai pas d'retours...".
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
21/11/2009 | de David
Vignette de mutuelle et la main de Henry
Cher journal, dernièrement, je ne te le cache pas, ai fait des concerts solo. Dont un l'autre soir à l'Atelier 210 à Bruxelles. Et cher journal, j'adore ça; je me sens vivre, vibrer, improviser, en totale liberté, je casse le cadre, je sors du champ, je chante à même la salle, je raconte, je disserte, je fais des blagues, je passe l'aspirateur, je me lance dans des introductions de chansons sans queue ni tête et je me fais peur, je me fais peur, sur la corde raide, au bord du vertige, je me fais peur et j'aime ça.
Donc, à l'Atelier 210, j'ai eu droit à un rappel, un VRAI rappel alors que j'étais déjà douché chez moi à lire mes mails en pyjama, un vrai rappel, tout trop très agréable. Tout sauf peut-être ce petit monsieur à l'affection disons tyrannique qui me faisait des grosses baises mouillées et qui m'a raconté sa vie, son futur emploi de bûcheron et sa nouvelle voiture commandée avec des sièges rouges dont la banque a finalement autorisé l'achat puisqu'au premier janvier il commence sa vie de coupeur de bois et tailleur de jardin et que le rouge, ça lui va mieux, et qu'il a fait des photos de moi sur scène, quatre rouleaux noir et blanc à 400 ASA et au moins 200 photos avec le numérique, qu'il préfère le numérique et qu'il a vu Front 242 en concert et que c'était super... Dans son enthousiasme, entrecoupé de baises mouillées, il a absolument tenu à me laisser sa "carte de visite": une vignette auto-collante de mutuelle. Ah. J'ai donc son nom, son adresse, son numéro de sécu sociale, c'est cool. Je vais la garder toute ma vie, j'te jure.
Beaucoup entendu parlé et vu et revu la main de Thierry Henry contre l'Irlande. On s'en fout un peu de la main, c'est la vie, c'est le jeu et dieu merci je ne suis pas irlandais. Le joueur en assumera la responsabilité toute sa vie et si dans dix ou vingt ans, dans une interview télé ou dans un stade ou peu importe où, on l'emmerde encore avec ça, ben c'est la vie, c'est le jeu hein.
Ce qui m'a fort fait rire par contre, ce sont les tweets du monde entier, les expressions facebookiennes et les titres des journaux anglais; "Le Cheat", "The Hand of Frog", "Thierry Henry a mis la main sur Jean-Pierre Treiber", "Thierry Henry a eu la main lourde au procès AZF", "Thierry Henry rejoint les Harlem Globe-Trotters", "Thierry Henry, handballeur" sur son Wikipédia, etc.
Fort ri.
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
14/11/2009 | de David
EN Avignon ("Mets ça sur cassette!")
L'autre soir en Avignon (il parait qu'on dit EN Avignon) pour concert solo "à l'arrache" dans un bar mythique de en Avignon et faire promo en Avignon pour notre concert Sharko de dans bientôt en Avignon.
Les jeunes gens du Sud sont drôles. D'abord, ils parlent avé l'accent qu'on dirait que chaque terminaison de phrase claque comme un coup de fusil dans un vieux western ("Vous voulez du paing?"). Plus encore, comme une jeune fille me l'expliquait, en Avignon, ils boivent beaucoup. Et s'ils boivent autant, c'est qu'ils ont le sens de la fête, et plus pragmatique, a t-elle ajouté: "Ici le coca est plus cher qu'un demi." (Elle avait raison). Cette même jeune fille a voulu faire sprint avé moi dans les rues de en Avignon pour me prouver que j'étais pas "si vieux". J'ai gagné le sprint, elle était très essoufflée et ça a fait rire tout le monde en terrasse. Car les jeunes de en Avignon, ils s'animent en terrasse même quand il fait 12° un soir de novembre.
Donc en Avignon dans ce bar à la cool, les organisateurs avaient convié du monde et nous passions des flyers, parlions de Sharko, de la tournée blabla et j'ai ensuite commencé chansons. Comme c'était à l'arrache, je me suis assis sur une table. A la table d'à côté, un mec un peu cake style "Le Parrain 2" avec son garde du corps hostile et sa gonz un peu vulgaire n'arrêtait pas de parler. Il disait: "T'en as pas une en français? Tu sais chanter en français? Il sait chanter en français? Il me comprend quand je parle? Hello you speak you english?". J'ai voulu lui enfoncer mon ukulélé dans son larynx mais je me suis vu au fond de la Méditerranée avec les pieds dans du béton et j'ai donc renoncé.
En partant rejoindre chambre hôtel, un gars m'a rattrapé et j'ai vite compris que j'allais traverser un moment d'humilité et de solitude quand il m'a confié, enthousiaste: "Hé, t'as une super voix! C'est rare, faut que tu l'enregistres, je sais pas; fait des démos, mets ça sur cassette, ça va le faire, j'suis vraiment étonné! Continue. T'as du talent et une super voix. Enregistre-la!".
Ouais super.
(Comme j'ai ensuite maudit cette ville où ils ne sont même pas capable de terminer un pont. Haha.)
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
11/11/2009 | de David
Ouais, c'est belge. Liste de lecture qui tue, merci.
Je viens de réécouter quarante fois le nouveau single des Vismets, c'est excellent et ça sonne building ("Wasted Party")! Me donne envie de repeindre ma salle de bain et faire des pompes à la Rocky (c'est belge, cool!). Mais... ça ressemble quand même très fort à un autre groupe belge (vais même pas le citer car cher journal c'est trop évident - jusque dans le graphisme logo, j'te jure). De plus, avec mon esprit pragmatique terre-à-terre vieille chaussette, j'ai pas arrêté de me demander s'ils avaient négocié les droits avec AC/DC pour l'emprunt à la fin. Grande idée, mais ont-ils négocié? Hein, dis?
Comme c'est du belge et que c'est réjouissant, je viens de fouiller ma garde-robe Itunes pour réécouter les singles belges qui me propulsent: Mad Dog Loose ("Versa" et "Take me down"!), dEUS ("Hotellounge"), Luc Van Acker, TC Matic, Polyphonic Size, Front 242, Soulwax, 2manyDJ's, Moondog Jr, Evil Superstars... Cher journal, je viens de me faire une liste de lecture qui tue.
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
08/11/2009 | de David
Reformation
Il y a eu les Pixies. Je n'y croyais pas. S'avère que. Ils sont sur la route depuis 2006.
Ensuite, nous avons eu The Police. Je n'y croyais pas. S'avère qu'ils sont devenus encore plus millionaire en 2007.
Maintenant, et je me réjouis, je me réjouis; Pavement. Et ça, je n'y croyais vraiment pas. Il s'avère que.
A quand une reformation dEUS période Carlens-Barman-Trouvé?
A quand une reformation Nirvana avec Frances Cobain au chant?
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
04/11/2009 | de David
Longues réflexions dans le tourbus
- Une démocratie idéale, est-ce que c'est une décision prise à l'unanimité ou à la majorité?
- La grippe A: les médias, les gouvernements, tout le monde en fait des caisses. Est-ce plus dangereux qu'on nous le dit? OU est-ce une cynique technique pour terroriser le peuple? OU est-ce une magistrale arnaque orchestrée par l'industrie pharmaceutique?
- Va t-on tous finir par s'habiller pareil (Gap, Zara, H&M,...), avec tous des intérieurs Ikéa? Va t-on tous mourir d'un cancer (le nucléaire, le gsm, les ondes Martenot)?
- Qui a tué Robert Boulin? Pourquoi ce silence?
(J'ai en effet besoin de repos; je sais, je sais.)
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
03/11/2009 | de David
Montpellier-Marseille
Cher journal, à Montpellier, j'ai fait mon linge au petit matin. Il y avait une laverette en bas dans la rue près des palmiers. En slip sur le trottoir parce que mes pantalons tournaient machine: rock'n'roll.
Cher journal, Yves (notre ingé-son) a conduit le tourbus comme si c'était une Vespa dans les rues de Rome ou Naples: "Allez Chouke, serre à droite! Perpèt' ici! Jean-Jacqueske Brilleke, allez maat, traverse. Allez Janineke avance!".
(Au resto un soir tard, Yves a aussi dit ceci: "Bonjour
Monsieur, si vous êtes bien aimable, je vais vous demander un café. Et en fait, nous sommes tous directeurs de Buffalo Grill Monde, donc nous vérifions que tout est bien tenu ici. On va vous donner une note s'il vous plaît bien. Comme ça vous savez, je préfère être honnête." Et le serveur, tellement stressé qu'il nous a pété notre carte Visa dans sa machine! Haha.)
Cher journal, pendant ces concerts (Bordeaux-Toulouse-Montpellier-Marseille), nous avons beaucoup bougé les lignes, improvisé beaucoup, placé des "happenings" ici et là (greffer "Meneh-Meneh" au milieu de "Excellent"? Si!), allongé les chansons, coupé les riffs, joué et pris beaucoup de plaisir hein, ouais c'était cool, merci. Nous sommes sortis du cadre et c'est ce que je préfère le plus au monde: sortir du cadre.
Et enfin, cher journal, je traînais cette idée depuis plus de dix ans: inviter lors d'un concert le public à sortir et chanter dans la rue le plus fort possible. Je me souviens avoir essayé plusieurs fois, jamais été compris. (A Bruxelles, à Paris ou dernièrement en concert privé près de Huy, personne pour me suivre; ils avaient tous cru à une lubie, à un gag ou une pause pour me permettre de faire pipi.)
Donc à Marseille. Le public dans la rue et le sourire sur tous les visages. Aaaah ce plaisir de hurler sur la voie publique sans être jeté en prison ou hôpital psy! Nous (sur scène) venions de jouer "No contest", je rangeais ukulélé, reprenais basse et ce bruissement spontané émanant du public s'est dessiné: "Lalalalalala... No contest... I am ze best"! J'ai saisi l'occasion: "Hé! Et si on la chantait dans la rue? Si on faisait une folie, chanter hyper fort, tous ensemble, union-communion, on y va?".
Nous y sommes allés: "No contest... I-AM-THE-BEST"!!!.
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
29/10/2009 | de David
Toulouse 28°
Cher journal, nous sommes sur la route, c'est super.
A Bordeaux, on a essayé des trucs, changé l'ordre des morceaux, improvisé, blabla, ça m'a donné une pêche incroyable, fraîche sensation, j'te jure. Autant faire bouger les lignes, non?
Longue discussion sur "les lignes", la "liberté", "viva la vida". A ma grande surprise, Teuk résiste au changement. Lui qui peut faire des improvisations à l'foufelle quand il joue en solo, il était pas fan pour désarmer le cruise-control dans Sharko.
La panique du jour, ben c'est François (notre tour man). A 15h, livide, il toussait, toussait, toussait, il suait à grosses gouttes, livide, livide, tellement blanc qu'il était transparent. J'ai fait un test; ai demandé à Teuk de se placer derrière François, et quand j'ai capté qu'on pouvait voir Teuk à travers, j'ai compris que François était vraiment malade.
Sans blague, grippe A ou pas grippe A: panique à tous les étages! Réunion de crise comme au Vietnam: "François, t'es malade, tu dois rentrer!", "Ouais ben s'il est malade de la grippe, il l'a déjà transmise!".
Le lendemain matin, Frainswo livide et encombré m'indique qu'il prend le train pour rentrer maison. Coup dur. Les dix premières minutes, tous chamboulés, mais Zyves (ingé-son) a pris le camion en main, ni une ni deux, jean-jacquesske fieu, on y va.
Donc, nous voilà sans François à Toulouse. Dans un mini club, mini, vraiment mini. Cherche pas, ta salle de bain est plus grande. Mais on a de nouveau essayé, joué, travaillé la matière, fait des erreurs, mis des morceaux de côté, tenté des impros. Au bout d'un temps, un drôle de mec s'est glissé devant moi. Il commentait à voix haute pendant que je chantais: "Ouais bien la note, tu l'as bien, bonne voix mec. Pas mal ta ligne de basse. Cool cette mélodie. Ouais pas mal. Putain, ne parle pas de foot. Ne parle pas entre les morceaux, joue. Tais-toi. Allez vas-y... Pas mal... Bonne voix... Haha tu me fais rire...". Au bout d'un moment, j'ai un peu pété un câble, interrompu le concert, expliqué à tout le monde ce qui se passait, on l'a invité à dire ce qu'il avait sur le coeur au micro (épique, inoubliable), on a chanté avec lui, puis on l'a vigoureusement invité à sortir de scène (toujours plus délicat). Un happening. Un vrai.
Toulouse 28° soleil et côte d'Azur ce soir. Haha. Trop une belle vie.
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
25/10/2009 | de David
Douane on tour
Sur la route vers la Bretagne, arrêtés par la douane volante; opération surprise. Une femme-officier (jeune) vient vers nous, nous demande qui on est, blabla, quoi, comment. Peter (notre ingé-son qui conduisait) répond "Sharko, Bretagne, rock, belges". La femme intriguée, elle veut voir à l'arrière, constate des instruments, elle dit: "Vous jouez où?". Réponse de Peter (il est néerlandophone, il manie les "tu" et "vous" à l'foufelle): "A Ploermel. Si tu veux, on t'invite".
En un éclair, je nous ai tous vus en garde à vue dans un bureau des douanes, pendus par les pieds avec plume et goudron. Mais non, elle a rit, et elle a même ajouté: "Je serais bien venue... Mon groupe belge préféré, c'est Venus!".
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
23/10/2009 | de David
Pharma glam
L'autre jour, fébrile et vieille chaussette, la gorge comme la Corée du nord ou une tranchée en '14, suis allé à la pharmacie du quartier avec ma petite prescription. Le bonnet jusqu'aux chevilles, l'écharpe tourne-boulée, mes deux pulls au menthol Vicks, ma petite goutte au nez, la mauvaise mine et les yeux gonflés, je me sentais aussi sexy qu'une crêpe ratée.
La pharmacienne, enjouée, s'illumine soudain: "David Bartholomé... J'avais pas tilté! Vous êtes le chanteur de Sharko? Woaw... Incroyable. Quand je vais dire ça à mon co-loc... il est méga fan!".
Je réponds: "Agh... Y a quand même plus glamour que ça hein comme situation, hein, non, hein?"
(Doux Seigneur Jésus Merci, j'y allais pas pour une médication délicate! J'ai d'ailleurs surtout pas insisté quand elle a oublié de me donner mon traitement contre la calvitie. Haaaha.)
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
20/10/2009 | de David
Ouï FM Paris Interview
L'autre soir à Paris pour radio OUI FM, en direct, longue interview, très drôle. L'animateur Dom me demande "Je t'appelle David ou je t'appelle Sharko?". Lui ai dit: "Ben, appelle-moi David... C'est comme si moi je t'appelais OUI FM". Ils ont dû penser que j'étais fou à lier. Je parlais du vertige, expliquais un truc du genre: "Ce producteur nous a appris à avoir le vertige debout sur une chaise, et ensuite à effacer le vertige à deux-mille mètres d'altitude". Il ont dû penser que je m'étais fait une ligne de coke aussi longue que Paris-Roubaix. Plus cette pensée, que je n'ai pas pu développer: "Quand tu as une Rolex, il faut pas se la péter, sinon tu rentres dans la Rolex et tu crois que TU ES la Rolex. Alors que ça reste TON BRAS qui porte la Rolex, tu vois?". Ils ont dû penser que j'étais un mix de Jean-Claude Van Damme et François Damiens sous coke et fou à lier. Agh.
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
18/10/2009 | de David
AB 2009
L'autre soir, concert à l'AB, 1600 personnes. Des mois que nous le préparions et nous sommes arrivés à ce que nous désirions: Mercedes sur autoroute. Contrôler vitesse, courbes, tenue, excitation, panique. Ne pas se perdre dans le stress, autoriser l'épanouissement, blabla. Cher journal, je me souviens de nos longues réunions du mois de mars; projections, désirs... et voilà que nous étions au coeur du sujet, sensations, blabla, calmes. Comme au foot, aussi simple: "Je tire le corner premier poteau, tu mets ta tête, on marque". Ouais, comme ça.
Après le concert, after-party (WAF-ter Show au Bazaar), nous y étions comme sur un nuage. J'avais souhaité musique pas forte, lumières douces, boissons à la cool, nous permettre de descendre en douce, pas d'agression merci, douceur. Et douceur il y eût. Tout le monde adorable. La fille du bar, serviable, attentionnée, souriante, champagne à flots et margaritas à go-go (mon foie s'en souvient) puis eau pétillante pour reprendre mes esprits.
Ma mère si phosphorescente et enthousiaste le lendemain matin (j'avais la tête dans un sac à nuages et le coeur derrière): "Mon fils, tu étais ma-gni-fique, tu étais beau mon fils, c'était ton plus beau concert, tu étais merveilleux! Et les jeunes qui tapaient avec des conserves, c'était magnifique, ça m'a redonné envie de manger des petits pois. Et le petit groupe là avant vous là en première partie, les "Lucky Luke", ils étaient vraiment sympas!". (Elle parlait des Lucy Lucy.)
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
18/10/2009 | de David
A l'étroit
Cette photo (ci-haut) m'obnubile... Je me sens parfois comme la souris. Ai fait circulé cette image, ai eu réactions diverses: "Oh c'est mignon; la souris se met à l'abri!", ou "C'est un montage?". Ben non hein. Je regarderais cette photo pendant des heures. Quelle fin horrible. La souris a dû se dire, aux premières sensations sur elle du suc digestif: "Mmm, fait noir tout à coup. C'est étroit en plus... Fait un peu chaud ou c'est moi? C'est un petit peu serré ici. Je dois avoir de la fièvre; je me sens toute bizarre. Ouh lala, j'étouffe. On y voit que dalle en plus. Bigre, suis-je en train de... aaaaaaaghh". Oui. Ben oui. En même temps, c'est mignon ouais, on dirait que la souris porte un costume de serpent pour le carnaval.
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
11/10/2009 | de David
Pepinster Basket
Hier soir, j'ai eu l'honneur de donner le coup d'envoi d'un match de basket à Pepinster! S'agissait du huitième de finale de la Coupe de Belgique: Pepinster-Mons. Et cher journal, j'avoue, je m'attendais pas à grand chose. M'attendais-je à une salle triste avec des verviétois épais comme ça qui lancent la balle avec des attitudes de tueurs plus Benny B que Jay-Z? Ouais, ben j'avoue.
On m'a présenté à l'administrateur général, jovial et parfois même truculent, et celui-ci m'a immédiatement apostrophé: "Une bière? J'ai vu votre chute sur scène au Fiesta City sur Youtube. Drôle, drôle! Bon, on vous a expliqué comment ça s'passe? Il y a des boulet-frites à la mi-temps, les meilleurs du monde. Pepinster se prononce "Peuh-pinster" et pas "Pé-pinster", on vous a dit? Santé!".
Lui ai répondu que je préférais prononcer Pepinster comme "pépin" ou "peps" et que j'avais cru comprendre que je jouerais au moins un quart-temps; c'est la raison pour laquelle j'avais pris mes Nike et un short dans mon petit sac de sport. Il m'a regardé comme si j'étais drogué ou débile.
Puis il a ri.
Dans la salle, happé tout de suite par l'ambiance, le BOUCAN de la sono à fond la caisse et le monsieur au micro. Il hurlait le nom des joueurs avec enthousiasme: "Nu-mé-ro DIX-SEPT, il vient de Mia-mi, Floride, c'est le meilleur pivot de l'histoire de la conférence Est en Sub-Division Collège, je vous demande d'accueillir, DEUX MÈTRES DIX pour autant de muscles: Jeeeeeeeeeeremy COL-SON!!!". Et le public devenait fou. (Après avoir présenté tous les joueurs avec la même ferveur, il a ajouté: "Ce jeudi 15 octobre Sharko sera en concert à Bruxelles, je vous demande d'applaudir, 1m30 assis pour fort du gras au bide, le chanteur de Sharko: David Bartholomé!"... et là les gens étaient moins chauds.)
Suis rentré sur le terrain comme si j'étais Passe-Partout, intimidé par ces colosses américains, ces brutes yankee, ces armoires à glace U.S., ces bâtiments aéroportés de la Navy, ces plaques terrestres du nouveau monde. Plus encore par le numéro 10 de Pepinster qui ressemblait trop à un Big Jim de trois tonnes, tellement grand que j'ai demandé une échelle pour lui refaire son lacet. J'ai donné le coup d'envoi et le match a suivi. La puissance des engins, la rapidité, l'ambiance, la sono PENDANT LE MATCH à fond d'balle! Je me disais "Woaw... quel boucan!" et la musique allait encore plus fort. Elle semblait souligner et orchestrer des phases de jeu; quand Pepinster perdait la balle, ils envoyaient les "Dents de la Mer" et quand Pepinster reprenait le contrôle du ballon, c'était sur la musique de "Rocky"! Comme ça tout le temps. Fort drôle.
Soudain, dans mon esprit vieille chaussette, une pensée évasive; je me suis imaginé la vie de ces blacks U.S. ultra-tatoués et sur-musclés arrivés de Chicago ou Los Angeles pour manger des boulet-frites à Pepinster. Woaw, le trip. Sans malice, hein, pas de malice, mais ouf, ça doit être quelque chose quand même. Pensée furtive... Puis "Seven Nation Army" a explosé dans la sono et j'ai compris que Pepinster était passé en tête. (Ils ont gagné 101-98!)
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
07/10/2009 | de David
Non mais je rêve et Mika
Cher journal (jungien), cette nuit, ai-je rêvé que la Belgique (oui) affrontait l'Angleterre (avec comme joueur Pete Doherty!) en finale de la Coupe du monde (non mais je rêve)? Tout Namur en fête (select), avec une projection (géante) sur la place et Benoit Poelvoorde (lui-même) en slip de bain (bien fourni). Soudain, alors que la Belgique menait 3-2 (si!), le match fût interrompu (dans le chaos) car un accident (mortel) eut lieu aux abords (du stade) avec un motard (de la police). La Belgique en finale (non mais je rêve) de la coupe du monde (haha)! Mon interprétation? Je dois me reposer, ça ne tourne pas rond dans ma tête.
Je passe du coq qui n'a rien à voir: j'aime bien Mika. L'univers, le son, la voix, le marketing. L'ambiguïté aussi. Son air fou-fou d'allumé asexuel bien étudié; ça ne fait pas fuir les ménagères et ça soulage les ados tourmentés dans leur construction identitaire. Comme il est beau, il magnétise filles et garçons, sans provoquer de jalousie excessive puisqu'asexué, il ne menace personne. Mais ceci étant dit, oui, ceci étant dit, hein, Mika selon moi a un truc qui me gêne quelque peu: les mélodies de ses chansons ressemblent fort à d'autres mélodies du siècle dernier. "Take it easy"? Ressemble fort à la chanson de Cutting Crew "Died in your arms tonight". Et "We are golden"? Ressemble fort à la chanson de Belinda Carlisle "Heaven is a place on earth".
Non?
05/10/2009 | de David
Papyrus et Beauvais
Cher journal, je suis heureux pour toi. Le livre issu de toi, le recueil de toi, ta version papyrus est distinguée ça et là, ton corpus livré aux magasins lentement mais sûrement, les ventes progressent et je suis heureux du témoignage des lecteurs à ton sujet. A te déposer en personne dans les stocks des magasins comme un mercenaire caporal-artisan, j'me sens comme un "inglourious basterd", j'te jure.
Pour faire la promotion de toi, cher journal, j'ai participé à l'émission 50°Nord (Eric Russon, le présentateur, juste et précis). Pour toi encore, j'ai fait une intervention dans l'émission "Touch My Car" sur Plug RTL. Les dix premières minutes: totalement décontenancé par le concept et pourrais-je disserter des heures sur la "déshumanisation télévisuelle" blabla? Oui, certes mais l'équipe de production était des plus joviales et dénuée de cynisme. Ai donc vite chassé ma cogitation et cherché le contact avec tous; les candidats, les secouristes, le mec de la sécu, le chef promo Plug et surtout l'administrateur du Chat web en direct (pour discrètement lui suggérer de censurer les commentaires les plus horribles à mon encontre. Haha).
Concert Beauvais, France. Au repas, Yves (notre ingé-son) et Charly ont eu cet amusant conflit avec Phil (notre tourman) sur la justesse d'un raccourci dans Bruxelles. Phil soutenait une vision, que les autres contestaient, au point de parier TROIS MILLIONS d'euros. Hélas pour lui, vérification faite, Phil, bon prince, a admis sa méprise et nous avons donc toute la soirée étudié pour lui les modalités de paiement (taux fixe, taux variable, mensualités fixes, crédit passerelle, choix de banque et intérêts). Plus sérieusement, avons rejoué "Wake Up" ("Bunny bums"!) et "Car Was", abandonnées depuis longtemps. Avons également reconnu des visages; tout Amiens était là.
Retour chambre hôtel, ai lu articles fastidieux sur l'épisode Letterman (je sais, je sais) et lu la suite de la bio de Balladur (je sais, je sais), pour ensuite plonger dans un désarroi total (je sais, je sais).
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
30/09/2009 | de David
Kaka reste au sol
Real Madrid ce soir, Coupe d'Europe de foot, je chipote sur mon ordi, le match en fond sonore et soudain cette phrase: "Et Kaka reste au sol."
23/09/2009 | de David
Poème d'un vieux papy
14/09/2009 | de David
Génie, va. Prix conseillé.
27/08/2009 | de David
La solitude
"La vraie solitude, c’est celle qu’on connaît au milieu d’une équipe" (lu dans "Libé-Labo" ce matin - interview d'Audiard).
27/08/2009 | de David
Trop "Bruges" pas assez "Amsterdam"
Cher journal, j'ai eu la visite de cette amie des Etats-Unis que je n'avais pas vue depuis vingt ans. Comme nous nous étions perdus de vue, il nous a fallu remonter le fil de nos existences et ce faisant, j'ai pour ma part pris conscience du chemin parcouru en vieux con que je suis patate.
J'essayais de lui expliquer - elle qui est si loin du rock et plus encore du rock belge - l'industrie du disque, la réalité des tournées, l'irréalité des concerts, l'écriture des chansons, ce métier qui se meurt, cet artisanat qui m'échappe, mes lignes de basse, la magie des sons et les filles à poil dans les loges.
Je lui parlais de notre dernier album, qui est sans doute trop "Bruges" et pas assez "Amsterdam", mais c'est pas faute d'avoir essayé.
Je lui expliquais que selon moi un événement blabla se nourrit de plusieurs éléments et qu'il y a toujours des paramètres qu'on ne maitrise pas. C'est le but de l'exercice, mais je n'ai pas ce muscle. (J'ai souvent tendance à m'étonner de ne pas avoir maigri de cinq kilos quand j'ai fait régime sur un seul repas.)
Je lui confiais avoir parfois confondu "vivre" et "exister".
Je lui disais; comme il est difficile d'apprivoiser l'assurance. Avoir confiance en soi. (La confiance en soi est comme une odeur. Parfois celle-ci me pourrit la vie, parfois je ne sens rien alors que je sais bien que ça pue. Dans ces cas-là, je suis le King, le Roi, et ma dynastie dure le temps d'un quart d'heure... Quel bête exemple... Alambiqué et nul. J'ai que ça sous le coude hein. Sorry hein.)
Je lui disais; ce qui doit arriver arrive parfois avec une facilité déconcertante. Et parfois aussi, on s'efforce de faire passer un dromadaire par ses trous de nez: douloureux et compliqué. Mais est-ce à dire que si c'est difficile, si on doit forcer, c'est pas naturel? Et donc quoi?
(Ai eu un jour cette réflexion d'un critique qui m'interrogeait: puisque l'album était né dans la douleur, était-ce contre-nature? Si oui, n'était-ce pas fâcheux? J'en sais rien. Je ne crois pas. C'est la vie.)
"Je me gave d'ailleurs".
Nous parlions de l'inspiration. L'inspiration a comblé Rimbaud, Kraftwerk et Matisse mais l'inspiration se loge évidemment dans le commun des mortels sous la forme d'éclairs fugaces, de clairvoyance, de lucidité et d'esprit. Tout le monde peut être inspiré. Bien inspiré, mal inspiré. Respirez. Je radote.
Et puisque je parle d'inspiration, j'ai vu le "Prophète" d'Audiard (Attention Monsieur Cinéma ici). J'ai pas accroché la première heure mais j'ai tout de même beaucoup aimé le film. Et la dernière demi-heure est une merveille d'écriture et d'intelligence. Dommage que la symbolique "prophétique" ne soit que si peu exploitée. J'aurais adoré en apprendre plus sur l'ésotérisme et l'occulte. Respirez, je radote.
25/08/2009 | de David
Inglourious
Vu "Inglourious Basterds".
Sur le coup, déçu.
Après-coup, digestion et... je suppose que c'est un grand film.
Mes attentes (grandes!) m'avaient guidé vers une déception composite:
- pas de choix de chansons/bande son ingénieux (selon moi!)
- pas assez de furie, folie furieuse (la fièvre de Quentin)
- pas assez de Brad Pitt (oui)
- pas assez de montage Tarantinesque (tu sais)
- pas assez du concept prometteur "des tueurs en mission chez les nazis ont carte blanche" (la plus grosse déception du lot)
- et pas assez de scènes drôles, même si deux idées m'ont beaucoup fait rire (Brad Pitt est drôle)
Mais maintenant que j'y repense et si je peux me permettre, il y a de grandes choses:
- le nazi allemand est magnifiquement bien interprété (maniéré, fou, gracieux, névrosé)
- Mélanie Laurent est superbe (et juste)
- certaines scènes sont inoubliables et foisonnent d'idées (et pourtant des films sur la guerre, c'est pas ça qui manque)
20/08/2009 | de David
Tyson
20/08/2009 | de David
Epaulé-jeté
Cher journal, hier des images du concert de Placebo en festival d'été en Allemagne.
Leur nouveau batteur m'a beaucoup fait rire. Me faisait penser à un bodybuilder en pleine séance d'épaulé-jeté; jeune fougueux explosif torse nu avec ses tatoos et sa mèche en pinceau qui tournait hélicoptère.
Attitude à la fois très puérile et... donc finalement rock'n'roll.
19/08/2009 | de David
Bassiste en herbe
Liste des plus grandes lignes de basse du monde pop 80's.
Pour tous les bassistes en herbe:
19/08/2009 | de David
Chantilly
Au restaurant.
Entendu cette phrase issue d'une conversation entre une petite fille et ses parents. Ils parlaient d'alimentation. La petite fille:
03/08/2009 | de David
Minuit 23
Ai reçu ce petit mail l'autre nuit:
02/08/2009 | de David
Photo poète
Un Spiderman black qui sauve des poussins en Asie? Woaw, j'appelle ça de la poésie.
02/08/2009 | de David
Dopage, ouais! A fond!
30/07/2009 | de David
"Bootleg of AC/DC" - Décembre 2000
23/07/2009 | de David
Zooey Deschanel et Cher journal tu es de la préhistoire, sorry hein.
23/07/2009 | de David
Douzy-Douza ouille!
18/07/2009 | de David
Ostende
Cher journal, revenu de Ostende hein. Concert sur la plage, j'te jure... Tu rentres chez toi, y a du sable dans tout ton matos, ah merci, c'est cool.
13/07/2009 | de David
Ardent Public
Comment dire? Cher journal, hier aux Ardentes, Ô joie.
10/07/2009 | de David
Clip Yo heart
Cher journal, je ne sais pas si tu as vu la vidéo de "Yo Heart" mais malgré ses imperfections, je suis quasi-fan. Cher journal, malgré les contraintes techniques (les néons, le placement, les lumières, le cadre), le stress sur le plateau (oui) et l'attente aliénante avant de faire la première prise (sept heures), nous y apparaissons humains, touchants et pas du tout "je-me-la-pète-grave-dans-un-clip-à-la-cool". J'ai pu subtilement y placer ma lubie "Silence of the Lambs" rencontre "Donnie Darko" qui rencontre "Carrie"; ces trois plans avec le lapin saignant (sans compter l'ultime plan angoissant) me comblent de bonheur. Je m'en voudrais aussi de ne pas mentionner la chaussure boule à facettes qui est à Charlie ce que le gant est à Michael Jackson. Cher journal, ceci étant dit, l'épine dorsale visuelle du clip, ce n'est pas la cage, les néons ou la boule à facettes. L'épine dorsale, c'est Teuk; irrésistible, il dégage une nonchalance, une classe, un naturel glam qui me laisse sans voix. Son attitude dans ce clip, sans malice, va faire bien des jaloux dans les bars de la rue Antoine Dansaert à Bruxelles. Et je ne vise pas Daan en particulier.
06/07/2009 | de David
Savoie. Sting. Freeze Frame. Moteur Kaput.
Ai vu une photo de Nick Cave à Werchter. J'aime bien la tête à Nick Cave, l'âge qu'il prend et la tête qui va avec.
21/06/2009 | de David
France3, France Inter, Paris-Lille, Cosette
Cher journal, nous étions à Radio France pour l'émission le "Fou du Roi" (y avions déjà participé il y a cinq ans). Avons joué "Yo Heart" en live dans des conditions suprêmes. Avions un piano dans la loge.
12/06/2009 | de David
Comme dans les films
Attention Monsieur Cinéma ici. Cher journal, tu sais ces choses "insupportables" au cinéma? Ces scènes que nous détestons, que nous dénonçons avec véhémence et que finalement nous aimons pour le bien-être et le rêve qu'ils suscitent?
- dans les films, il est toujours ultra-facile de se garer; généralement, une place de parking est toujours libre devant l'immeuble.
- dans les films, ils couchent toujours avec leurs sous-vêtements (soutien-gorge pour Madame et slip sans érection pour Monsieur).
- dans les films, pour payer des taxis, ils sortent des billets de leur poche sans regarder et c'est toujours le juste prix.
- dans les films (américains), ils ne disent jamais bonjour ni au revoir au téléphone.
- dans les films (et feuilletons américains), on peut ouvrir n'importe quelle porte avec une carte de crédit ou un trombone.
- dans les films (et feuilletons américains), toutes les bombes ont de grosses horlogeries électroniques avec de gros chiffres en rouge led, comme ça on sait quand ça pète.
- dans les films, les baisers les plus passionnés se font bouche close (surtout dans les films français).
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
04/06/2009 | de David
Le cochon et la basse besogne
Cher journal, entendu cette phrase à la radio ce matin:
24/05/2009 | de David
Radio belge, politique et Excellent!
Cher journal, hier après-midi, invité à l'émission "Les jeunes s'en mêlent" sur la Première (radio belge). Arrivé ultra à la bourre, me suis perdu dans les couloirs de la RTBF, studio 3J20, m'enfin c'est où? Le principe de l'émission est simple; comment les jeunes (enfants ou ados invités sur le plateau) perçoivent-ils l'actualité? Ils ont largement la parole, ont le temps de s'expliquer, d'exprimer leur vision et l'animateur David Lallemand est particulièrement juste et pédagogue, même s'il chipote souvent ses longs cheveux. Le sujet était les Européennes; comment voter, pourquoi, pour qui? Il y avait des politiciens sur le plateau (dont le néo-politicien Defossez, ex-journaliste RTBF) et leurs interventions étaient aussi complexes et nébuleuses qu'est la technocratie européenne elle-même. (Si c'est pas très français ce que je viens d'écrire, parle à mon cul.)
15/05/2009 | de David
Croissant luné
Cher journal, rallumez c'est pathétique.
06/05/2009 | de David
Journal enregistrement "BEAST"
Ici, dimanche. Londres.
Ferry, traversée de la Manche. Puis route vers Londres.
Nous y allons pour enregistrer notre prochain album. Nous y serons huit jours.
Au sortir du ferry, en Angleterre avec la voiture, l'adrénaline est montée en flèche; ces histoires de rouler à gauche, c'est quand même de la folie furieuse. Le premier rond-point, toujours ultra casse-gueule, au secours. Et dans Londres, perdus et paniqués, entre les coups de klaxon des autochtones et les bus autoritaires qui nous haïssent d'hésiter, l'adrénaline me sort par les oreilles. Pourquoi rouler à gauche?
Dans la voiture, la radio... Ai toujours pensé que la radio anglaise était la meilleure du monde... Et pendant 45 minutes, on a entendu que d'la merde.
Arrivés à l'hôtel. Sains et saufs.
----------------------------------------------------------------------------------------------------
Ici, lundi. Londres W10.
Cher journal, ici il pleut à saut, je déteste ça. Peux pas sortir, je hais les rhumes, les chaussettes mouillées, les cheveux humides et le temps triste.
Sommes donc dans le studio de Flood (producteur U2, Depeche Mode, PJ Harvey) avec Dimitri Tikovoi. Avons commencé la première chanson ("Animal"). C'est long.
C'est comme un pont; on ne sait pas combien de temps ça va prendre à construire, vu qu'on ne connait pas l'importance des eaux à traverser. On ne sait donc pas si on va se retrouver en Chine ou dans le jardin du voisin.
Dimitri s'est pris la tête toute l'après-midi; il souhaitait à tout prix développer une séquence via l'antique synthé Roland de Flood (synthé magistral de 1971 qui condamne un mur complet).
Compliqué à utiliser, mais quand les premières séquences sont arrivées, lancinantes, chaudes, rondes et hypnotiques, nous étions tous sur le cul.
----------------------------------------------------------------------------------------------------
Ici, mardi. Londres W10.
Sommes dans un Bed and Breakfast et la femme qui gère le lieu ressemble (de très loin) à Juliette Binoche.
Venons d'attaquer le second morceau ("Yo Heart") et j'ai mal aux oreilles.
Est-ce une façon inconsciente de dire "j'en ai plein les oreilles?", l'envie subconsciente de devenir sourd et ne rien faire/entendre/entreprendre?
Ce matin au studio tôt, Flood est arrivé.
Flood, le producteur et propriétaire du studio. Une inspiration.
Il a bossé sur les meilleurs albums de U2, PJ Harvey et Depeche Mode. Il a enregistré Bono sur "With or without you", il a enregistré le riff de "Personal Jesus" de Depeche Mode. Et aujourd'hui, il m'a serré la main. Ha!
(Teuk lui a dit: "Je connais ton nom, maintenant je connais ta tête".)
Ai lu ces phrases sur internet ce matin: "Être champion, c'est un parcours, une éducation, quelqu'un qui va au bout de lui-même. Il y a des champions méconnus, qui sont arrivés en demi-finale alors qu'ils n'avaient pas le talent pour cela, pendant que d'autres qui le possédaient n'ont jamais dépassé le deuxième tour. Il faut avoir envie de réussir, envie d'exister très fort. Pour certains, c'est la seule condition d'être entendus, vus, écoutés, aimés."
----------------------------------------------------------------------------------------------------
Ici, mercredi. Londres W10.
Comme on est pas sur la Côte d'Azur et qu'il pleut encore, nous sommes tous malades.
J'ai l'impression d'avoir deux oreilles. Mais du même côté.
Avons continué sur "Yo Heart" qui devient très dance!
Une voie s'ouvre entre ludique et dance qu'il va nous falloir négocier à un moment donné. Le ton de la chanson est un peu sombre (les paroles, le chant), mais le reste semble s'orienter vers du happy-happy/show-biz strass. Ce qui n'est pas une mauvaise chose. C'est juste qu'il faut trouver l'équilibre.
En y repensant... le meilleur exemple d'équilibre qui me vient à l'esprit, comme ça... c'est "Alexandrie Alexandra". On se souvient tous des Clodettes à moitié à poil et Claude François faisant "HA! AGH!" en montrant son cul. Mais ce que je retiens, c'est le texte sur la nostalgie d'une enfance égyptienne et la mélodie renversante. Mais je compare pas hein, je parle juste d'équilibre.
----------------------------------------------------------------------------------------------------
Ici jeudi. Londres W10.
Comme on tourne en rond entre les prises, on a tendance à bouffer comme des porcs. Par ennui.
Un p'tit brownie par ci, un p'tit café par là, une p'tite salade de fruit, un biscuit, un cake, un cheeseburger... Agh.
----------------------------------------------------------------------------------------------------
Ici vendredi. Londres W10.
Cher journal, hier, journée rude, avec "Since you called".
Ma vision du morceau défendue avec force et une conviction SANS FAILLE (épuisante).
Conviction malmenée par Dimitri.
A la base, une chanson simple: trois accords, bonjour-bonsoir, plié-serré.
Dimitri la voyait dance et black U.S., je l'imaginais blanche et européenne.
Commencé à m'énerver. Et à le montrer. Teuk essayait timididement de calmer le jeu. Il disait: "Dimitri, ça commence à ressembler quand même beaucoup à Justin Timberlake...".
Dimitri lui demandait: "C'est une bonne ou une mauvaise chose?".
Et Teuk, notre puriste, notre garde-fou, notre humble soldat de répondre: "... C'est une bonne chose parce que Justin Timberlake il est riche et il vend beaucoup de disques".
----------------------------------------------------------------------------------------------------
Ici samedi. Londres W10.
Flood vient d'arriver. A l'air sympa. Il a une belle voiture.
Il a écouté Jul faire une batterie, a chipoté ça et là et il est parti.
Hier soir, Catherine (l'assistante de Flood qui nous accueille pendant l'enregistrement) était au téléphone avec lui. Ai fait un excès de zèle (regretté immédiatement); je suis passé derrière elle et j'ai soufflé: "We're a better band than Soulwax!" (Flood a produit Soulwax...).
Ce matin, Flood, en montant dans sa voiture, il m'a dit: "You might be better than Soulwax indeed!". Ha!
Hier soir, nous sommes embarqués dans une chanson ambitieuse ("Horses").
La source du morceau est un petit thème "Electro-Atari" en dessous duquel j'avais une grille d'accords compliquée, gore, sombre. La rencontre du thème et des accords menaçants m'excitait. Mais en découvrant la chanson, Dimitri a fait la grimace.
Ai tout de suite dit: "Ne dis rien, j'ai compris".
Ai donc accepté sans joie de changer la grille d'accords, les basses et les guitares. Sans conviction.
Je ne comprenais pas la vision. Je trouvais ça mauvais. J'étais démoralisé et de mauvaise humeur.
Dimitri a pourtant persévéré sans prêter attention à mes théâtrales expressions d'agacement. Il a demandé à Julien de faire des percussions. M'a demandé de jouer sur un Solina vintage. Et là... soudain... la grâce!
Une atmosphère s'est dessinée.
Les guitares dégraissées de Teuk et le chant devenaient irrésistibles.
Entre percus indiennes, thème atari, langueur lynchienne avec des bribes new wave/cold wave et une impulsion à la Brian Eno... Emouvant, nostalgique et inclassable. Démodé donc très hype.
Jul est plus réservé, mais Teuk et moi pensons que nous tenons un morceau-phare de l'album.
(Je souligne ici la pugnacité et la détermination de Dimitri. Si je donne l'impression d'être sentimental, parle à mon cul.)
----------------------------------------------------------------------------------------------------
Ici dimanche. Londres W10.
On a terminé un gros morceau.
Je disais à Dimitri, je ne sais pas si c'est très mauvais ou très bien. C'est vital en tout cas. Et orageux ("Cinema Tech").
Aujourd'hui, dans le studio d'â côté, un monsieur très anglais, qui ressemblait à Long John Silver. Nous avons sympathisé et il nous a montré son studio.
S'est avéré être le producteur de tous les albums de The Cure de 1983 à 1993; Dave Allen.
Teuk sur le cul, il avait des étoiles dans les yeux et souriait béatement.
Lui, notre puriste, gros adorateur de Robert Smith, devant le producteur des albums de son idole!
Hier soir, Jul et Teuk sont allés faire party time avec Dimitri. Et ce matin, en me levant, je regarde Jul dans son lit, il avait une effroyable nouvelle coupe de cheveux! Je l'ai reveillé: "Putain Jul, tes cheveux!!".
Il m'a dit: "Oui... Je sais... Tu demanderas à la copine de Dimitri...".
Il ressemble à un punk qui serait passé sous un camion conduit par Morrissey.
Demain, retour Bruxelles.
----------------------------------------------------------------------------------------------------
Ici jour d'été sans soleil. Bruxelles. Peu après Londres.
Je surfe sur une bonne vague. J'ai de l'énergie. De l'entrain. Christophe (label boss) est content des chansons. Il est revigoré. Moi aussi.
J'ai une bonne énergie. Et la vaillance devant les obstacles.
----------------------------------------------------------------------------------------------------
Ici lundi. Bruxelles. Deux mois plus tard.
Nous commençons la deuxième salve d'enregistrement de notre album 5.
A Bruxelles cette fois. (Idée d'un titre pour l'album: "Creatures"?)
Dimitri arrivé hier soir. Il a fait déposer tout son matériel par un roadie venu de Londres en camion. Un aller-retour Londres/Bruxelles! Monstrueusement cher, mais son matériel est indispensable, je dois reconnaitre.
Charlie remplace Julien.
Il nous faut donc maintenant gagner sérénité et investir amitié en Charlie, lui assurer toute notre confiance, reprendre la route et gagner la belle.
Avons eu la chance de trouver Charlie rapidement.
----------------------------------------------------------------------------------------------------
Ici jeudi. Bruxelles.
Cher journal, j'ai peu écrit. Je suis tourmenté. J'ai des pics d'anxiété.
Je trouve que Dimitri manque d'énergie. Il avait plus de pêche à Londres.
Faut dire qu'il fait horriblement chaud dans la pièce principale et que ça provoque une somnolence chez nous tous et chez lui plus encore.
Charlie nous donne la pêche. Il se montre enthousiaste et affiche son bonheur d'être là. Il découvre les astuces et les secrets de fabrication de Dimitri.
Au début de la semaine, Charlie prenait ses repères et essayait de trouver sa place. Il avait aussi une compréhensible tendance à montrer sa technique; en résultait un jeu trop riche. Je ne disais rien, je lui laissais prendre ses marques mais au bout d'un temps, j'ai confié à Dimitri que Charlie jouait trop.
Dimitri l'avait noté aussi... Comment lui dire sans briser son élan?
Dimitri a cette idée: construire une cage autour de la batterie avec des couvertures pour l'oppresser et réduire sa marge de manoeuvre; un "abri" d'à peine deux mètres cube dans lequel Dimitri a placé des amplis qui reprennent PLEIN POT ce que Charlie joue.
Ce faisant, il n'a plus besoin de jouer dix notes pour dévoiler sa puissance; un seul coup de caisse claire repris dans les amplis le décoiffe.
Dès les nouvelles prises de son avec la "cage", Charlie pense moins à jouer et plus à respirer. Et il dégraisse son jeu grâce aux amplis 100 watts qui cognent ses reins.
Très, très efficace. Mais j'ai eu un peu de mal à adhérer à la méthode sans culpabiliser.
La frontière à ne pas dépasser serait d'y trouver un plaisir sournois. Et j'ai parfois peur de découvrir une malice dans l'oeil de Dimitri. Haha.
----------------------------------------------------------------------------------------------------
Ici vendredi. Bruxelles.
J'ai vraiment l'impression qu'on avance pas.
Frustration à tous les étages.
Teuk vit mal les longues heures d'attente. Pire encore hier, il a attendu six heures pour faire sa partie de guitare jouée en cinq minutes. Après ça, il a attendu six autres heures pour faire des ajouts dont on a finalement pas eu besoin... Agh.
Pourtant. Le morceau d'hier ("Head") est une tuerie. C'est très fort.
----------------------------------------------------------------------------------------------------
Ici dimanche. Bruxelles.
Hier soir, Christophe (label boss) arrive avec sa compagne pour nous faire manger.
Bougies et nappe, petit vin rouge, potage, légumes, vitamines. Woah.
L'ambiance semblait paisible mais j'ai soudain eu une vive altercation avec Dimitri. Vision diamétralement opposée.
Quand je dis "diamétralement opposée", c'est par exemple si j'écris dans un scénario "des enfants sont sous le choc parce qu'ils ont retrouvé un monsieur noyé", lui pourrait avoir envie de lire: "Les enfants ont noyé le monsieur".
Il a voulu faire arbitrer notre conflit par Teuk (pas concentré, il dégustait du vin en haut avec sa copine). J'ai explosé. Il a été surpris par ma colère, il m'a dit: "Sois pas vexé... On fait de la musique, on essaie des trucs...".
(Il aime bien me pousser à bout et voir comment je défends ma peau. )
Christophe a senti qu'il se passait quelque chose, il est venu me faire une bise et il m'a soufflé à l'oreille: "C'est bon pour ton égo...".
----------------------------------------------------------------------------------------------------
Ici mardi. Bruxelles.
Ce matin, Teuk a réenregistré le riff de guitare pour "Since you called".
Dimitri mi-content; il trouvait que Teuk mordait trop nerveusement le riff. Après réflexion, il m'a donc demandé de jouer la partie de guitare.
Dimitri semblait préférer la tenue "funk blanc" de Teuk. Mais en même temps, il trouvait que mes attaques étaient plus droites.
Ai dit à Dimitri: "En fait ce que tu veux, c'est la main gauche de Teuk et ma main droite!".
"Mais c'est une SUPER IDEE!" s'est-il enthousiasmé!
Et de fait, nous voilà scotchés l'un à l'autre avec Teuk, sur une même guitare, lui de jouer les notes et moi de gratter. Dimitri rayonnant de plaisir et de malice. Il nous mitraillait avec son appareil photo.
"Ca va être compliqué à jouer en concert..." a fait remarquer François.
----------------------------------------------------------------------------------------------------
Ici jeudi. Bruxelles.
Sommes en train de faire des choeurs.
Avons appelé Mélanie, une chanteuse jazz à voix grave et sensuelle.
Les prises se font dans une petite cabine au studio. Elle a retranscrit les notes et comme je sais pas lire la musique, elle me donne des indications avec sa main comme une institutrice.
Avons fini une chanson qui me tord le ventre ("23 Find We Belong"). J'aurais pu l'écouter toute la journée. Ce chanson me fout des poils de bras partout. Dimitri enregistrait les parties de batterie, c'était magnifique. Selon moi la plus belle chanson de l'album. La plus orageuse, la plus forte. J'ai jamais chanté comme ça. C'est vraiment beau. Je suis reconnaissant à la vie. Je remercie la vie. Je me suis épanoui sur ce morceau. Je remercie l'énergie intérieure qui m'habite et qui m'a dirigé vers ce moment, cette grâce.
Tout ce qui gît dans l'inconscient veut devenir évènement.
----------------------------------------------------------------------------------------------------
05/05/2009 | de David
Teasers SHARKO, ouais
WAF! Présente SHARKO "Dance on the Beast" - TEASER 2 from WAF! on Vimeo.
Pour la sortie de notre album, nous collaborons avec Waf!, une équipe spécialisée dans la capture d'images destinées à une diffusion sur le net, créant un "buzz" annonçant la sortie de l'album avec originalité par le biais de capsules vidéos destinées à être mises en ligne et erm blabla..., j'ai perdu le fil de ma phrase, je ne comprends rien à ce que j'écris.24/04/2009 | de David
Nouveau site
Cher journal, tu as tout changé tes habits!
17/04/2009 | de David
Teaser
01/03/2009 | de David
Oscars, Césars et Victoires
J'ai pu enfin voir les Oscars. Quel spectacle magnifique. Superbement filmé, mis en lumière, une célébration du métier sans mépris (très américain) et ultra-professionnelle. T'as vu les films ou t'as pas vu les films, t'aimes ou t'aimes pas, parle à mon cul. Que ce soit pas rock'n'roll, je discute même pas. Mais l'absence de malice ou d'attitude négative était plaisante.
Le lendemain, les Césars, ouf tout le contraire. Cher journal, je sais ce que tu vas me dire: ça a du charme.
Oui mais non. L'humour stérile, les interminables tunnels d'ennui soumis par les gagnants blabla et pire encore les présentateurs qui prolongent sans fin.
Et toutes les belles émotions de flétrir...
Hier enfin, trente minutes des Victoires de la musique. Une torture.
Le mépris général. Les flottements, la froideur polaire. Ouille.
Et un réel malaise physique devant le gouffre Saez. Son attitude, l'offre morbide, l'auto-complaisance, agh. Bigre.
26/02/2009 | de David
Oui c'est vrai= woaw
A 14 ans, j'étais beaucoup plus intelligent que tout le monde.
Cher journal, j'ai vu le nouveau clip de Depeche Mode "Wrong" et= WOAW.
Cher journal, j'ai écouté notre album enfin mastérisé avec la photo de la pochette sous les yeux et= WOAW.
Cher journal, (attention Monsieur Cinéma ici) ai vu "Doubt" avec Meryl Streep et l'autre gros blond-là. Fabuleux. Juste. Pointu et précis. Filmé comme la pièce de théâtre du même nom mais sans JAMAIS être chiant, ce qui relève du miracle. Aurait pu virer au vieux téléfilm à la Columbo mais c'était sans compter l'ingénieuse mise en scène. Grosses réflexions après le film sur les convictions intimes et les instinctives certitudes. Sur la foi, l'invincible sensation que ce qu'on fait est pour le bien d'autrui alors que ce n'est que le tamis de son auto-destruction (si je suis trop compliqué, parle à mon cul).
M'a rappelé "Into the Wild" et la descente aux enfers d'un esprit sûr de sa bonne conduite. Donc "Doubt"= WOAW, WOAW.
25/02/2009 | de David
J'ai la rage
Demain, je vais me faire tatouer: "Oui bonjour, je suis enragé. Au revoir."
Notre album s'intitule "DANCE ON THE BEAST". Il sortira en avril.
L'importance de la "bête" et l'importance de la danse?
J'aurai bientôt tout loisir d'écrire ici même tout le bien que je pense des 11 chansons qui constituent l'album. (Que dis-je? Des 11 perles. Des 11 grandes oeuvres! Que dis-je? Des 11 pièces maîtresses, ouais. Que dis-je? Des 11 cakes de vieux con, ouais. Que de la merde. Nan, j'rigole, c'est un super album, je suis très content.)
En attendant, attention Monsieur Cinéma ici; ai vu "Milk".
Impossible de dire si j'ai aimé ou pas. J'ai envie de dire que j'ai pas aimé. Mais j'ai envie de dire que j'ai pas aimé pas complètement. Des scènes m'ont fait chier. Des trucs m'ont insupporté. Mais il y a des choses émouvantes. L'histoire est déjà peu banale. Déjà.
J'avais vu, il y a quelques années, le documentaire sur le vrai Harvey Milk. J'ai jamais pu oublier son regard et son sourire.
Sur le nouvel album de U2, il y a une chanson qui fait mais vraiment me fait quand même penser à Fleet Foxes. Vrèèèèment.
Le chant, le texte, la mélodie... Bigre. Et la chanson s'appelle... "White As Snow"! Ouille.
21/02/2009 | de David
Wrestler
Attention Monsieur Cinéma ici.
Ai vu "Wrestler", ai adoré oui. Même si la longue scène avec la fille ado est aussi larmoyante qu'inutile.
(Dans l'appart de la fille, un poster de Vampire Week End!)
J'ai presque pleuré devant la force vitale de croire au rêve pour ensuite livrer ce rêve à la réalité crue et glaciale.
Ca m'a trop rappelé les concerts quand on se tape des heures de route pour se retrouver dans un no man's land avec des deux zombies et trois pelés.
Monter sur scène quand même, faire don de soi comme si on était à Wembley et sortir avec le panache d'avoir bataillé le moral.
Donc, "Wrestler", oui, je me suis projeté. Ah oui.
Mais la grâce n'est pas chez Mickey Rourke (Attention Monsieur Cinéma ici!). Non, la grâce se loge dans cette actrice de 44 ans, belle comme jamais, magnifique et superlatifs sans compter; Marisa Tomei (la strip-teaseuse). Elle m'a donné envie de vivre, de soigner mon corps et tenter le pole dancing.
C'est dire si elle m'a convaincu.
18/02/2009 | de David
Tours intime
Ai fait un concert solo dans une petite salle sympathique ("Festival de l'Intimité" à Tours en France). Et j'écris ces lignes toujours sur le cul d'avoir vu ce que j'ai vu.
En début de soirée, une ancienne Miss France, Mareva Galenter (aussi à l'aise là qu'un poisson dans un fishstick). Faisait des chansons sombres avec une attitude rayonnante, comme si elle faisait play-back chez Michel Drucker, léger paradoxe.
Après elle, la révélation: un très jeune chanteur de Saint-Etienne; Sliimy, furieux mélange de Mika, Prince jeune, Michael Jackson enfant, Lily Allen, Christophe Willem chevelu et Boy George maigre.
Seul avec un ordinateur et un guitariste, il a mis le feu avec ses chansons incroyablement catchy et sa fraicheur innocente bienvenue. La simplicité, le bonheur, l'enthousiasme qu'il dégageait, j'étais sur le cul. Je n'arrêtais pas de me dire: "Putain, il pourrait être numéro 1 dans les charts anglais dans six mois!"
Après moi, un jeune homme furieux comme un animal sauvage ("La Parade de Gatchien"), seul en scène, il jouait de la batterie avec ses pieds, de la basse avec sa main gauche et de la main droite du synthé, tout en hurlant sa race au micro.
Intense et fou.
(Quant à moi, j'ai joué comme une merde. J'ai ramé comme un dératé pour rester sérieux, concentré et immergé: impossible. Une disgrâce.)
Cette soirée m'a fait un bien fou. Une cure de jouvence.
Les idées aperçues là, défendues avec enthousiasme, simplicité et coeur m'ont ressourcé. Sommes en train de répéter le nouveau live pour nos concerts printemps-été et j'ai compris que 500 amplis Marshall et 100.000 watts de lights ne serviraient à rien.
16/02/2009 | de David
Pensée de Clifford Stoll
"Parler du futur? Moi, je ne peux pas. Je suis qu'un vieux con.
Par contre, si vous voulez savoir ce que nous allons devenir dans un futur proche, ne vous adressez ni à un politique, ni à un professeur, ni à un technicien, ni à un technologiste "à la pointe", non. Si vous voulez savoir comment sera la société dans vingt ans... allez voir un(e) maître/maîtresse de maternelle. Et si possible un(e) qui a de l'expérience.
Eux, ils savent à quoi ressemblera la société dans vingt ans, ils savent.
Bien sûr, nous ici, on peut tous imaginer qu'il y aura de chouettes nouvelles technologies et des super gadgets!
Mais la question que je me pose plus précisément, c'est... dans quelle société serons-nous? Quand je note l'avance des jeunes enfants sur la technologie, leur facilité devant un ordinateur, leur dextérité dans l'envoi de sms, dans la manipulation d'un magnétoscope ou d'une télécommande...
Eux, ces enfants, ils n'iront pas au bowling ou ils feront moins de balades découvertes dans la nature... Ils seront devant leurs laptops. Donc, la société dans vingt ans, ce sera quoi?"
04/02/2009 | de David
Nouvel album
Cher journal, je sais que je ne t'ai RIEN dévoilé sur notre prochain nouvel album. Nouvel album qui me bouffe la tête depuis presque deux ans. Deux ans où j'ai volontairement gardé sous le coude les anecdotes. Anecdotes qui seront mises en ligne très bientôt. Bientôt, en effet un nouveau site. Site que j'espère sexy, profond, excitant. Excitant comme les 11 nouvelles chansons de l'album. Album qui sortira bientôt.
Bientôt, je dirai tout de l'enregistrement. Enregistrement qui fut épique et complexe. Complexe comme le fût le mix. Mix interminable durant lequel j'ai failli partir au Mexique dans un temple en forme de pyramide en escalier. Escalier qui a mené au mastering. Mastering réalisé dans la foulée. Foulée vive et tracassée d'un char. Sharko qui sort un nouvel album.
03/02/2009 | de Teuk
In Charlerloi
Quand un flamand chante sur Charlerloi.
http://www.youtube.com/watch?v=MjaKlX3fCeQ
(c'est Tom Pintens de Zita avec son nouveaux groupe).
ps.: le clip est nul.
th
01/02/2009 | de David
Fleet Foxes
Fleet Foxes. Rien à faire, j'écoute ce disque en entier au moins trois fois par jour. Les mélodies doucement surprenantes. Des parcours mélodiques hors sentiers battus, mais sans malice; pas pour désorienter, juste pour tenir en éveil.
Les voix. Le son. Le bon vent. Les structures. Les petites complexités qui interpellent l'intelligence. Je me sens transporté quand j'écoute ce disque. J'me sens comme si j'étais avec des filles à poil au soleil, de bonne humeur, à côté d'une baraque en bois qui donne sur le Pacifique. Ou alors à la neige dans un chalet tranquille, toujours avec des filles à poil autour d'un bon feu avec des bûches en suffisance et des sourires sur les visages. De la tendresse. Et des filles à poil.
(Par ailleurs, hein et sans être méchant, j'écoute le nouveau The Killers et je m'emmerde après 40 secondes.)
25/01/2009 | de David
Slumdog
Attention Monsieur Cinéma ici.
Slumdog Millionaire. Et merde. J'ai pas aimé.
Et merde, me voilà isolé du reste du monde, me voilà grincheux, grumpy, vieux con, tout ça parce que j'ai pas aimé LE film embrassé par les critiques unanimes. Shit.
Pas aimé le personnage adulte dont le manque de charme, de charisme et sympathie m'ont rappelé mon pneu de vélo à plat.
J'suis pas rentré dans le film, j'suis pas rentré dans le film, hein c'est comme ça...
Faut dire que l'acteur répugnant qui joue le présentateur télé ne m'a pas aidé. Il joue comme un cake. Tout comme les policiers au poste, Sergent Garcia et l'autre Columbo là. Des cakes.
Ai pas compris l'histoire des yeux, pas compris l'histoire du frère, ni l'histoire du pistolet. J'étais dans un mauvais jour.
Un mauvais jour, c'est quand t'as l'impression que toutes les minuscules erreurs du film te sautent à la gueule. Comme le plan où la fille n'a plus son bijou et le plan d'après, le bijou réapparait. Ca te saute à la tête et tu prends trois bonnes minutes à t'en remettre. C'est ça un mauvais jour. Une hyper-sensibilité exacerbée par une pression inconsciente de trouver ça super bon. Et merde.
23/01/2009 | de David
Kate Winslet
Journal, je te méprise. Mais je me dois de plume prendre. Car.
Hier film. (Attention Monsieur Cinéma ici.)
"Revolutionary Road".
Sur le cul, plus bas que terre, si j'avais eu encore des sels minéraux, j'aurais pleuré tout mon coeur. J'étais décimé.
Anéanti jusqu'à 3 heures du mat'. Hanté par le ton du film. L'éclat de Kate Winslet, d'une justesse inouïe. Je l'ai détestée dans d'autres films, mais c'est ici du fort bel ouvrage...
Quant à DiCaprio, qu'il l'ait/eût souhaité ou pas, il incarne à la perfection un homme sans couilles, et qu'il est difficile de jauger la mesure de son talent.
Est-ce un rôle de composition? Est-il castré par le génie de Winslet ou sublime t-il dans une grâce infinie l'individuation d'avec son personnage?
Difficile de mesurer la grandeur d'un âne monté sur un pur-sang.
Mais quel justesse...
Aussi été pétrifié par les 30 dernières secondes du film, celles qui semblent durer une éternité... Pé-tri-fié.
Ai senti une angoisse crue. Moins cérébrale que dans un film de feu Kubrick et moins gratuitement tordue que dans un film de Haneke. Sommet de justesse.
Une nausée m'a envahi que j'aurais assimilée à l'impact du chef-d'oeuvre subi si je n'avais passé ma soirée à manger des chips à la cacahuète.
01/01/2009 | de David
2009
Journal, je te souhaite une année à mon image: sexy et fantasque.
La mélodie la plus jouée au monde, c'est quoi?
Non, pas "Sweet Protection" de Sharko. Non, pas "Yesterday" des Beatles non plus. Non, pas Coldplay, non.
C'est une mélodie écrite par un monsieur qui s'appelle Francisco Tárrega Eixea (né en 1852, mort en 1909). Ca s'appelle "Valse Grande" et elle est jouée ci-bas après 15 secondes de cette vidéo:
C'est la sonnerie des téléphones Nokia depuis toujours.
850.000 téléphones la jouent chaque jour. Cool, non?
!nǝɾpǝp 9002 ǝéuuɐ ǝuuoq
19/12/2008 | de David
Clap hands
Reçu ceci ce matin:
Lors d'un concert de U2 en Angleterre, Bono a commencé à frapper dans ses mains:
-“Every time I clap, a child is dying in Africa”.
Dans le public, une voix: “Geez, stop clapping your fucking hands then!”.
Drôle hein?
04/12/2008 | de David
Passage obligé
Fantaisie. Humour. Anxieux. Cul.
Calme. Enfance. Maille. Adrénaline!
Le zen, je n'y crois pas. L'homéopathie, je n'y crois pas.
Y a moins d'hypocrisie dans l'alcool.
Vous voyez?
Les religions. Le rock est-il une religion?
Le nazisme. Une religion?
L'astrologie. Une forme de psychologie.
J'aime bien les voyants. J'allais voir des voyants quand j'étais jeune. Et ça m'éclatait.
Je pensais à tout ça sur la route...
Passage obligé.
L'autre soir, perdu sur la route donc.
Dans une punto dégueulasse avec des papiers de chocolats rouges partout. Sans GPS, à me tortionner pour comprendre les sorties. Sans radio, parce qu'on me l'a volée. Sans Ipod parce que les écouteurs blancs y tiennent pas dans mes oreilles. Perdu.
Soudain une sortie, mais une sortie de Judas; une sortie qui donne vers une autoroute.
Bref, me voilà dans une ligne forgée, une ligne droite vers pas ma direction du tout. Me voilà obligé de faire quoi? Vingt kilomètres vers là où je veux pas aller. Merde.
Passage obligé. Comme dans la vie. Parfois.
Ca me saoule les gens qui disent "Ben t'avais qu'à sortir! Agir Neuneul!" Ben non. Passage obligé. Mordre sur sa chique et attendre. Passage obligé.
04/12/2008 | de David
Alain Delon
Moi, Alain Delon; sale image. J'étais pas là du temps du "Guépard" ou de "Klein". Je le connais mal. Les guignols, oui. César dans Astérix, oui. Alain Delon, imbu de sa personne, oui. Alain Delon qui transpire de la moustache sur les plateaux de Fogiel, oui.
Bref, sale image.
L'autre soir, je tombe là-dessus:
http://fr.youtube.com/watch?v=KW91OJ5OY0M
Et les larmes aux yeux. Le personnage. Le regard. L'accent. Son regard de fauve, pointu. Son magnétisme. Sa sale gossitude. L'humilité ou l'infériorité de l'américain face à lui. L'américain, pensait-il "Putain, ce beau français, il charme les femmes!"? Faut voir ça! Un animal. Un document.
25/11/2008 | de Teuk
Quand gainsbourg se barre, gainsbarre se bourre
Le truc avec le ballon!
http://www.youtube.com/watch?v=pUWZDwFc6u4
th (merci SQ)
06/11/2008 | de David
Fais-moi penser
Fais-moi penser que je dois consulter, j'ai des frissons tout le temps.
Fais-moi penser que j'ai un album à finir.
Me tape sur le système. L'impression d'être une mule sur un char à voile dans un escalier d'une maison hantée. Evidemment, fais-moi penser qu'il n'y a pas de vent dans une maison hantée.
Fais-moi penser que je suis d'une simplicité folle à la base. Fais-moi penser que je ne suis pas fait pour le protocole, le Monsieur Diplomate en moi ne pointe en effet le bout de son nez que par accident.
Fais-moi penser que j'étais au Cirque Royal avec Julien Doré et fais-moi penser que j'étais tout chose quand il a entamé "I need someone" avec sa voix au bord de la falaise.
Fais-moi penser que je dois faire un "DJ Set" bientôt et que je suis à deux doigts d'y passer la musique des Aristochats ou le "Carrot Is As Close As A Rabbit Gets To A Diamond" de Captain Beefheart. Par provocation, fais-m'y penser.
Fais-moi penser que je n'ai pas cru à l'élection de Obama parce qu'à la lecture du ticket "Obama/Biden", mon cerveau en proie à une dyslexie paresseuse lisait de fait "Oussama Ben Laden". Fâcheux mais systématique.
Fais-moi penser que j'ai vu le dernier film des frères Cohen et que j'ai préféré Ratatouille. Fais-moi penser que Mesrine était fou et qu'il n'était pas fragile des nerfs.
Fais-moi penser que je perds mes cheveux et que je dois absolument me laisser pousser une mèche-crêpe non négligeable à rabattre sur le crâne à la Valéry Giscard d'Estaing qu'on rigole.
Fais-moi penser que j'aime la vie. Finalement.
Fais-moi penser qu'elle adore mes guilis.
Rappelle-moi qu'en novembre 2005, j'ai reçu cette démo d'un ami au fort accent vosgien, qu'il nous aura fallu douze saisons entières pour la faire naitre et y poser ma voix. Fais-moi penser que ce vaste casse-tête passe désormais à la radio sous le nom Variety Lab et fais-moi penser que je suis heureux que cette chanson/mule se soit transformée en étalon à la foulée gracieuse et prometteuse.
Fais-moi penser que je dois y aller.
12/10/2008 | de Teuk
Gigi
Pour la même raison Gigi interdit de chanter: No Contest, I'm the Best. Hahahahahahahahaha.
(ri toujours). th
11/10/2008 | de David
Groupe de pédés
Lu cet article sur Gigi Becali, président du Steaua Bucarest (club de foot roumain).
Charismatique, terrifiant, fou, violent, méprisable, roublard, brutal, milliardaire, dangereux, grossier,... Gigi Becali "interdit à ses joueurs de chanter l'hymne de la ligue des champions ("We Are The Champions") avant les matchs européens au prétexte que Queen est un groupe de pédés."
Fort ri.
10/10/2008 | de David
Berlin
Berlin.
Avant de partir, nous pensions: "Chouette, c'est l'Allemagne! On va pouvoir rouler à du 250 km/h et ainsi tester notre résistance aux kilos G!".
C'était sans compter les embouteillages systématiques, les sévères limitations de vitesse et les travaux dantesques qui feraient presque passer l'E40 pour une aire de saut à ski.
Mais je m'éloigne.
Berlin, et feu son mur.
Le Popkomm: me suis demandé pourquoi une organisation aussi vaste offrait de telles lacunes logistiques.
C'était trop brutal.
Avons joué un set trop violent. J'aurais dû souffler et rester cool.
A peine sorti de scène, je me suis fait agressé par notre éditeur qui a voulu résumer en 3 minutes toutes les pensées qu'il avait pu réunir en toute une après-midi. Ce qui m'a laissé un goût de fer dans la bouche, comme si un train de marchandise m'était passé sur la gueule.
Dans l'immense cour qui menait à la salle, il y avait des stands à hot-dog et autres saucisses de Francfort. Et Lambert de me rappeler cette hilarante anecdote: alors que nous fûmes à New York-Central Park, cherchiasses le Dakota Building; bâtisse où John Lennon vécut et devant lequel il fût abattu; large bâtiment qui servît de décor au "Rosemary's baby" de Polanski; dont l'épouse Sharon Tate allait finalement marquer mon imagination et nourrir mes cauchemars; bref, eûmes un mal fou à nous faire comprendre par ces new-yorkais speedés; le sommet de notre déroute linguistique ne fût-elle pas quand devant une aubette à hot-dog, notre zélé Lambert osa un "Can I have hot-dog pliize?" et qu'une bouteille d'eau lui fût servie.
Son désarroi lorsqu'il m'interroga: ""Hot-dog" en anglais, c'est "hot-dog" non?".
06/10/2008 | de Teuk
La crise blablabla
La crise, ça vous échappe? Si ça peut vous aider:
http://lacrisepourlesnuls.blogspot.com/
De rien,
th
22/09/2008 | de David
Barcelone
Si Señor.
Sommes en Espagne et sur les claviers d'ordi espagnols, on peut faire ça:
Ñañaña¿¿¿¿Lalañañaña viva España¿¿¿¿ Lalala viva España¿¿¿
Chouette non?
17/09/2008 | de David
Bozarométro
Nonchalance.
J'adore cette notion, à la limite.
J'adore l'idée du Muzikométro. J'ai fait ça quand j'étais tout bébé, à savoir faire la manche dans le métro à Bruxelles, à Londres, ailleurs aussi. Réellement magique quand le public s'immerge.
Moi, à la limite, ça m'ferait pleurer. Un peu comme dans les westerns des années 50, quand la cavalerie arrivait avec petite trompette pour secourir les faibles en péril.
Une jeune fille a filmé ceci:
http://www.youtube.com/watch?v=2z0u4yc99aM
et c'est la magie dont je veux parler à la limite.
Les gens... Ils hurlaient! Woah la générosité!
Ca résonnait à fond dans De Brouckere, à fond!
Des petits gars du Maghreb qui voulaient à la limite nous chambrer, haha, j'en ai aperçu quatre, ils étaient à la limite sur le cul. Plus encore: un couple vraisemblablement sans-abri, tous deux éméchés, à la limite, après un chapelet d'insultes proférées envers une jeune maman, se sont enfin apaisés pour chanter. Enorme kif.
La veille, le "finissage" de l'expo aux Beaux-Arts. Ouais, ouais.
Je m'attendais à la limite à un truc prout-prout avec à la limite des B.V. au champagne, qui allaient à la limite nous mépriser.
Mais non, c'était à la limite bien. Beaucoup d'improvisations.
A la limite.
Un "Trip" à la limite explosif, ça allait tellement à la limite fort que les vitres tremblaient derrière à la limite nous. La pièce résonnait comme une boite de conserve à la limite vide et j'ai fait un limite acapella sur "I need à la limite someone" et c'était humain. A la limite. Car moi-même, je me sens humain. Finalement.
Juste à la limite après nous, le groupe "Hong Kong Dong".
J'ai à la limite adoré.
Sérieusement maintenant.
Ces jours-ci, nous répétons avec un batteur (Laurens) qui remplace pour deux concerts Charlie (en vacances) qui a lui-même remplacé Jul.
Ce sang nouveau me revigore comme une crêpe norvégienne claquée après un footing de 15 km sous la neige.
Laurens est flamand. Ce qui nous ouvre un peu l'esprit et offre une perspective nouvelle sur notre musique. En revenant de repet', je disais à Teuk, en vrai sage que je suis: "Teuk, jouer avec un flamand, qui est dans le circuit flamand depuis des années... le voir afficher sans mépris un enthousiasme vibrant pour notre projet, le voir prendre son pied sur nos chansons... ça me ferait presque pleurer, dis. A la limite."
11/09/2008 | de David
Souris!
Je revenais du studio. J'étais à cran. Mort fatigué. Epuisé.
4 heures du matin. M'suis affalé sur mon lit. Relâché la pression. Ai tenté en tout cas.
Ai entendu un petit bruit dans la cuisine.
Ai ensuite entendu un petit bruit sur la gauche de mon lit.
Ai tourné ma tête pour découvrir l'immonde: une souris, sale et noire me regardait. Geste d'effroi. Cette sale pute s'est glissée sous un meuble.
Comme j'crevais de peur, j'ai pris ma couette pour me réfugier dans l'autre pièce et là, deux autres ombres furtives se sont dérobées sous mes pieds vers le canapé. Aaaaaaaaaagh!
Ai été dormir dans la voiture.
Je croyais être à l'abri, mais à l'aube, des flics sont arrivés, ont frappé à la vitre, et m'ont demandé comment j'allais.
"On a reçu un appel du voisinage. Vous avez trop bu et vous ne vouliez pas prendre le volant?".
J'ai répondu "Exactement!" en ayant fort peur qu'il découvre que j'habite dans la rue. J'pouvais pas dire "Non, en fait, j'ai vu une souris dans mon appart' et cette grosse vache me fait super peur et je sais pas dominer ça et donc je dors dans ma voiture..."... Je me voyais déjà en prison.
Grave quand même. C'est interdit de dormir dans sa voiture?
Le lendemain, ai acheté une quinzaine de tapettes, à glue et à ressort, du poison, deux émetteurs d'ultrasons, de la mousse PVC pour les trous, quatre bidons de javel, et Ratatouille ou pas Ratatouille, j'suis parti au massacre.
04/09/2008 | de David
Le dictionnaire
Je comprends que l'émission "Le jeu du dictionnaire" est suivie par un large public. (J'avais sous-estimé. Aïe.)
En effet, dis, depuis lundi et la diffusion des émissions enregistrées, je reçois mails et courriers abondants: des connaissances d'écoles de quand j'étais jeune, des connaissances perdues de vue, des connaissances émues, des connaissances surprises, des amusées, des connaissances que j'aurais souhaité oublier aussi. Haha.
Parmi ces mails, un monsieur curieux, amusé. Il s'appelle lui aussi Bartholomé et il me demandait si j'étais de sa famille.
J'ai répondu: "Papa? C'est moi!".
01/09/2008 | de David
Des housses
Ce matin, nous discutions avec Charlie. Il me dit en installant sa batterie: "J'ai un problème avec des housses".
Et mon imagination de faire un bond:
"Et si nous faisions un groupe de reprises de dEUS, on s'appellerait "Des housses" et on ferait du playback en utilisant uniquement des housses d'instruments. Ce serait cool, non?"
31/08/2008 | de David
1-2-3-4
Un soir, j'ai reçu un mail mystérieux me conseillant de visionner cette vidéo:
http://fr.youtube.com/watch?v=9C4e83Mq3EE
A regarder jusqu'au bout. Une surprise est à la clé.
30/08/2008 | de David
Jeu du dictionnaire et Beaux-Arts
L’autre soir, enregistrement du «Jeu du dictionnaire» (émission très populaire de la radio belge) au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.
Ils enregistraient quatre émissions dans les conditions du direct (et en public) dans la magique salle Henry Lebœuf. Nous étions les invités de la semaine.
Mythique salle. «Hantée».
(C’est un peu notre «Olympia» à nous, hein comme on dit.)
Des milliers d’artistes...
Dans cette salle, depuis des lustres, sont jouées les célébrissimes finales du Concourt Reine Elisabeth.
Tous ces talents, tant d’émotions. J’étais épris.
Juste avant de monter sur scène, un des chroniqueurs de l’émission s’émerveillait: «Ecrire des calembours sur un bout de papier et puis un jour se retrouver ici…».
«C’est très belge» ai-je soufflé...
Les émissions sont enregistrées à la file, ce qui semble vite surréaliste et nécessite des efforts pour maintenir fraicheur et spontanéité. Les chroniqueurs rivalisent de bons mots, font des sketchs et des parodies. Les reparties fusent et en tant qu’invité, il m’est difficile de me positionner. Mécanique trop bien huilée.
Si je la ramène, je sens les œillades «Pour qui il se prend ce con» et quand je la ramène pas, je sens que je plombe l’ambiance.
Bref, un chien devant une balle magique.
Le gros kif de la soirée, ben c’est évidemment de pouvoir jouer quatre chansons (une par émission) en acoustique avec Teuk. Woaw. Magique.
Pendant «Sweet Protection» (jouée intense et obscure), j’observais la loge royale (inoccupée, je rassure ma mère), le public et les ornements.
Des frissons.
J’imaginais les glorieuses soirées du Concourt et les longues standing-ovations qui ont changé des destins. J’imaginais les belles robes et les femmes à poil, l’éloquence de l’aristocratie et les grosses prouts dans les velours épais. J’imaginais toutes ces âmes enjouées, les intenses et les grâces.
Juste avant l’émission, la chance de pouvoir visiter l’exposition des Beaux-Arts (qui justifiait par ici la présence de la radio): «It’s not only rock’n’roll babe».
Au concept hautement excitant: un artiste contemporain du monde du rock a bénéficié d’une totale liberté pour aménager à sa guise une des salles du palais.
Sans surprises, Brian Eno, Laurie Anderson et David Byrne en sont. Yoko Ono. Mais aussi d’autres comme Coco Rosie, The Kills et Pete Doherty...
J’étais un peu... disons abattu. Je surfais entre déception et étonnement de voir aussi peu d’audace. Las. Trop peu de brillantes idées et trop de conformisme. Je m’attendais à plus d’inventivité. Même les plus audacieux n’ont pas échappé aux petits dessins trop bien encadrés et alignés.
Agh.
Je surfais, je naviguais et mon cœur battait de plus en plus fort. Oui!
Je rêvais, bouillonnant: «Putain, moi, si on m’avait donné une salle du palais et la liberté insolente qui va avec… Mais je m’y serais installé pendant des semaines!! Enfermé à faire des trucs INSENSES nom de djeuh! A faire bamboula, fiesta, feux d’artifice et graves esquisses. Petits dessins, gros dessins, moyens dessins. Des compressions, des expressions, des dépressions! Des collages. Des déchirures. Des fractures. Du plâtre. Des pizzas devant la télé. Des éclairs. Des éclaircies. Putain, mais on aurait dû me faire sortir de force au pied de biche!!».
Agh. C'est comme ça.
29/08/2008 | de David
Sakifo Festival
Ile de la Réunion - Festival Sakifo:
ça va être difficile de ne pas crouler sous les superlatifs poreux…
Mais c’était inespéré et paradisiaque.
Aéroport et avion avec les Coco Rosie et Cali.
Les soeurs Coco Rosie, l’aînée (celle qui porte des bottes en caoutchouc l’été) elle a passé son temps à embrasser son pianiste et l’autre sœur (celle qui se laisse pousser la moustache) elle a passé son temps à faire la gueule. Cali accompagné notamment du très élégant Richard Kolinka (ex-batteur Téléphone).
Après 11 heures de vol interminables, prenons le bus, traversons les brûmes énigmatiques de l’île et arrivons enfin à l’hôtel. C’est immensément beau.
Les palmiers, la super piscine super belle, les super bungalows, l’océan magistral à 200 pas.
Nous y rencontrons les Moriarty et profitons de la vie. Paradisiaque.
J’ai pas cherché à faire l’aventurier, j’ai juste posé mon cul et fait parade au soleil.
A côté de moi, à la piscine, une petite brune souriante. Je me dis: «Ca y est, elle m’a reconnu, je suis à l’aise nulle part quand même…». Je lui retourne son sourire… C’était Olivia Ruiz.
Elle était là avec Dyonisos.
Bigre.
Le soir, cocktails magiques, repas local curry-grosse prout et bain de minuit.
Le lendemain, en arrivant en mini-bus sur le site du festival, une église. Sur la façade de cette église, une croix gammée.
Je sais, je suis pas neuneul hein, même si à l'origine la croix gammée est un «symbole indien pourvu de vertu bénéfique» n'est-ce pas, ça reste toujours un choc.
La scène où nous allons jouer est en face de l’océan.
A 100 m de la plage! Brisa Roché y trempe ses pieds!
(Jamais vu autant de policiers et de mecs de la sécurité sur un site de festival. Même au Paléo suisse, ils sont moins nombreux.)
Au plein milieu du soundcheck, tous les techniciens et les assistants nous délaissent à l’foufelle pour courir vers la plage. Ils hurlent: «Les baleines, venez voir les baleines!». Et de fait, des queues des baleines apparaissent et leur souffle en arrosoir à 50 mètres de nous émerveiller. Le temps suspendu.
Teuk joue ce soir sur une Gibson SG de location. Il est beau et ressemble à un Angus Young local n’golo n’golo.
Charlie («Monsieur 300%» qui remplace Jul à la batterie) joue sur un magnifique kit pourpre métallisé du plus bel effet.
Concert : ô énergie, ô joie.
Après la fin du concert, alors que nous allions nous bourrer de rhum et draguer les petites pépés avec nos gros cabots, notre solide François a fait un malaise et est tombé dans les pommes. Nous avons donc passé notre soirée à l’infirmerie. Inquiets, nous pensions au chicungugna et/ou au palu et/ou la malaria.
Ce n’était heureusement qu’un vilain coup de chaud.
Retour hôtel, dernier tour de piscine, bagages et aéroport.
Cali, dans l’avion, il regardait «Kung Fu Panda».
28/07/2008 | de David
Paléo
Vers la Suisse. Le Paléo. Enorme festival.
Le peur au ventre.
Tombés d'cheval aux Charrues, il nous fallait se remettre en selle vite vite vite.
Dans le van, Lambert Roo (notre ingé-son s'il en est) inspiré.
Il détendait l'atmosphère avec ses annonces scientifiques insondables. Il est un peu fou-fou comme ça.
Il nous a expliqué que "le diamètre de la terre était plus grand à l'extérieur qu'à l'intérieur".
Le temps que je comprenne la poésie et la complexité de cette phrase, nous étions déjà à Lyon.
Lambert vient avec ces magnifiques plages de réflexions, telles "E=MC2" comme semble l'avoir compris Mariah Carey ou encore la raison pour laquelle 60% des aveugles préfèrent le Pepsi au Coca et 80% des non-aveugles préfèrent le Coca au Pepsi.
Vers la fin du trajet, par ennui abyssal, avons joué à "Il ou Elle?".
Les questions de Lambert furent: "Est-ce que IL est serbe?", "Est-ce que le papa de IL avait une barbe?", "Est-ce que le chanteur des Tellers sait qui est IL?" ou encore "Enfant, est-ce que IL avait peur des serpents?".
Fort ri.
Sur le site, backstage, interview avant concert.
En direct sur "Radio Bresse". Le monsieur qui interviewe peut-être était-il un peu nerveux ou stressé ou fatigué... Sa première question: "Ouiiii alors, nous sommes avec David de Sharko, salut David, alors David, j'ai lu que vous alliez tourner en Australie bientôt, comment allez-vous y aller... est-ce que vous avez un tourbus?".
Ce que j'ai bêtement répondu: "Pour l'Australie, c'est plus simple en avion."
Ce que j'aurais dû répondre: "Pour l'Australie, en tourbus, on fait le plein au Luxembourg parce que c'est moins cher. On passe par la Chine, arrivés en Chine, on accélère très fort, on glisse sur l'océan jusqu'au Japon qui fait tremplin et hop on est en Australie."
Autre interview avec un webzine écolo sur le développement durable. Ai baragouiné que j'étais un fervant écolo de gauche, très sensible à l'environnement et à la planète, soucieux de l'humanité et tout et tout et sur ce, j'ai jeté mon gobelet plastique dans un fourré et suis parti.
Nous avons joué. Avec Charlie (qui a remplacé Julien).
Joué à fond, intense, dense, inspirés, beaux, 300%. Public mou du genou, ai été reveillé tout ça jusqu'au fond du chapiteau, c'était ça ou la mort, ke j'dis. J'avais la rage.
Lol, Frainswo, Charlie, Teuk, Lambert, tous ravis du concert, tous remontés à bloc, soulagés, inspirés.
Communion émue et silencieuse au repas. Ouf.
Après, le coeur guilleret, suis allé observer Daho (moins pire que j'croyais), The Do (mouais), un mec qui s'appelle "K" et qui se donne à fond sur scène. Puis j'ai pu assister au concert de Bashung depuis le côté de scène... J'étais ému. J'aime. On le sait malade mais il a toute sa voix. Un beau coffre.
(Ai simplement regretté les arrangements si dépouillés. J'eusse aimé plus de couleurs.)
Suis passé devant le concert de Vanessa Paradis. Bien.
Beaucoup de joie visible.
J'ai longuement discuté avec Lambert pendant ces deux jours. J'essayais de lui expliquer ma théorie (attention philosophe ici) du chat et de la souris.
C'est une métaphore que j'ai beaucoup ressassée ces jours-ci: le chat joue avec la souris avant de la croquer. Joue t-il par perversité? Joue t-il pour mesurer son pouvoir? Joue t-il pour se distraire? Joue t-il pour que la souris se défende, le morde et trouve une stratégie pour s'échapper? Et ainsi lui rendre la vie plus excitante? Et ainsi lui permettre de trouver un alter égo? Joue t-il pour se rassurer ou joue t-il pour épanouir la souris? Transcender David pour s'affirmer Goliath? Qui est vraiment le dindon de la farce? Quelle dimension?
Lambert me demandait: "C'est quoi le chat et c'est quoi la souris?".
"Nous avons chacun nos chats et nos souris, Lambert" lui ai-je soufflé comme un vieil apache mesurant mon effet.
Je ne sais pas si Lambert croit aux essais de Jung sur la synchronicité et les coïncidences... Ces "messages" qui semblent autant de signes uniquement dirigés vers nous...
Toujours est-il que. Alors qu'arrivés à Bruxelles nous rangions notre matériel, un chat est passé devant nous, fièrement, avec dans sa bouche une souris...
"Tout ce qui gît dans l'insconscient veut devenir évenement."
24/07/2008 | de David
Charrues Hue Dada
Que dire?
Les vieilles charrues. Ca restera comme le cauchemar ultime.
Concert catastrophe.
"On ne meurt pas des nerfs, on souffre".
Pendant le trajet, avec Roo, savant fou et imperturbable, conversations surréalistes mais amusantes:
Je demandais s'il était sérieusement possible d'envisager (avec le génie civil et la logistique exigée) prendre tous les habitants de France, tous, absolument tous les français, les loger en Suisse et en Italie et en Espagne pour un temps. Inviter ensuite tous les espagnols, tous, tous les habitants d'Espagne en France pour y habiter. Et tous les français de migrer enfin vers l'Espagne désertée.
Pour que nous belges puissions cotoyer plus facilement les jolies espagnoles et nous amuser de leurs accents hibériques rigolos.
Et en plus, aaaaaah se balader à Paris sans être verbalement agressé... Y commander un café dans une brasserie sans être méprisé... Y prendre un taxi sans la haine qui va avec.
Lille deviendrait Barcelone, Barcelone à 35 minutes de Bruxelles!
On irait voir des matchs de foot à Barcelone, on irait à Madrid (à Metz) et à Valence (à Sedan) sans peine. Woaw. Trop fort.
Autre idée: virer tous les politiques d'un pays d'Europe, et inviter des enfants à gouverner ce pays pendant deux ans. Encadrés par des "sages" mais pas influencés. On les laisse faire. On regarde. Ils prennent leurs responsabilités, ils font leurs choix. Avec leur conscience d'enfants. Il y aurait des catastrophes, oui, c'est sûr, mais peut-être des surprises magiques.
Faisons un essai en Finlande. C'est loin de chez nous, et en cas de catastrophe, c'est assez loin pour ne pas subir les conséquences.
15/07/2008 | de David
Vieux con
13h22, ouvert session protools avec ce vieux bidule passé dans un filtre, compressé à mort, et pitché par tous les trous d'balle.
13h42, essayé des chants, pas d'idée.
13h55, pour le fun, ai pris ma guitare sèche et oh petit riff!
14h12, l'ai joué sur une guitare électrique, passée dans le basspod, un autre effet, une compression et un line 6 pour la frime.
14h15, par accident, ds les effets d'usine, suis tombé sur ce son très Bowie/Alomar/New Order/Martin Gore. Mmm.
14h55, j'm'amuse à rebouncer la ligne de guitare en mettant à chaque fois plus d'effets. Ce qui me fait une quinzaine de pistes amusantes. Tri à la hache.
15h25, ai chipoté mélodie voix. Et dans mon yaourt, suis tombé sur une phrase qui me renverse. La clé! C'est le secret le plus mystérieux. Les portes s'ouvrent d'elles-même quand elles constatent que tu possèdes la clé. Suis ému.
16h01, retravaille mélodie et structure. Ai conscience que riff est très très new wave. Mais une fois passé ce goût (ou mauvais goût) la chanson offre dimension inédite.
16h22, compresse, mptroite, envoie aux autres et à D.
16h28, sont enthousiastes.
16h29, me sens fort beau et grand. Pour me récompenser, j'engloutis huit petits princes au chocolat. Me sens vite coupable, gros et moche.
Entre les bounces, pour me distraire, j'parcoure youtube.
Tombe sur mes vidéos favorites au monde: des vieux chanteurs qui incarnent des chansons belles à pleurer sans hystérie, sans aigreur, sans amertume, sans tricher, sans efforts. De Louis Armstrong à Frank Sinatra, plus c'est vieux, plus c'est beau.
Je suis qu'un vieux con.
10/07/2008 | de David
Solidays
Nous étions à Solidays. Très beau lieu pour un festival (l'Hippodrome de Longchamp. Très beau, très grand).
Jouions après Ting Tings (bien mais bon, après 3 chansons, on a tout compris) et avant IAM (bigre, très mauvais. Pas loin d'être variétoche, en fait). Et en final, Toots and the Maytals (belle ambiance et très festif, les puristes ont dû s'retourner dans leur tombe) et Gossip (pas vu).
J'aime jouer sous un chapiteau en festival. J'adoooore ça. Protégés du soleil quand soleil, protégés de la pluie quand pluie, à l'abri des cieux, à l'abri du vent. La sueur, la condensation, le son. Matrice. J'aime.
Alors que nous nous préparions, la chanteuse Yelle faisait spectacle en face et bigre, je trouvais ça tellement pas bon.
Concert tendu. Je m'étais décidé à jouer du synthé sur scène. Et grâce à un pédalier relié à celui-ci, je déclenchais des sons avec mes pieds. J'étais donc au début trop obnubilé par mes approximations orteils-Dorémifasol. Style, t'enfonces bien une note, un Sol si possible, longtemps et bien fort et juste après tu réalises "Ah merde, c'était un Fa...". Style ça.
Deux nouvelles chansons. Cool.
Pendant le concert, une lubie: ai commencé à communiquer en anglais avec le public, je trouvais ça fort amusant. Les gens qui nous connaissent y auront vu mon humour décalé. Les autres resteront persuadés qu'on était Foals (ils jouaient en même temps) ou au pire un groupe américain fort sympathique. Maintenant, je reçois des mails enthousiastes de spectateurs résumés ainsi: "Thank you. Fucking good your concert last night, you guys good!".
So be it, hein.
05/07/2008 | de David
5 juillet et il pleut comme vache qui pisse
Demain, nous jouons à Solidays et nous jouons sous un chapiteau.
J'espère qu'il va pleuvoir à mort! Les gens chercheront alors à se protèger de la pluie dans nos bras.
Nan, j'rigole. C'est pas gentil-gentil pour les festivaliers et les organisateurs...
(J'espère une GROSSE averse quand même. Haha. Nan, j'rigole.)
"David Bartholomé parlant du fait de chanter et jouer de la basse en même temps: "C'est comme si tu voulais être "Danse avec les loups" et "Taxi Driver” au même moment!".
François m'a envoyé cette "citation". Mais. Ce n'est pas ça que j'voulais dire. En fait, j'voulais dire: "C'est comme si tu voulais être "Danse avec les loups" et "GoodFellas" au même moment!". Deux films qui sont sortis à la même période, ont concouru pour l'Oscar du meilleur film la même année, et "GoodFellas" (sombre chorale-odyssée parano, urbaine, brutale et cocaïnée) perdant au profit du... disons joli film de Kevin Costner. (Pas grave.)
L'autre soir, avons eu avec Christophe (label boss) une longue réunion sur les goûts des uns et des autres et la voie à emprunter pour le prochain album. Au bout d'un temps, j'me suis rendu compte que les descriptions, les ressentis et la signification des chansons variaient diamétralement selon Teuk, Jul, Christophe ou moi-même.
Que si on utilisait le mot "rouge" pour décrire une chanson, on pouvait obtenir "pourpre" d'un côté et "orange foncé" de l'autre, si qq'un parlait de "joie rayonnante", ça pouvait vouloir dire "rythme uptempo" pour l'un et "naïveté fanfare" pour l'autre... Et si qq'un employait le mot "dance", ça pouvait être traduit en "sexy, filles à poil" pour l'un et "variété Claude François" pour l'autre... J'étais impressionné par nos écarts et les impressions bataillées.
Jul nous a fait regarder le live de Battles ("Atlas" chez Jools Holland) sur internet.
Scotché par leur positionnement sur scène, la cymbale à deux mètres du sol, les effets négociés en direct, le tapping guitare/synthé, l'énergie, l'attitude pèpère du batteur sur qui tout semble reposer. Woaw.
J'avais pas été méga-impressionné par le titre à sa sortie (à cause d'une conjonction stupide: au même moment le D.A.N.C.E. de Justice- que j'associais curieusement à Battles- était diffusé partout et je le considérais de loin supérieur... Au temps pour moi. Désolé. Pardon.) mais là, je suis sur le cul plusieurs fois de suite en même temps.
Je passe du coq à l'âne qui n'a rien à voir.
Je suis pas journaliste. Je suis pas politique. Je ne défends rien. Je n'y connais rien. Je suis pas psychologue. Je ne sais pas le contexte, je ne connais pas l'histoire.
Mais Ingrid Bétancourt libérée, ai vu sur internet et cher journal, j'étais quand même surpris que lorsqu'elle retrouve son mari, elle le regarde à peine. Ensuite, quand elle revoit ses enfants, elle se tourne sans cesse vers sa fille, et tellement moins vers son fils. Une inconsciente répulsion des hommes après un calvaire animal? (Bigre, me voilà freudien!)
29/06/2008 | de David
Nouvelles chansons, films et Solidays
Cher journal, ça fait longtemps que je ne t'ai adressé mes égards. J'en suis désolé.
Mais j'suis dans une période de composition, agh tu vois: réflexion intense, comme un scientifique à la recherche d'une molécule inédite, en quête de la grande substance, organique, magique.
Ce faisant, parfois je suis Einstein, parfois Marie Curie, parfois je suis le frappé de "Back to the future", parfois je suis Prof des sept nains. Parfois aussi je me sens comme une merde, à chercher du pétrole dans une bouteille de Petrole Hahn. Ridicule à faire ruée vers l'or dans le sens contraire à la logique des masses. Nul. Inutile. Stérile...
Puis deux minutes après, je tombe sur une pépite pure et me voilà à nouveau Einstein, Marat Safin ou Bobby Fischer.
Autre chose. Attention Monsieur Cinéma ici.
Ai vu "Jesse James", super lent et long, ai pas tout capté.
On m'avait dit que c'était dans la même veine que "There will be blood" (le film du siècle). Mais non.
Ai vu "Stranger than fiction", ai pas capté, ai pas aimé, ai détesté. Ai pas deviné le ton, donc je me suis vu être con comme une bite tout le long, spectateur pas flatté, moi pas content.
Comédie? Léger drame? Concept lourd? Des accents anglais?
Comprenais pas pourquoi, la ville, le métier, la logique, la poésie. Comprenais rien.
Comme je n'connaissais rien du film, avais jamais entendu parlé du truc, on m'a passé le fichier, ai ouvert sans rien savoir, et dès fois, vaudrait mieux savoir.
Will Farrell? Une comédie alors, non? Puis je m'suis dit (quand il se brosse les dents et entend la voix) que c'était un film à la "Truman Show", non? Puis, je m'suis dit (avec l'arrivée du psy) que c'était un film à la "Good Will Hunting", non? Puis, je m'suis dit (avec l'arrivée d'Emma Thomson) que c'était un remake des "Ailes du désir", non? Puis je m'suis dit (avec l'arrivée de la jolie black) que c'était la suite de "Bruce Almighty", non?
Puis je m'suis dit que je détestais, oui!
Agh. Comme il est difficile de reprendre les concerts (en festivals), alors qu'immergé dans les méandres du nouvel album, je me soustrais volontiers aux flottements de l'abstraction. Comme il est violent et brutal de s'arracher au confort de l'ouate (matrice-créatrice) pour jouer des chansons moins fraiches et s'enthousiasmer comme au premier jour.
Le festival parisien "Solidays" (où nous jouons) reste à la base une manifestation pour sensibiliser les jeunes au danger du Sida ("Solidarité Sida"), favoriser le don pour la recherche, l'aide aux malades et orienter la prise de conscience.
Les organisateurs distribueront des livrets sur le site. Ils ont demandé aux artistes de collaborer à leur rédaction.
Ai donc reçu un questionnaire où il m'était demandé de parler du préservatif, du sida, de sexe, de pratique anale et orale.
Bigre. Ai d'abord refusé. Tellement pas simple. Je trouvais pas les mots. Suis pas prof pédagogue, je ne suis pas toujours sagesse et maturité. Ha!
Au bout de deux heures, ai adressé mes réponses à notre éditeur parisien, pour son bon conseil. Il s'est énervé: "T'es fou!' C'est carrément balot. Tu vas te griller, c'est vraiment une grosse cartouche ce festival, t'es raide fou d'écrire ça!".
Finalement, j'envoie le texte à la rédactrice en chef qui s'enthousiasme: "Merci! C'est exactement ce qu'on recherche!".
Haha. Voici:
1) Pouvez-vous raconter la première fois que vous avez utilisé un préservatif ?
- Oui, c'était au lycée, j'avais 13 ans.
Avec les copains, on les remplissait d'eau et on les jetait par la fenêtre à l'étude. Et puis un jour, on a éclaboussé la prof de religion, qui nous en a beaucoup voulu.
2) Avez-vous un conseil à donner aux jeunes festivaliers pour
dédramatiser la "pose" du préservatif?
- Je pense sincèrement que les jeunes festivaliers ne dramatisent pas la pose. Ce sont plus les adultes qui projettent leur gêne, non?
3) Quelle est selon vous la meilleure raison pour passer test de dépistage?
Affirmer et bâtir la confiance. Et obtenir du plaisir en plus, non?
4) Dans la mesure du possible, pouvez-vous raconter une ou deux anecdotes sur votre rapport à la prévention ?
Oui! L'anecdote suivante: on fait de la musique, on est programmé pour jouer dans un grand festival et puis un jour, contre toute attente, on nous demande de répondre à un questionnaire sur la pose du préservatif... C'est une anecdote qui tue!
5) Quel est votre souvenir le plus chaud de festival?
- Chaud... vous voulez dire sexuel ou simplement météo?
6) Pour finir, si la musique de Sharko était une pratique sexuelle, ce serait quoi?
- Le fist-fucking habillé en Mickey... Non?
12/05/2008 | de David
Weekend
J'viens d'passer deux heures à vraiment écouter le CD de Vampire Weekend. La simplicité du truc, l'absence de prise de tête, certaines facilités et une réalisation un peu raquak oui, mais des idées, des arrangements et un ton.
Je me suis dit que ce disque aurait pu être belge (je dis "belge" mais je pense "wallon").
Mais à la différence près, que si ce disque eût été belge, aurions-nous essayé de combler les trous avec des over-produits arrangements, des compressions bastons, des choeurs, des violons faits à l'ICP, trop de notes, des stéréotypes, des robes de complexe d'infériorité.
Faudrait mettre un groupe belge dans une pièce avec l'interdiction de saboter et l'exigence d'avoir confiance en soi.
Et ça donnerait sûrement un Vampire Weekend.
11/05/2008 | de David
Place des Palais
Sire bonjour.
Palais du Roi à notre gauche. Ciel bleu partout. Environ 10.000 personnes devant et le bus V.I.P. à droite.
Et au milieu, bien au milieu, bien centré dans ma face, pile central: le soleil. Eblouissant, brillant, puissant, force l'humilité. Vais vite me sentir comme une merguez un 21 juillet ou un poulet chez Grilled Chicken à Drogenbos ke j'dis.
J'ai été nunuche, j'aurais dû étudier la question. J'aurais dû évidemment acheter des lunettes force 4 et les attacher avec du scotch. Parce que j'suis monté sur scène avec des lunettes certes, mais me suis rapidement dit que les lunettes de freiner mon élan James Brown. Enlevées lunettes, pas d'entraves, ké bête idée.
Aveuglé comme dans un mauvais polar, interrogatoire brutal, "qu'est-ce tu f'sais la nuit du 5 mars", etc.
Sueur dans mes yeux + soleil = arc-en-ciel conjonctivite!
Plus que ça. Un sale virus me torture depuis une semaine.
"Je suis là, je suis plus là, je suis là, je suis plus là".
Ce type de virus.
Et hier, cette saloperie a emprunté ma gorge et mes cordes vocales. Me suis reveillé avec la voix de Joe Cocker au fond du jardin ou la voix de Patrick Juvet, selon que je forçais ou pas.
Aux essais son dans l'après-midi, ai senti que ma voix, belle voix, mon organe, ma profession de foi, mon outil, mon bijou partait en soucoupe.
Agh.
C'est idiot mais j'ai été pris d'une tristesse sans nom.
Je n'allais pas être en mesure d'être... moi-même?
Je n'allais pouvoir exprimer la profondeur de moi? Négocier le vertige, transcender, danser la transe de soi?
Non. J'allais m'sentir coureur uni-jambiste au Tour de France, maçon sans truelle, politicien sans mensonges, oiseau sans plumes, peintre sans bâtiment, Judas sans Jésus, caca sans pipi, triste, zèbre sans rayures, navire sans mer, Mister Cash vide, vidé.
Suis sorti de scène avec une douleur sourde.
C'est la vie. Et c'est le jeu.
Outre ma bobologie égocentrique?
Des nouvelles chansons, des tentavives.
L'ambiance était chaleureuse. Douce.
Soleil et ciel bleu, y a rien de plus beau quand même.
19/04/2008 | de David
Leuze
Samedi passé à Leuze. Concert acoustique seul. "Secret".
85 personnes. Bouche-à-oreille. Processus de "pas tape à l'oeil", discrétion, pas de pubs, pas d'annonces, pas de vulgarité, pas d'agressivité dans la présentation. Ne pas faire tête de gondole flashy et hyper-ventilée.
Quel bonheur. Quelle félicité.
Inspiré. Et le mot est faible.
Quelques jours auparavant, j'exprimais mon désarroi à Teuk.
Je lui confiais combien je m'en voulais d'avoir fait autant d'erreurs dans les chansons du concert de Polleur. Mais il a eu ces mots qui ont résonné en moi (raisonnés en moi): "Dafit, les gens, ils adorent cette nonchalance. Ils adorent ça."
Oui... C'est vrai. Moi-même, tiens, cher journal, j'en ai marre des shows à la Broadway-style où tout est réglé mille ans à l'avance; les lights, les mercis, les rappels, la grosse artillerie certes, mais l'absence de... de quoi? De vie?
Bien sûr, faut pas pour autant verser et tomber dans les shows à la Fugazi. Mais quel bonheur cette "nonchalance".
Ai donc juste compilé une liste d'idées. Des bouts de papier partout sur scène, des instruments, des "props" comme on dit à Hollywood.
Et me suis livré nu comme un ver. Ruses et astuces pour ne pas se laisser piéger. Piéger par quoi?
L'auto-satisfaction, le second degré, le cynisme, la sourde tristesse, le sérieux, l'hystérie, ...
Ai voulu combiné le tout comme dans Ratatouille.
Saveur et confiance. Humanité.
"Nonchalance" disait Teuk...
Oui.
11/04/2008 | de David
Adami
Cher journal, hier réunion à Paris pour l'Adami. Chaleureuse.
Parmi les invités, la chanteuse de Brisa Roché (j'veux pas être vilain hein, mais qu'est-ce qu'elle ressemble à Bjork...) et le groupe Moriarty.
Que je ne connaissais pas. Et que j'ai un peu pris de haut, puisque je considère quand même Sharko comme le meilleur groupe du monde, et tous les autres, c'est de la daub.
(Naaan, j'rigole.)
Bref, ne connaissant pas Moriarty, j'fais une recherche Google en rentrant et je tombe de haut. Leur superbe chanson "Jimmy" jouée à Taratata est superbement mise en musique, et immédiatement touchante.
Mais.
Je trouve quand même (j'veux pas être vilain) que ça ressemble fort à "Don't cry for Louie" de Vaya Con Dios.
J'veux pas être vilain. J'dis ça comme ça. Ca n'engage que moi.
Cher journal, as-tu remarqué le fort mouvement des filles qui chantent et qui remuent?
(Retour de baton des star-academies stériles? Contre-effets des nunuches qui tecktoniquent en playback?)
Yael Naim, Soko, Moriarty, Brisa Roché, Feist, Cat Power, Camille, Kate Nash, Bat For Lashes, Imogen Heap, etc...
Non?
10/04/2008 | de David
Nu
"Nous appellerons émotion une chute brusque de la conscience dans le magique."
(Sartre ou peu importe qui finalement.)
Il m'a fallu plusieurs jours. Pour comprendre.
Ce qui m'avait animé. Chaviré.
Et pourquoi autant.
Cher journal, je n'ai pas vu la petite culotte d'Ana Ivanovic, non, j'ai plutôt fait un concert solo acoustique à Theux-Polleur.
Acoustique, oui, puisque j'ai notamment essayé de chanter sans micro à même la salle.
Et ma voix de fleurir et envahir le spectre de par son entière puissance, chef.
(Je ne manque pas d'air... Mais, cher journal, depuis le temps que je me dis que j'ai la chance de ne pas avoir la voix d'Etienne Daho.)
J'étais donc là, ému, à nu. Comme un ver.
Les textes et le sens des choses.
Ne plus prendre appui sur l'énergie du groupe pour rendre le verbe et le propos.
Mais les déposer nus et les sentir frêles en proie au froid, avec l'adrénaline pour seule
commodité.
Après le concert, me suis senti bien non pas deux heures. Mais deux jours.
(C'est rare. Et c'est peu de le dire.)
Certes, j'étais colère: l'oubli des mots, les erreurs dans les accords, le fou-rire impossible à étouffer.
J'ai senti des sensations m'échapper. (J'en faisais le deuil immédiat. Pouvais pas contrôler. Ce qui me laissait quelque part entre humble et disons frustré. Ce qu'on dégage. Avoir foi. En ce qu'on dégage. La kinétique, les expressions,...)
Au-delà de ça... j'étais plus moi là sur scène que dans la vie.
(Ce qui déboussole, tu l'admettras.)
Ai donc chanté comme un seul homme "Love is a bug" dont j'ai toujours sous-estimé l'âpre vérité. "We spent" que je trainais comme une vieille chaussette et qui recèle n'est-ce pas une jolie flagrance. "Wedding Dress" que j'avais déjà joué pour une radio sans trop y croire, et "Moon-Spoon-Light-Sky-Night" totalement ré-orchestrée par le public inspiré. C'est peu de le dire.
ET bien sûr, les fidèles ont eu les grâces de Teuk et Jul sur "I went down", "Sweet Protection" et "Trip" (Tendre surprise. Merci chef).
Le lendemain. Concert Sharko. Arras, j'adore ce théâtre.
La coulisse, on dirait un film de Kubrick.
Tout orange, froid et blanc, on dirait quelqu'un qui te HURLE de rester calme.
(Arras ou la recherche dubitative des effets merveilleux de la veille.)
Je me disais et ça n'a rien à voir "certes, un mec qui va dans un café bondé et qui sort sa race et tiraille la tragédie des sensations, serait t-il vraiment entendu?".
Non. Les mecs lui préfèreront des discussions sur Standard Champion ou le Tibet, la bête gueule à David Douillet avec sa flamme olympique éteinte.
Donc, considérons que j'ai eu de la chance de pouvoir sortir une belle essence.
Et qu'il y ait eu témoins pour témoigner.
Et considérons que se mettre à nu m'a perturbé. Je ne comprends pas entièrement.
Mais c'est comme New York. Quelquechose s'est affirmé en moi depuis. Abstrait. Surréaliste.
Comme porter une flamme olympique, quoi.
30/03/2008 | de Teuk
Focus
Teuk téléphone à notre editeur pour lui dire combien ses collegues ont dépensés.
t
28/03/2008 | de David
Focus
Aujourd'hui, cher journal, dans le supplément Focus du Vif-L'express, Sharko en couv':
Teuk n'a pas acheté d'IPhone.
C'est peu de le dire.
15/03/2008 | de David
New York
Dans le désordre:
la fille dans le bar texan, le Vox Pop, Lambert Roo le bras dans la cuvette des toilettes et du caca partout dans le flat, la Reine dans le métro, le concert à Vox Pop, j'insiste.
IPhones, fretless basse, la salle qui se vide à Pianos, les gens qui applaudissent le solo de Teuk dans "I went down" à Arlene's Grocery.
Empire State, la dynamique, l'énergie, Letterman, muffins, pizzas, hamburgers, café latté, interview Julien, Noah, Ahmed, Bernard Moisse qui apparait comme un mirage, la gérante sublime du 507 que François m'interdit de contacter de peur que son mari latino vienne tous nous tuer.
Le marteau-piqueur le matin, 1000 dollars, Lambert Roo qui perd son manteau et le retrouve, être dans une boite à Brooklyn et l'impression d'être à Mons.
Never Thought, l'enfant à Vox Pop qui me prend dans ses bras, la chanson de Felix avec Summer, trop de glaçons tout le temps, peu d'humour noir, les boutons pour fermer les portes, Hugo Boss pas trouvé, la loi de la consommation à outrance, le polonais qui ressemble à Mathilde Seigner, la fille qui nous reconnait dans le métro: "You guys Sharko?".
Les bars qui ne servent pas de coca-light, les "anything else?" partout, le Dakota building devant lequel on voulait avec Lambert Roo jouer à Yoko et John Lennon: lui faisant le mort devant le building et moi faisant yeux bridés-cri strident. (Haha, on peut rire, non?)
Central Park. Tous les jours se dire: "Putain, demain on DOIT aller voir la statue de la liberté!" et l'oublier le lendemain. François qui tousse. Etre dans la plus grande métropole du monde et lire sur son portable "aucun réseau détecté".
Les quantités et les tailles des choses, les gens qui mangent, les gens qui s'promènent tout l'temps un soda ou un snack à la main.
L'eau à ras-bord dans la cuvette des toilettes: tu laches une crotte, t'es mouillé jusqu'au ciel.
La ligne L, le Manny's, avoir joué à Harlem, et s'entendre dire d'un black bassiste rasta que je MOI blanc-neige arlonais j'ai un "great bass playing, man", m'empresser d'aller le dire à Lambert Roo qui me rétorque vilain: "Ca doit pas t'arriver souvent qu'on te l'dise, haha."...
(Jouer "I went down" à Harlem. Putain...)
Croiser des filles dans la rue et se vanter sans rire: "Yes, we're HUGE in Belgium, I mean, huge rock stars, you bet, we are."
Faire des photos.
Se faire plus de contacts en une semaine qu'en 3 mois à Bruxelles, recroiser Ségolène vers le Upper West Side. Jul quant à lui reconnait les jumeaux de Blonde Redhead sur Bedford.
Un mec dans le métro s'exclame: "You look like the guy who plays bass for Sting!".
Avons convaincus des rastas, des hard-métalleux, des vieux, des jeunes. Le gamin du Vox Pop va sans doute devenir une énorme star. Les filles de Long Island, sans doute l'une d'elle va t-elle devenir top-model superstar.
En visitant Ground Zero, Lambert Roo dans nos silences respectueux nous dit soudain: "Si les mecs qui sautaient dans le vide, ils avaient pris des carpettes pour sauter parachute, ils seraient peut-être encore en vie, non?"
(Dans les salles, Lambert, confronté à ces cons syndicalistes ou orgueilleux à la table de mixage... je remarquais ton désarroi Lambert, tu sais. Mal au coeur pour toi.)
Nous rentrions du concert, en plein Harlem à 1h du matin. Allions vers le métro, profil bas quand même hein, parce que Harlem, ben c'est quand même Harlem, surtout la nuit. Une voiture nous coupe notre priorité piétons, et Teuk de hurler "Hey motherfucker!". L'espace d'une seconde, je nous ai vus tout nu roués de coups pendus par les pieds et fouettés sur Malcom X Blvd.
New York.
Moins hermétique que Londres. Moins agressive que Paris.
(Me sentais plus en sécurité à 4 heures du matin seul à Williamsbourough qu'à 22 heures à Bruxelles).
Retour à Bruxelles, le métro qui va à du 2 à l'heure.
Apercevoir la tour du midi et s'taper un fou rire.
Tout est si lent, on se croirait dans le Wisconsin.
Tout est si lent, un mardi, on se croirait un dimanche.
Du coup, comme tout est lent, on aurait comme qui dirait un besoin de compenser par des angoisses inutiles.
Vais réfléchir à tout ça.
Nous sommes de retour.
Demain: Blois (Loir-et-Cher) en France.
Haha. Bigre.
12/03/2008 | de David
New York
Bon anniversaire, je suis belle et gracieuse.
Woaw. Woaw. Woaw.
Toute la ville bouge. Je suis sur le cul et c'est peu de le dire.
Nous avons fait un énorme premier concert, un second plus intimiste. Nous dévorons la ville avec nos pieds, nos yeux, nos ventres, nos coeurs, nous sommes au coeur du monde, non?
Roo a écrit son nom sur le muret en haut de l'Empire State Building.
Tellement à écrire cher journal. Plus tard, plus tard, journal laisse-moi digérer mes Dunkin' Donuts.
09/03/2008 | de David
Toronto Montréal
Tout se passe bien. Cher journal, tout va bien.
Sommes à Montréal, tempête de neige, nous dormons à quatre ds une mini-chambre de 2 mini-lits et à ma grande surprise, je dors bien. Je fais équipe matelas avec Lambert Roo, notre ingé son. Et Seigneur-Jésus merci, il ne s'est jusqu'ici jamais livré à une basse manoeuvre pour me piquer la petite couette au milieu de la nuit ou subtilement glisser ses pieds vers les miens. Il ronfle un peu, mais en bon ingé-son qu'il est, c'est juste pour mesurer la bonne acoustique de la chambre parait-il (entendre si le coupe-bas à 600 mégahertz de sa glotte est asymétrique hors-phase).
J'ai une ottite dûe à la mauvaise gestion par des canaux auriculaires de la pression barométrique. Je suis qu'une pauvre chose. Je vais morfler demain dans l'avion pour New York.
Les autres vaquent à leurs occupations, Teuk est de super bonne humeur, il fait des balades, Jul fait des achats, et François est chez des amis pour 2 jours.
Nous avons eu une tempête de neige ici, hallucinant, ce matin, des montagnes de neige, 6 m par endroit. Impossible de marcher dans la rue hier soir. Jamais vu autant de neige de toute ma vie.
Du coup, moi, j'ai pas vu grand chose de la ville et ce que j'ai vu, j'ai pas trouvé ça fort beau.
Toronto, c'était bien. Le quartier où nous avons joué m'a fort rappelé San Francisco.
Des choses remontent en moi, des choses oubliées. Les moeurs américaines par exemple que je détestais et que je retrouve.
Je vulgarise, je vulgarise, certes mais par exemple, les jeunes se veulent méga hippie new wave, commerce équitable, veggie, habillé cool baba, mais quand tu parles un peu pour les bousculer, cynisme froid, ils captent rarement et ceux qui captent, ils ne semblent pas apprécier.
Peu d'humour, pas le même sens de la séduction, une approche radicalement ouverte de prime abord (les "Salut toi!" immédiats ou les hugs à tout bout de champ) mais finalement dangereusement superficielle.
Nos 2 concerts se sont bien passés. Surtout à Montréal où la réaction fût surprenante.
Cher journal, je passe du coq à l'âne que parle à mon cul ma tête est malade, Monsieur Cinéma ici, mais la fin de "Into The Wild", je m'y attendais tellement pas.
J'étais ému aux larmes. Et me souviendrait longtemps de ce film. Je m'attendais à un film pète-couilles à message idéaliste sur "préservons la nature, ô c'est beau la nature" mais ça se détourne subtilement vers une profondeur inédite sur les idéaux primaires dont nous sommes sûrs et qui nous font sombrer.
La séquence de l'animal depecé et la catastrophe qui s'en suit, ou la fin magistrale sont rares. C'est un classique. Déjà.
Je retourne à ma neige et à mes oreilles. Cher journal, déjà.
28/02/2008 | de David
C'est quoi ton p'tit nom?
Amoco Cadiz, amanite, Sahel
Chrysanthème, canine, morsure, varicelle
Mygale, tarentule, épine, porte-avions
Tout c'qui est dégueulasse porte un joli nom...
Fourmilière, aiguille, acide et calice
Le "Chemin des Dames", cercueil, cicatrice
Cyclone, ouragan, camisole, typhon
Tout c'qui est dégueulasse porte un joli nom...
Guillotine, cirrhose, nuit blanche, les Baumettes
Mirador, Stasi, syphon, baïonnette
Fleury-Mérogis, la rue Lauriston
Tout c'qui est dégueulasse porte un joli nom...
Amygdale, pavot, vérole, aspirine
Ecchymose, ortie, sanglot, carabine
Carmélite, javel, cobra, Charenton
Tout c'qui est dégueulasse porte un joli nom...
Camora, péplum, cyanure, mafioso
Tien-An-Men, amen, rasoir et ciseau
Ostie, Vatican, Jean-Marie, mormon
Tout c'qui est dégueulasse porte un joli nom...
Picador, arène, dollar et cédille
Ouragan, menotte, acide, Tchernobyl
Atome et neutron, neurone et citron
Et toi... C'est quoi ton p'tit nom?
(A.Leprest 1993)
28/02/2008 | de David
D'équerre
Cher journal, vive la tektonic.
Cher journal, j'ai fait chier tout le monde avec mon film préféré de tous les temps "There will be blood". Ai fait chier tout le monde.
Ai crié mon coeur. Ai hurlé haut et fort mon émotion, ma joie de vivre et d'avoir vu ce film avant feu ma mort, ai remercié Anderson de me permettre de croire encore au septième art, ai fait chier tout le monde. Et "Blood" par ci, et "Blood" par là.
Attention salut l'artiste, attention chef-d'oeuvre.
La cinématographie, la narration, les lumières, l'audace.
J'ai fait chier tout le monde avec la justesse de Day-Lewis, son verbe, son visage, son énergie, son intensité. Ai souligné avec autant d'enthousiasme la sous-estimée prestation de Paul Dano à ses côtés.
J'ai fait chier tout le monde avec la misanthropie, le cynisme que dégageait le film, l'odeur. J'ai fait chier tout le monde en clamant que "Blood" était mille fois meilleur que "Old men" blabla que les Oscars c'est krakra, que Kubrick n'a jamais gagné un Oscar et Hitchcock non plus, et "Goodfellas" n'a pas gagné non plus et "Beautiful Mind" a reçu l'Oscar il y a trois ans alors que personne ne se souvient plus qui a fait cette daube surpuissante, ni avec qui c'était.
Des semaines que je fais chier tout le monde alors que je viens de découvrir que le film de l'année, c'était en fait clairement "Ratatouille".
26/02/2008 | de Teuk
gros
David, tu insulte les gros. Même moi. Toi gros pfffff... th
24/02/2008 | de David
Trop de flèches, blabla
Cher journal, dépatouiller les nouveaux morceaux. Je suis très enthousiaste.
Uptempi tempo.
L'impression d'être un peintre. Avec mes bocaux.
Les retouches, les pinceaux oubliés dans le white spirit. Ou pire, oubliés tout dur sur la table. Secs et pas souples. Ca arrive.
Nous avions fait des sessions d'enregistrement en août, brutalement stoppées.
Je viens de réécouter les ébauches.
Il y a deux chansons qui s'imposent avec force. L'une d'elle, masquée, oubliée, j'suis retombé dessus par hasard. Woaw.
Jamais réécoutée ni travaillée. Comment est-ce possible? Appelons-les "Never thought" et "Rising K".
Avec "Jam15", mélodie que j'traine depuis 10 ans, ça fait trois.
"Jam15" que nous avions tenté d'enregistrer avec Dimitri en 2006. Sans trouver la bonne pièce qui va dans la bonne fente de la bonne machine.
(Trop de flèches sur le même arc, dis, en tirant je sais pas si tu as remarqué cher journal, mais ça va jamais loin. Ke j'dis.)
"Jam15" oui. Enfin trouvé la clé. Merci hein. Ca fait trois.
(Cher journal, j'te le dis pour éviter les malentendus: depuis le précédent post, suis allé chez le coiffeur secouriste, donc ce n'est plus jaune-orange Tequila Sunrise. J'dis ça parce que hier ai croisé un ami lecteur qui m'a fait cette remarque: "Ah c'est vrai que c'est jaune...".
Mais non, vilain, je sors de chez l'coiffeur! Quand je disais jaune, je disais vraiment jaune jaune comme le Tour de France ou comme les dents de Tatie Léonie. Ke je ferme la parenthèse.)
24/02/2008 | de David
Ceinture!
Je suis gros, gras, je bouffe comme un porc, je sais, et cher journal, au nom des nombreuses jeunes femmes qui m'écrivent, j'en suis désolé.
Camilla Belle, Ellen Page, je suis nu comme un vers, venez, je vous aime, nous aurons des enfants ensemble et une belle vue. Venez. (Camilla Belle, je t'aime. Avec Ellen Page, c'est juste pour le sexe, tu sais... Oh Ellen, on peut rire, non?)
Je me suis entendu dire cet après-midi en parlant d'un groupe rock: "Chez eux, il y a trop de ceintures sur le même pantalon."
J'ai trouvé ça drôle.
Je me trouve drôle en fait.
Je viens de découvrir la dernière bande-annonce du film "JCVD" et je trouve ça délicieusement bon. Si le film est à l'image des bandes-annonces, je crie au génie, je crie à l'intelligence, bravo, Van Damme énorme coup de poker gagnant, j'ai toujours trouvé de la poésie en toi gamin, je t'aime, bravo.
Samedi, il était invité aux Césars pour donner un prix. C'est bon signe. Il va finir par faire la couv' des Inrocks et tout le monde va trouver ça normal.
22/02/2008 | de David
Achtung poussin
Cher journal, de retour d'une visite au pays des allemands.
Dans une bourgeoise vallée vignoble. Sous la pluie, le soleil et pis c'est tout.
(Pas ici pour Sharko. Ici pour moi.)
Dans un coup de sang, coup de folie, me suis retrouvé dans un coquet (pour ne pas dire un tout petit peu vieillot) salon de coiffure de derrière les fagots, avec photos modèles années 70.
Péroxydation pour moi, j'ai osé.
Le coiffeur plus tout tout jeune, mais qui a gardé et crinière véritablement superbe et sourire achtung jovial.
Son assistante, plus toute jeune non plus mais encore peps, de jolis restes d'une tonique adolescence post guerre mondiale. Charmante.
Au début, j'étais ébloui par mon audace. Le regard gourmant tourné vers le soleil et ma tête en papillotes aluminium aux côtés d'une fort mémé et sa permanente d'un autre âge.
J'étais oui, j'avoue journal, ébloui. Heureux d'être là. Profitant abondemment de l'instant rock'n'roll. Dans ce salon totalement rétro, et donc sauvagement tendance. Hype.
(La mémé sans mépris me jetait des coups d'oeil sur ma tête et moi sur la sienne.
"Ich liebe bigoudis" ai-je tenté.)
Le charme fut rompu, disons au rinçage lorsque j'ai senti que l'assistante tirait fort une grimace achtung. Ah. Disons que c'était entre orange et jaune... Surtout jaune.
Comment expliquer à notre jovial coiffeur allemand que c'est jaune? "Achtung geel"?
Et pourquoi au fond défaire sa mine ravie? Gommer son amusement affiché d'avoir fait des merveilles à ma tête? Comment lui expliquer que lui, coiffeur âgé, a fait un peu son Jackson Pollock bûcheron, surtout au niveau des racines en quinconse et lopèzes obliques?
Agh...
(Je suis sorti, ai appelé coiffeur Bruxelles: "Guy, aide-moi, j'vais aux Etats-Unis bientôt, et avec cette tête-là, je passerai jamais la douane. Tu vois les gants qu'on met pour laver par terre au javel? Ben, j'ressemble à ça. Au secours!")
14/02/2008 | de David
Frères Cohen et Kymia Dawson
Attention Monsieur Cinéma ici.
Ai vu "No country for old men". Ouais bof.
A part pour une pointe d'humour ça et là, déjà relevée il y a 10 ans dans "Fargo", ouais bof.
Bien sûr, passé outre la fascination 10 minutes de voir la coiffure de cheveux de Javier, entre playmobile et Mireille Mathieu, qu'est-ce qui reste?
Alors moi, ke j'dis: "No country for old men" à côté de "There will be blood", c'est une roue de vélo.
La portée de "Blood", la cinématographie, la folie sourde, les plans, le silence, la musique, les personnages, les fantômes, le bowling... ce film est hors-portée.
Si "Blood" ne remporte pas l'oscar, je dépose plainte au commissariat de Saint-Gilles.
C'est beau Paris.
Juno. Je me suis procuré la B.O.
J'adore les chansons. Intelligentes, simples, pas racoleuses. Petites pastilles pour les petits maux.
Ô joie. Ces petites contines contiennent plus d'esprit que 10 ans de chanson française actuelle.
Bon, c'est très acoustique, hein, alors j'me disais: comment écrire de cette manière pour un groupe rock? (Longue réflexion.)
Maintenant, Kymia Dawson. La fille qui a écrit la plupart des chansons du film. Ecriture unique. Vision unique. Je me suis penché sur son myspace. Agh. Horreur. Briseuse de charme!
Elle parle d'elle-même. Avec horriblement peu d'humilité et d'humour. Comment peut-on avoir autant de délicatesse et de qualité à l'élaboration de chansons et se vautrer sur une auto-bio aussi dégueulasse qui ferait passer Alain Delon pour l'Abbé Pierre?
14/02/2008 | de Teuk
c quoi le rock?
bein c ça:
http://fr.youtube.com/watch?v=b4vrv0wGu9o
merci Loops. th
12/02/2008 | de Teuk
C'est là qu'on joue
Arlene's Grocery (Lonely Planet)
Ancienne épicerie transformée en club, qui prends des airs snobinards (c'est bien nous ça!) parce qu'elle a su anticiper l'explosion de Lower East Side dans les années 1990. Son unique salle surchauffée sert d'incubateur aux talents loceaux (c'est bien nous ça!), avec des super concerts gratuits (c'est bien...) tous les soirs, et une bière bon marché (c'est...!).
Sharko le 10 mars. th
01/02/2008 | de David
There will be blood et Juno
J'ai vu "There will be blood". Un film. Un grand.
Une vision. Une ambition. Ca va m'inspirer pour dix ans.
Un film comme on en voit plus. Pas un film chiant pète-couilles coréen ou un film français avec Clovis Cornillac, non, ke j'dis, un grand film.
Un film fort.
Un film, non, que dis-je, un hommage.
Une ôde.
Je suis remué. Hanté. Je ferme les yeux, les images s'invitent dans ma tête. Chose rarissime, chez moi. Des séquences entières se posent. Une oeuvre d'art, je suis rebuté, je n'adhère pas à tout, mais je suis complètement subjugué.
C'est l'histoire de Daniel-Day Lewis qui incarne...
En fait, je résumerais le film comme ça. "C'est l'histoire de Daniel-Day Lewis qui incarne".
Les plans sont d'une beauté cinématographique miards de bisous. Suivis de claques dans ta gueule. Tout le temps.
Hier, concert, et pendant le concert, des images dans la tête. Le feu, le sang, le bowling.
Après le concert, assis, la tête hurlante d'endorphines et soudain la beauté d'un plateau californien avec Lewis qui nage dans le pétrole qui illumine la façon que j'ai de boire le whisky.
Un film rare comme ça, c'est à pleurer.
Là-dessus, quarantaine, quille d'or, fleurette, je regarde un autre film sans trop y croire pour tuer la route: "Juno".
Ellen Page, l'actrice, sublime, juste, croustillante, belle, mais pas belle comme Sophie Marceau ou l'italiennne là, non, encore PLUS BELLE.
Un regard, une façon hyper naturelle emprunt d'une facilité assomante de livrer son texte. L'impression de découvrir la lune à vélo.
A chaque fois.
"Ellen Page, je suis belge, je fais des chansons, j'ai joué à Pukkelpop en 2007 et à Frasnes-les-Avins en 2002, je t'aime, viens, ton vol part de Los Angeles à 14h, j'ai un nouveau robinet à ma douche et je sais jouer à Croque-Carottes".
PS: Pour majorer encore mon emphase monsieur cinéma, cher journal, je m'en voudrais de ne pas souligner que Paul Dano joue dans "There will be blood" et que j'ai halluciné quand j'ai enfin reconnu son visage: il faisait l'ado muet dans "Little Miss Sunshine". Plus encore quand j'ai lu que c'est le guitariste de Radiohead qui fait la musique de "Blood": totalement unique, elle griffe les longs silences du film d'une patte de fauve.
Et c'est peu de le dire.
16/01/2008 | de David
Jacques Brel à la batterie
De redécouvrir un groupe que je te conseille vivement cher journal. Big Country.
Comprends pas pourquoi ce groupe n'a pas connu un plus vif succès. Super son, joli chanteur, bassiste black aux harmonies voix qui tuent, les solos cornemuses. Bon ça a un peu vieilli hein c'est sûr. Mais ça remet en perspective Cold War Kids ke j'dis.
Je te conseille de visionner ceci (attention, Jacques Brel à la batterie et les mocassins-chaussettes blanches du chanteur):
youtube.com/watch?v=rzE4M5QTf2E&feature=related
Ou tu recherches Google pour "Come back to me" et "Chance" ou "Inwards" ou "Where the Rose is Sown".
J'aime bien les paroles aussi.
"Come back to me" l'histoire d'une adolescente enceinte d'un minot soldat mort à la guerre des Falklands. Lis les paroles mon gamin.
Maintenant oublie les mocassins-chaussettes blanches du chanteur, ferme les yeux. Lis les paroles de "In a big country" quand le monsieur chanteur il chante poumons pleins "Stay alive!!!" et sache que ce même monsieur chanteur il s'est suicidé en 2003.
Monsieur pathos ici. Sorry hein.
(Jacques Brel à la batterie!)
15/01/2008 | de David
Tout va bien
Cher journal, ferme les yeux pour dormir, c'est mieux.
Les petits soucis qui ne ménagent pas.
Tout va bien.
Un disque dur qui crashe. Deux ans de données s'évanouissent.
Des dizaines de chansons... C'est un signe, dis, c'est un signe?
Le magasin de réparation qui devrait fermer à 18h et quand j'arrive à 17h58, il est déjà fermé.
Ce qui me laisse alerte et anxieux sur le trottoir. Alerte et anxieux. C'est peu dire.
La voiture qui merde.
Et devant le garage, des travaux, la route ouverte plaie béante et un détour de 25 minutes pour faire le tour de la ville et le tour du bête rond-point.
Evidemment, la voiture qui roule sans problèmes quand le garagiste essaye.
Haha. Tout va bien, j't'assure.
Problème d'internet?
Le chauffage qui rame?
Nouvel appareil commandé en Allemagne qui se perd,
puis qui arrive, et qui s'avère défectueux. L'appareil renvoyé en Allemagne sous garantie, qui se perd à nouveau et comme il s'est égaré deux fois, il arrive après la date limite de garantie-échange. Va expliquer ça, les nombres sont les nombres. Froids et inhumains.
Achtung. Non, ça va.
Le téléphone portable qui crashe avec les n° pas sauvegardés sur la carte sim?
C'est sûr!
"Oui, allô, c'est qui?"
Non, non tout va bien. Non, j't'assure. Tout va bien.
Les nouvelles chansons?
La crise du disque? Je m'en fous.
Seuls les forts et les plus inspirés resteront, les autres mèneront d'autres rêves de gloire et de richesse. Ailleurs.
Ils feront fortune. Ou pas.
La musique sera meilleure. Enfin, j'dis ça. J'dis rien.
Oui, j't'assure, tout va bien. Non, vraiment.
...hhelp.
27/12/2007 | de David
Police Story
On m'a refilé l'album des Dirty Projectors. J'ai mon album de l'année, si tant est soit-il que c'est important et que ça intéresse qui que ce soit. Le morceau de l'année: Police Story issu de ce même album sus-nommé. J'avais plus été remué comme ça depuis trop longtemps. Merci à toi, tu n'aimes pas que je te touche, mais je te dis merci. Merci et je comprends pourquoi tu aimes. Elvis Costello/Morrissey quelque part dans les résonateurs nez et les petites afro-références-world à la gratte. Plus, sans aucun doute, le riff le plus immédiat en accords majeurs entre les couplets. Et, laisse-moi ça, dis, ce petit riff à la Andy Summers à la fin. Bigre. Laisse-moi ça.
"This war we can't win".
20/12/2007 | de David
Pas d'émotions
Match de boxe, Canal+: Brahim Asloum championnat du monde. Cool. Asloum droit comme un flan de couteau. Droit comme un galbe de brise-glace. Il avancait sur l'argentin. Concentré. Pas hystérique. Agressif mais pas méchant.
Le coach de Asloum, du coin, il hurlait: "Brahim, pas d'émotions! Pas d'émotions! Pas d'é-mo-tions!", c'était fort. Pas d'émotions qu'il criait, je comprends ça. Terrasser l'objectif. Faire rentrer la réalité dans le flacon du rêve et le rêve dans la bouteille de la réalité. Vas-y fifi, hisse ton fanion tonton. Réfléchis pas. Pas maintenant. Etre dedans. Torturer l'instant. Il y est presque. Il va y arriver. Les nerfs pour tenir. Agressif mais pas méchant. Agressif mais pas méchant.
Dès que Brahim montrait des signes de fébrilité (style "Putain, y a la meuf de TF1 au premier rang! Ma taif, j'vais être champion du monde! Putain, champion! J'vais m'acheter une Porsche!") le coach, il hurlait "Brahim! Pas d'émotions!".
Je comprends ça. Tu comprends ça? Je comprends ça.
20/12/2007 | de David
Dunkerke, sympa comme ville
L'autre soir à Paris. Studio "La Truite". A regarder le monsieur mixer le travail des messins. Drôle de quartier. Pas de quartier. Thierry avait des étoiles dans les yeux. Dans le métro, j'avais sa joie dans ma tête. Et son fort accent vosgien-lorrain dans mes oreilles. Ha! Nan, j'rigole.
Le même soir (furieux). Politesse accrue d'un serveur qui me propose une margarita que parle à mon cul ma tête est malade, il avait mis 12.000 sucres dedans. Suffisamment de sucres pour ma grand-mère tenir deux guerres mondiales et nourrir toute la Somalie pendant trois décennies. A Paris, ils mettent du sucre dans la margarita! J'te jure. C'est vrai, tu sais.
Le lendemain, près de Paris. Studio hyper-sublime. A tomber. A tomber. La Rolls des studio. J'ai fait des voix pour le projet Exit June. Des voix ET une basse. Sur une Hofner véritable. A la Paulo, j'ai joué comme si j'étais Beatles. Puis les voix comme si j'étais Bee Gees. Woaw. Magnifique studio. Plus que ça. L'impression que j'étais sur le court Central de Roland Garros avec la raquette de Federer et mon serre-tête Paris 2012. Dans la pièce, une des batteries de Ringo. Pas Ringo vendeur des kébabs à Mougins, non, Ringo des Beatles. A tomber. La chanson. Elle parle d'amitié. Et les deux zozos du projet qui se tapaient des fou-rires monstrueux sur les ad-libs. Authentiquement amoureux l'un de l'autre. Emu.
(J'ai joué avec une Rickenbacker unique, une fausse 12 cordes avec un chevalet complexe. J'me pissais dessus, j'te jure. Tu m'crois?)
Le jour d'après, Dunkerke. Pour le projet qui couvrait la résidence Tourcoing. C'est la dernière étape. Dunkerke, c'est beau à pleurer. Faut pas être dépressif ici hein. hhelp
03/12/2007 | de David
Lille phosphore
Lille. Hôtel luxe. Interviews, je dis blabla: "Vous, vous avez la chanson française, tu vois. Un tabouret, un pull, une pipe, une guitare, hop, un récit. Chansonniers. Après, la chanson peut ampleur prendre, profondeur, puissance sonore (Noir Désir), intensité moderne... Si tu prends un texte à la Brassens chanté par un mec en pantalon skaï noir avec une Gibson pas branchée chez Jean-Pierre Foucault, c'est sûr... tu vois? Les anglo-saxons, ni tabouret ni pipe, wappambeloola belapampoo! Animal. Instinctif. Moins intellect... Rita Mitsouko? Des dégaines, des slogans, des interpellations. Instinctif... C'est quoi une chanson? Combien de "chansons" avaient les Doors? Combien en avait Brel? Tu vois c'que j'veux dire?".
Seconde interview, première question: "Shégo ou Sharko?" Ohlala... Pfff. Au s'cours.
Télé en direct France 3. Pressé. Stressé. Méga-compressé. A vrai dire, à rien dire, on a 2 minutes, ok, c parti.
Le présentateur: -"Alorssharkoalbumnocontestcommentouiou?"
Moi: - "Euhgh..."
Lui: -"Maiscommentlefuturpublicclipsweetprotectionbelgique sans parler quepoelvoordebelgescissionleroilareineàpoilheindis?"
Moi: - "... Alors, c'ke j'voulais dire..."
Lui: - "Voilà c'est fini, merci David Bartholomé."
Concert à Lille. Intense. Belle énergie. J'étais mal parceque nous eûmes des problèmes techniques, mais le peuple n'y a t-il vu que du feu? J'espère dis. Tout d'même, reste la gêne pour nous. Un peu comme si tu t'présentes pour un boulot et que tu découvres que ta braguette est branque. Ou que ton ourlet se déroule jusqu'à perpet'. Tu subis. La fille de l'interim, elle va p-e rien capter, mais toi, tu vas passer ton temps à phosporer.
Ke j'dis.
03/12/2007 | de David
Monsieur Cinéma ici
Que parle à mon cul ma tête est malade, j'ai vu le film "Control", pas aimé. Le spectre du groupe, j'l'ai pas retrouvé. Quand on connait (un peu) Joy Division, on se souvient du spectre, de l'essence, du malaise, du guitariste qui ressemblait à un tcho de 11 ans, du chanteur qui dégageait une énergie brutale, noire... Dans le film, le guitariste, il est réduit à un nazillon anxieux qui fait des prouts.
Le spectre de Joy Division ce sont les motifs, ce que dégage les individus, et j'ai rien retrouvé de ça ds le film. ('tention Anton, pas méchamment hein.)
Vu aussi "Heartbreak kid", consternant. Farelly's le bide. Pas drôle, vulgaire, malsain. Nul.
Vu aussi "300". Et j'ai fort ri. J'ai rien compris à l'histoire, mais c'était fort drôle. Pour résumer, c'est des Spartans du temps des romains qui combattent je-sais-pas-qui pour je-ne-sais-quelle-raison au temps des romains. Ils ont pas froid. Il neige, ils sont tous en slip au bord de la mer, avec une petite cape et ils montrent tous leurs abdos. Ils sont retranchés au bord d'une falaise, ils sont donc 300 en sandalettes et ils combattent des centaines de milliers de guerriers. Ils tuent tout le monde avec des lances. Sans grande stratégie. Juste comme ça. Pendant ce temps, la femme du chef restée à la maison, elle essaye de convaincre les politiques d'aider son mari chef, elle offre son corps à un député en toge, le député la trahit, elle tue le député. Pendant c'temps-là, les 300 en slip, eux, ils s'font finalement terrasser par l'ennemi. Donc, au final, après 2 heures, il ne s'est rien passé.
28/11/2007 | de David
Spa twelve points!!
Studio Pure FM, Dig Up Elvis, ils arrivent. Ils sont 5. La ravissante, celui qui parle tout le temps, celui qui parle avec parcimonie, celui qui parle jamais et celui qui chante.
Sommes envoyés en interview. Interview difficile. Puis soundcheck. Soundcheck difficile. Tous sur scène, sur scène difficile, à la balance, balance difficile, avons essayé, essayé difficile "Coit in Laguna" des DUE et "I need someone".
Sonnait cake kakak. Mauvais son, tout le monde en même temps, balance lourde, larsens, l'impression de faire du saut à la perche, tous en même temps avec la même perche. Ce qui peut sembler amusant... Mais un peu chargé quand même.
Concert DUE commence. Ils s'posent pas de questions.
On les rejoint pour "Coit in Laguna". Tendu. Nerveux. Engagé. Les impros diligentés comme des abris fabriqués à l'approche de l'orage.
Sur le fil, pas le temps d'être mignons.
Là-d'ssus, "Sweet protection", "Trip" puis le second duo "Someone". Et là, abbraccaddabbra, fifi rond d'ficelle, tout s'met en place. La guitare de Teuk, les breaks de Jul, les ajouts de DUE, la voix de Julien D. Des poils de bras partout. Ravi, merci.
Au restaurant, tous ensemble, c'était dégueulasse. On a attendu 3 heures pour des frites surgelées et des trognons de pizzas. Dégueulasse. Du coup, par ennui, on a fort ri des lapins morts de Céline. Haha.
Lendemain midi, rushés à Malmédy, interview radio. L'organisateur du concert du soir nous emmène dans sa belle voiture berline, et nous sommes accompagnés d'un gars bien costaud pour nous ouvrir les portières. Ha, un garde du corps! L'impression d'être Bono et Bill Clinton.
Dans les bureaux de la radio, fort une madame un peu âgée avec une grosse choucroute sur sa tête. Elle se tient assise, patiente sur une petite chaise. Elle attend j'sais pas quoi. "Bonjour M'dame, zêtes qui? On peut vous aider?". Elle répond: "Je suis Madame X et je suis voyante, j'exerce les arts divinatoires depuis 35 ans, j'ai travaillé pour France 2, France 3 et j'ai tourné un film avec Samy Naceri... Et vous, qui vous êtes?" (Quand une voyante dit ne pas savoir qui tu es, c'est mauvais signe, ke j'dis). "Je suis chanteur... Dites, vous ressemblez fort à Amy Whinehouse avec vos ch'veux, zêtes cool!"
Elle nous embrasse et nous promet une belle carrière. Sommes rushés à la salle.
L'organisateur, un gars bien, très trop anxieux, n'arrive pas à trouver son calme, appelé d'partout, ne sait pas où donner d'la tête, s'élance comme un fou dans la tâche, en fait des tonnes, mais gentiment. C'est son premier concert.
Au repas, vers 19h, puisque nous mangeons devant la vitre d'entrée avec Julien D. nous sommes observés comme des bêtes de cirque. Après un temps, comme la file s'étend dans le froid dehors, l'organisateur préfère ouvrir les portes. Il nous conseille vivement de nous réfugier dans les loges: "Sinon, les groupies vont vous sauter dessus!" Et Teuk de répondre: "Vraiment? Je reste ici alors!"
Dans les loges, on rit fort. Je ris beaucoup avec Céline. Elle me dit: "Tu vas mourir, alors je m'attache pas". Son frère est fort drôle, il a une angine et il ne s'arrête jamais de parler. Il m'appelle "Cho-co-lat" et il appelle Teuk "Babybel".
(Concert DUE, j'étais dans la coulisse. J'observais. J'ai trouvé ça émouvant. Le son était bien gros, le public incroyable, l'ambiance terrible. Terrib' public. Des ficus hystéricus, oui, il y en eût, mais pas que. Un public de curieux, d'observateurs, mais appréciateurs. Ils ont eu un gros succès. Une belle salle, un grand public. Yes. Heureux pour eux.)
Notre concert: énoooorme engagement du peuple. Ils chantent, s'époumonent, bougent, réagissent spontanément comme dans les rêves ou dans les films, comme quand une chanson s'termine et k'la foule reprend la chanson pendant k'le chanteur il a le dos tourné. Comme ça quoi. Physiquement, on sent les vagues. Et les vagues de dunes. Les vagues d'énergie. Comme c t beau. Fort beau à voir. Mais pas que. A sentir aussi. La force physique que ça dégage. C manifeste.
Meilleur public belge 2007. Spa, twelve points, man.
Après le concert, explosés de joie. Toutes et tous.
La compagne de l'organisateur arrive, royale. Dans la loge, elle étale ses coquetteries et je lui dis bonjour. Elle me demande: "Vous êtes qui encore? C'est pas vous le monsieur qui étiez à côté du chanteur à la fin?".
19/11/2007 | de David
Petit lundi, grande semaine!
Hier, concert de soutien "Ni putes, ni soumises" au Bota.
Acoustique, acoustique. Deux guitares et hop.
Julien méga-occupé au studio s'excuse.
Avec Teuk, dans les loges, répétions deux, trois idées, et woaw, elles ont pris forme, colorées, inspirées, j'étais enthousiaste-fleur au fusil! "Teuk, on devrait les jouer! On les joue? On les joue!".
Mais ds les loges, on était à l'intime, chauds, détendus, décontractés...
Sur scène, son rugueux et dur. Froid.
Le trac est monté.
Ce lundi.
7h08: je pars au garage conduire ma caisse sans chauffage.
8h00: j'arrive au garage, voiture de remplacement pas encore arrivée.
8h22: voiture de remplacement arrive. Vieille caisse de Mathusalème. 180.000 km, les portières arrières ne s'ouvrent plus. Le coffre non plus. Le tableau de bord ressemble à Sarajevo en 1994, couine de partout.
8h40: sur l'autoroute, je tombe en panne. Haha.
8h50: j'arrive enfin à avoir l'andouille du garage au téléphone. Ils viennent me dépanner.
9h30: je rappelle le garage. Le type me dit: "Ils sont sur la route, ils vous trouvent pas, c'est où kvous zêtes?". Quelle andouille.
9h40: les dépanneurs m'appellent, ils trouvent pas.
9h50: ils arrivent, sans r'garder le moteur, ils s'approchent sans surprise du réservoir avec un gros bidon d'essence. J'm'étonne: "Pourquoi vous pensez ke c'est l'essence?". Ils m'disent: "C'est not' métier."
9h52: voiture repart.
10h08: Pour le principe, je repasse qd même au garage dire à l'andouille que ça s'fait pas de prêter une voiture sans essence.
Il me dit: "Ouais, ben si on prête avec le plein, les gens, ils refont pas le plein".
Aah comme ça...
12h48: comme dirait Martine: "Petit lundi, grande semaine!".
18/11/2007 | de David
Pina Colada, Ernest!
Nous fîmes en studio. Testâmes de nouvelles choses. No prise de tête. Certes, notre label chéri rêva d'un tube. Certes, on avait cette chanson. Christophe (label boss) arrive, écoute. "Ca sonne baraque! Coupe là, fabrique une intro avec le pont, rajoute une percu là, déplace ça devant et faisons mixer!". Certes, je résiste mollement, charmé par son énergie: "T'es fûr?" (quand je résiste mollement, mes "s", j'les prononce "f"). "Oui!" kim dit. J'hésite. J'lui dit: "Tu fais, pour nous, la pifte bretelle n'est pas finie, on pourrait faire rouler une Merfedes fans trop de foufis, mais de là à poser un Boeing deffus... je ne fais pas trop, tu vois?".
Certes, me voilà luttant comme un rusé pour rajouter des fibres et du végétal. Faisant naitre un corps à l'intérieur d'un costume... Peut-être.
Arrivons en re-studio. Mixage.
La fille, charmante, mixe. Bouillonnante. Calorique. Nous fait écouter. J'lui explique: "Tu sais, toi, tu connais la cible, nous pas encore. On suit la trajectoire, mais nous, on n'voit pas encore la cible". Sur le moment, j'étais amusé par mon bon mot. Mais mes métaphores, parfois, y a que moi qui les assimile.
Bref, on verra. On a le temps pour nous. Et la force avec nous.
F'est fûr.
Là-dessus, tracassé. Vais dans un bar chic. J'discute avec une actrice. On parle du film d'Anton Corbijn. On parle longuement d'un autre film sur le même sujet: "24 hour party people". Bref.
Pina Colada chic et savoureux. Au bar chic, un joueur de foot méga connu. J'me disais, keskil fout là? Je croyais qu'il jouait au Bayern de Munich, non? Keskil fout dans un bar chic d'Ixelles à une heure du mat? Et son régime? Il était avec une femme chic. Aïe. Dois-je dévoiler son nom? Délation?
(Et la voix du peuple de scander "DÉ-LA-TION!, DÉ-LA-TION!, DÉ-LA-TION!, DÉ-LA-TION!, DÉ-LA-TION!".)
Hier, à la radio: débat sur Hemingway.
Hemingway se serait suicidé avec le fusil dont son père se serait servi pour se suicider lui-même. Si c'est vrai, c'est d'une telle intensité! Il voulait vraiment se tuer. Pas se rater. Pas avec cette arme en tout cas. Il aurait pas survécu à la gêne.
18/11/2007 | de David
Maintien
Lu cette phrase magnifique:
"Tout, dans son maintien, le doux plissement de ses yeux, sa mise d’une élégante simplicité, trahit la dignité jamais prise en défaut, l’humanité de chaque instant, une certaine et belle façon d’être".
16/11/2007 | de David
Naitre et mourir
Entendu ce matin à la radio (parlant d'une loi française):
"Née en fanfare et enterrée sans musique".
06/11/2007 | de David
Cocktail dis
Il m'arrive de boire des cocktails à 8 €. Parfois à 12 ou 15 €.
Y a un cocktail à Ixelles à 16 € et il vaut vraiment le détour, cadre magnifique.
J'ai goûté n'est-ce pas un Mojito succulent: amer au début et très sucré sur la fin. 9 €.
Il y a le petit verre de champ' à 20 €. Avec le kir, c'est 22 €. Un vrai bon cocktail, c'est très vite 15 €.
Biensûr, dis, y a des cocktails à 6 €. Mais ils puent l'vieux cul et il suffit pas de mettre du Schweppes dans un vieux verre Simpsons du Quick pour faire un cocktail. Ke j'dis.
31/10/2007 | de David
Bataclan
Au soundcheck, blanc comme un pastille de W.C.
Super salle le Bataclan. Ke c bô. Ké bô plafond. Wouaw.
Essais voix "un, deux, un, deux, check, un, deux", j'ai cru que j'allais tomber pomme. "Sweet Protection", je force un peu: prout mouillée. Haha. Méga sexy hein? Super glamour hein?
Avant concert: un p'tit coup d'primpéran, vitamines et une bonne choucroute William Saurin avec des frites.
Nan j'rigole.
Adrénaline: le meilleur médoc du monde.
Au fond au bar, les professionnels de la profession.
Dans la fosse, le public. Super concert. Super public.
Le régisseur chef, il voulait pas qu'on fasse un rappel. Ké vilain. On a quand même fait un rappel. Haha. Pour celles et ceux dont le soutien vaut trente bouteilles de primpéran.
Pendant "Rip Off", un monsieur avec fort une casquette a grimpé sur scène, s'est emparé du micro de Teuk, et a brutalement enchainé un rap, un slam ou était-ce une revendication pour le retour de Dorothée en prime time sur TF1? Bref, pas bien compris. Ce qui m'a fait rire, c'est la réaction de Teuk. Le type un peu hystérique qui lui bouffe son espace vital, et Teuk style hyper zen: "Tiens, le type il chante dans mon micro...".
30/10/2007 | de David
Extreme relooking
Hier Paris promo/interviews et repas/réunion avec organisateurs Printemps Bourges. Dans train, tiens, tiens, j'me sens bizarre. Dans métro, tiens, tiens, suée froide. Première interview, j'me sens de plus en plus cake. Vais prendre l'air 2 minutes et FLAARGHH gros vomi tout plein caniveau. Fort, dis. J'rentre à l'hôtel LAAAAEURGH vomi toilettes.
Bon, ok, gastro. Annule rendez-vous. Triste de me sentir comme un chien aplati mort galette, alors que vie m'appelle. Médecin arrive. SOS médecin. 68 euros. Lui explique chanteur demain Bataclan, injection primpéran forte. Me dit tout bien, zêtes jeune. J'lui dis moi pas 68 euros en cash sur moi. J'peux payer en places de concerts? Bruno arrive argent. Vomi. Viens voir Bruno, tu vois poulet curry? Y a bon. J'essaie dormir. Me relève pour repeindre toilettes. 3h du mat, deuxième couche. J'allume télé. Chaine française qui s'appelle Téva. Pensais que c t chaine pour les témoins de Jéhova. Non, non. Une émission anglaise sur Téva: "Extreme Relooking". Woaw. Je reste scotché. Deux femmes, mères de famille, anglaises modestes, choisies pour être complètement relookées. Pas seulement zabits, non, grosse artillerie: nouveau nez, nouveaux seins, nouvelles dents pour celle qui avait vraiment les dents de d'vant comme deux pianos blancs à queue. Six semaines plus tard, relookées, belles comme tout, mères famille humbles, simples et sans histoires, princesses d'un soir. Amis et familles réunis pour résultat. Elles arrivent étincelantes, belles comme tout. J'ai pleuré comme une madeleine. L'émotion de la famille. Pouvais plus m'arrêter. De pleurer. Saloperie primpéran.
28/10/2007 | de Teuk
Politique boudin
"La seule grande réussite dans l'engagement humanitaire, c'est le pouvoir et la force occulte.
La seule noblesse dans un acte citoyen, c'est la discrétion et l'intime conviction".
J'ai écrit ça ds un mail...
Nous refusons les apparitions pour diverses oeuvres humanitaires. Avons toujours refusé. J'y crois tellement pas.
Un excès de réalisme diront certains, un acte non-citoyen diront d'autres!
Ke j'dis, il ne faut pas mélanger univers artistique et engagement politique. C'est pas la même essence.
Pour ma part, je n'y crois pas. Et d'autre part Bono est là pour ça.
On a pas le statut. A notre stade, ce serait méga-présomptueux d'apparaitre en fer de lance d'un mouvement et draguer l'opinion à tout va. J'ai ma conscience pour moi.
Rain Forest, la Birmanie, la défense des prisonniers ukrainiens de Russie, la libération d'Ingrid Bétancourt, les enfants du Soudan, la reconduction du bail commercial de la friterie Fontanas, la recherche contre la maladie de Crosfeld Jacob, la recherche de la voix de Renaud en concert, etc... toutes ces oeuvres nobles qui seront défendues mille fois mieux que par moi jouant "No contest" au ukulélé.
Le 18 novembre, nous avons accepté d'apparaitre pour le mouvement "Ni putes ni soumises" au Botanique. 20 minutes en acoustique ukulélé.
Avons accepté uniquement parcequ'il y avait le mot "pute" à l'affiche.
Haha.
26/10/2007 | de David
Plat fond et faux-plat
Bruxelles ULB, ouais. Bof. Triste pour les gens qui ont cru à un concert Sharko dans des conditions normales. Triste pour elles et eux. Sincèrement, hein, c'est vrai. Pour les gens qui ont dû attendre et attendre et attendre jusqu'à 2h du mat'. Bigre.
Paris, le lendemain. Incandescent ke j'dis. Dig Up Elvis jouait le même soir. J'avais peur d'affronter le monde de la quatrième dimension des fans au sortir de l'enfance et l'hystérie collective. Mais non.
La fille de Mick Jones (The Clash) ouvrait la soirée. C'était fort mauvais. Sailor no Youth ça s'appelle. On aurait dit un groupe de reprise de Blondie/Pretenders. Après le concert, elle semblait défaite. Elle pleurait de rage d'avoir raté son truc. Elle avait fort bu. Dans la salle, pour lui remonter le moral et le compte en banque familial, ils ont passé "London Calling". Ce qui n'a VRAIMENT pas eu l'effet escompté. Ouille.
Macon. Humainement fort touchant. Des rencontres. Yep.
Hein Bidule?
Marseille. Ké cool concert. La ville la nuit.
Pyrénées. Cool concert. La fille de Dyonisos. Cool meuf dis.
La route du retour? Une torture. Abou Ghraib à côté, c'est le club med. La prochaine fois, je fais comme les anglais y font, je prends des somnifères et je dors 12 heures.
Mons. Interview avant le concert. Impossible de cerner si la fille qui me posait des questions était méga-hostile et allait me filer un gros coup d'boule ou alors si elle était simplement mal à l'aise et maladroite. A un moment, je me disais que si elle avait pu accompagner ses questions de gifles, elle l'aurait p-e fait, non?
Partir en tournée, c'est voir son matériel souffrir. Mon entrée ampli a explosé, ma valisette jaune n'a plus de tirette, mon sac ordi ressemble à une tranchée 14-18, on a perdu un micro, il nous reste 1 bouton sur les 4 de la digi et les broches d'alimentation se sont défourchés hirsutes en poireaux.
Cher journal, viens m'faire un bisou.
26/10/2007 | de David
Article Sharko Témoignage Chrétien Octobre 2007
Quoi de neuf en Belgique? Des blocs et du rock. Les blocs, éternels rivaux wallons et flamands, s'affrontent avec un peu plus d'animosité que d'habitude. Résumé lapidaire: les premiers accusent les seconds de vouloir la mort de la Belgique en réclamant l'indépendance, et les seconds déclarent leur ras-le-bol de porter le pays économiquement sans aucune reconnaissance. Depuis juin, les différents partis sont incapables de se mettre d'accord sur la formation du gouvernement. Le tout sur fond de xénophobie à marée haute. Faut-il voir une correspondance: l'éléctricité se manifeste aussi sur la scène musicale. Depuis la fin des années nonantes, Bruxelles et son festival des nuits botaniques propagent le grand frisoon des guitares qui grincent. La voie royale, c'est le groupe dEUS qui l'a ouverte, en prouvant que l'on pouvait être belge, oublier Brel, se brancher sur le secteur et vendre des disques dans toute l'Europe. David Bartholomé, leader du groupe Sharko, est allé un peu plus loin pour faire ses classes. Direction New York. Guidé non par un plan de carrière mais par une jolie fille. Et une certaine lassitude à devoir alterner entre refus de salles et public indifférent. A New York, il trouve un public mais ça ne suffit pas pour vivre. Retour en Belgique. Case zéro. Avant d'abandonner, il participe à un concours, et le gagne. Le réseau suit. Salles. Studio. Ainsi est né Sharko. Premier album en 1999. "Molecule", le quatrième, est sorti au printemps. Sharko entame sa tournée. De passage à Paris, David Bartholomé nous parle de la Belgique: "Quoi qu'il arrive, séparation ou non, ce n'est pas dramatique. Ce pays, de toutes façons n'en est pas vraiment un. Il y a une vraie différence entre Flamands et Wallons. On vit ensemble un peu comme une famille recomposée. La différence aujourd'hui, c'est qu'il y a le grand-père qui rapplique en soulignant que l'on est pas de la même famille et qu'il faut en finir, vivre chacun chez soi. Ce grand-père, ce sont les partis extrémistes flamands". Partis dont le discours est repris par la droite libérale depuis le score inédit réalisé par l'extrême droite aux élections municipales de 2000, à Anvers: "Un tabou a été levé. Beaucoup de belges pensaient comme l'extrême droite mais ne le montraient pas. Ce vote à Anvers en 2000 a fait basculer la parole publique". S'il tempère nos inquiètudes politiques de proches voisins, DB bouscule en revanche nos célébrations artistiques tournées vers le Nord. A l'entendre, Brel, Hergé ou Magritte écrasent l'espace vital des jeunes générations. "S'il avait été américain, je suis certain que Magritte aurait paru ringuard, il n'aurait pas percé. Même chose pour Hergé. A son époque, avec les Comics, les dessinateurs américains étaient beaucoup plus créatifs et incisifs". Quant à Brel... "par son gigantisme, il a fait du mal aux artistes suivants qui ont voulu percer. Si tu ne fais pas de chanson francophone et que tu n'as pas de charisme, tu n'existes pas. Arno par exemple a pu percer grâce à ça. Il vous plait toujours en France parceque vous n'êtes pas rassasié, mais en Belgique, c'est un peu le ras-le-bol. Il a un système qu'il répète inlassablement: un bon mot, un riff bien lourd avec des incantantions de blues et c'est parti". La chanson francophone c'est aussi la télé avec Sardou et Joe Dassin, ça incite plutôt à chanter anglais. D'autant que le francais se prête mal au rock "à l'exception de Noir Désir qui excellaient et que beaucoup copient aujourd'hui encore. Quand il est en Angleterre, db se branche sur la BBC1... "rien à voir avec les radios francaises, tellement frileuses. Tous les matins, la BBC t'envoie un morceau incroyable qui te secoue pour la journée, entre deux infos. Et les rockers anglais ont arrêté de copier Bowie depuis longtemps". Santé!
Luc Chatel-Témoignage Chrétien 2007
26/10/2007 | de David
Plafond
Au sortir d'une tournée, je ne sais pas dormir. Je regarde le plafond et j'ai envie de t'embêter.
Cher journal, tu m'attrapes pas.
J'ai mal partout. La Flèche d'Or me manque. La sueur. La rage. L'énergie.
Pas le contexte de la Flèche d'Or, non, la scène. C'est ma scène préférée au monde. Je préfère faire la Flèche d'Or une fois que Werchter cent fois. Ou le contraire.
Oui, le contraire c'est bien aussi.
Marseille, entre nous soit dit, notre meilleur concert de justesse de jeu. La troisième Flèche d'Or, notre concert le plus incandescent.
Cher journal, être sur scène et avoir les poils de bras partout sur une chanson qu'on a joué 50.000 fois et qu'on connait trop par coeur... C'est un sentiment de bien-être inénarrable.
"Minute"... Le riff reggae de "Rip Off"... La fin de "Car Was"...
Ne point être accablé par l'ennui de les re et re et rejouer depuis des lustres, au contraire fi, sentir le frisson bienveillant sciatique-nuque.
L'adrénaline absente... Plafond, t'es pas gent'.
Journal, tu m'attrapes pas.
17/10/2007 | de David
Soirée people et tournée bus
Hier, soirée people Paris. Concert privé Sharko dans un club un peu huppé-hype pour la première du "Coeur des Hommes 2" pour l'équipe technique et les investisseurs. Nous sommes présentés au réalisateur, très cool et pas prise de tête. Bernard Campan se fait agripper par un monsieur bavard un peu âgé dans les escaliers qui lui parle, lui parle, lui parle et Campan de réagir avec une diplomatie infinie. Marc Lavoine très people qui embrasse à tour de bras avec les yeux revolvers. Daroussin, pèpère. D'autres têtes connues mais incapable qu'on est de mettre des noms dessus. Une actrice très belle, des mannequins, un présentateur télé, un acteur tout petit avec une barbe, ...
C'était l'anniversaire de Jul. Nous lui avons fort fait des bisous à minuit.
Une tournée dans un bus, c'est comme partir à la mer avec un équipage. Au début, la discipline est de mise. Puis, très vite, on pète avec moins de discrétion, on jette nos détritus sous les sièges, l'habitacle ressemble à Sarajevo, Yves joue à Piet Van Dohertiesche (le Pete Doherty local, strip-teases improvisés, je suis jeune, je veux faire la fête), la prostate de Teuk rythme nos arrêts aux aires d'autoroute, et moi sex-appeal au sommet, attention top-glamour, j'essaie de tromper l'ennui en dormant sous une doudoune type Alaska-Sibérie et casque anti-bruit orange pour marteau-piqueurs sur les oreilles.
Méga sexy.
08/10/2007 | de David
Flèche d'Or
Cher journal, hier, Flèche d'Or. Après 2 jours de répet' âpre en studio, à perdre pied parfois, à fustiger notre assurance, à nous confronter à nos petites misères, quel bien nous fît de retrouver la scène.
Avant notre concert, j'accompagne "Valériane-qui-m'a-fort-fait-un-cadeau-et-que-je-n'oublierai-jamais" manger au petit restaurant de la Flèche. Nous tombons sur le pire trou d'cul de serveur petzouille parisien du monde qui nous traite comme de la merde. On ne parle pas comme ça à "Valériane-qui-m'a-fort-fait-un-cadeau-et-que-je-n'oublierai-jamais" et on ne parle pas comme ça aux gens tout court ke j'dis. Style:
Petzouille: -"Hé, j'vais trop vous demander carrément de ne pas vous assoir là, parske j'attends du monde ici".
Nous: -"Ok, no problemo hein, nous agresse pas, hein."
On s'installe.
Elle: -"Monsieur? Pardon, dans le menu, vous m'expliquez c'est quoi le Coleslaw?"
Petzouille: -"Ouais ben, pfffffff, si vous connaissez pas le menu, j'vous conseille de prendre autre chose."
Elle: -"Pardon?"
Moi: -"Comment tu lui parles, j'y crois pas. Tu sais qui c'est? C'est Valériane-qui-m'a-fort-fait-un-cadeau-et-que-je-n'oublierai-jamais! On te demande un renseignement. Dis plutôt que tu connais pas ta carte."
Petzouille: -"Pfff, si, si... Mais j'ai des problèmes de mémoire... Bon, alors le Coleslaw, c'est des artichauds avec une crème blanche nappée dans..."
Elle: -"Oui, non, je vais prendre autre chose, j'aime pas la crème blan..."
Petzouille: -"Laisse-moi terminer, tu m'as demandé, j'te réponds. Le Colesaw, c'est donc blabla..."
Valériane-qui-m'a-fort-fait-un-cadeau-et-que-je-n'oublierai-jamais mange. Enfin. Un peu dég' mais bon... elle mange.
Au milieu de son repas, Petzouille arrive toute furie alerte et, nous signalant une table dégueulasse, il nous claque:
Petzouille: -"Ouais ben, j'vais trop vous d'mander de bouger à cette table car j'ai 6 personnes qui arrivent."
Moi: -"Tu rigoles? Elle est en train de manger! Elle va finir son plat, non?"
Elle: -"Ta table elle est même pas débarrassée... Débarrasse d'abord ta table! Comment tu nous parles!"
Petzouille: -"Pfff... Vraiment, y a des jours..." puis s'adressant aux gens qui attendent, agressif: "Bon ben revenez dans une demi-heure, vous voyez bien qu'y a pas d'table pour vous!".
En ouverture concert, Soko. Un charme fou, j'avais les poils de bras partout.
Complètement tombé sous le charme. Elle dégage beaucoup. Je resterai joliment indulgent avec tes caprices et tes manières. Parceque tu me donnes des poils de bras partout.
Il y a des soirs où je crois aux conjonctions astrologiques ke j'dis. Ce même soir, mon micro se décâble, je marche sur mon fil de basse qui se déconnecte, je m'oublie dans "Sweet Protection" et rajoute 2 mesures, j'oublie les paroles, mon ukulélé de désaccorde complétement, la sono buzze tout le premier morceau et le limiteur général sonore de la salle écrase le volume dès qu'on grimpe dans les tours. Ce qui n'a pas eu l'air de gêner le public. Un accueil de folie.
Quel bonheur de voir qu'il y a encore des gens pour s'enthousiasmer et se déplacer pour des concerts indie sans relais hypé des médias prout-prout.
07/10/2007 | de David
Saint-Amand
Cher journal, je reviendrai sur la Flèche d'Or dans un instant. Mais hier soir concert à Saint-Amand, j'ai cru que j'allais me taper un fou rire monstrueux. Un public clairsemé et difficile. Devant moi, des ados qui parlent, parlent, parlent comme quand on a 13 ans, rient de tout, et rient de tout fort. Juste à côté d'eux, un homme seul, méga bourré, qui essayait de capter mon attention par des "Hé, hé! Ici, hé toi le mec à la basse! Hé, toi! Tu bois un verre après? Hé, super plan de basse ça. C'est cool. Pas mal. Hé, hé, hé ici, tu m'entends? Hé? Tu bois un verre après? C'est quoi ton bassiste préféré? Hé! Putain, t'assures. Hé? Hé, tu bois un verre après? Et réponds-moi."
Tout ça pendant qu'on jouait! PENDANT LES MORCEAUX!
25/09/2007 | de David
Gencive de zoulette
Cher journal, hier, dentiste, un des meilleurs dentistes de Belgique. Sérieux. Un top. Opération gencive, dévitalisation, abcès sous un plomb perdu d'une carabine. Des piqûres célestes, je plane, je tripe un peu. Non, beaucoup.
J'ai peur d'avoir mal, c'est pire que la douleur. Là-dessus, on rigole fort. "Le roi a t-il des couronnes?" demandais-je.
Le portable de mon dentiste, posé sur une micro-balance très sensible, vibre. Il a reçu un message. Me voilà embarqué dans le délire suivant: "Dentiste, dis, quand votre gsm reçoit un message, est-ce que ton gsm il est plus lourd?"
- "Non... Haha. Vous êtes drôle sous l'emprise de la drogue."
- "Non, sérieux, on va faire le test. On va peser votre gsm, et je vais vous envoyer un sms, et on va peser à nouveau le gsm, ce serait incroyable qu'il ait pris du poids! Allez!"
- "Monsieur Bartholomé, s'il vous plait, asseyez-vous, je n'ai pas fini mon champ."
- "Allez, c'est quoi ton numéro? Hein, allez, c'est quoi? On va rigoler!"
- "Monsieur Bartholomé, rhabillez-vous, et non, je ne vous donnerai pas mon gsm. Asseyez-vous! Pascaline! Venez m'aider! Monsieur Bartholomé fait un malaise!"
Plus tard, remis de mes émotions, interview par téléphone en direct sur Mint FM, la lèvre encore endormie, je préviens le monsieur interviewer, il se lance dans sa première question, je me lance dans la réponse:
"Oh wé 'iui pas e a on'ert en 'rance à 'aris et on 'a 'olalement 'aire 'es 'uos, 'ais 'est 'and 'ê' im'ortant 'e l'a'oir 'ur "e'ellent" 'ar"
Et là, le monsieur en direct, il a eu un fou rire irréprescible.
Impossible à rattraper.
"'out 'a 'ien?"
19/09/2007 | de David
Namur-Julien Doré-Metz-Métro-Braine-NRJ
Cher journal, tu es joli. Cher journal, nous avons fait en 3 jours 6 concerts et beaucoup de belles choses. Je saute de joie.
Namur, foule des grands soirs. Pequet? Parceque. Cependant, n'est-ce pas, je m'attendais à plus de ferveur. J'ai beaucoup donné. Personnellement, j'étais sur les genoux. Public observateur. Pequet? J'sais pas. Tant mieux, hein, c'est cool.
Mais je m'attendais à un embrasement. Pequet par ci, pequet par là: embrasement. Sauf que non. Ou si embrasement il y eut, je n'y ai vu que du feu.
Le monsieur qui nous a servi à manger, il avait un peu les mains baladeuses. Un peu "copain comme cochon" et vas-y que j'te touche. Steak d'autruche mal cuit et pour les végétariens, menu spécial, attention, attention menu spécial pour les végétariens: frites surgelés-ketchup. Haha.
Lendemain midi, à RTL-TVI pour la rencontre avec Julien Doré. Il arrive, bonjour. Oui, ça va. Il parle d'une voix douce. Autour de lui, manager et attachée de presse de prime abord accueillants comme une barrière nadar. J'observe. Lui aussi. Je crois qu'il nous observe. Je ne sais pas quoi penser. Lui non plus. Il nous dit "Je suis intimidé". Pendant l'interview, j'suis pas super à l'aise... Lui non plus. Ensuite, l'idée survient de jouer une chanson ensemble: son regard s'anime, on prend ukulélés, percus et sans préparation, hop, on projette nos frustrations dans un "Excellent" magnifique de simplicité. Lui tout en voix éthérée. Nous sommes communément surpris par l'émotion. Une réussite. Nous finissons, la porte s'ouvre avec le staff de RTL tout en joie et le manager de Julien Doré qui me saute presque dans les bras: "C'était chouette!". Tout le monde se congratule, la distance de rigueur a complétement disparu, l'attachée de presse sourit et notre Jul qui lance: "On fait un concert à Braine demain, on sait que tu seras à Charleroi... tu veux venir?".
Le même jour, dans la soirée. Metz. C'est notre premier concert dans une salle depuis 3 mois ou presque. Nous nous réjouissons de l'acoustique. Fort amusant une dynamique plus naturelle.
Ma mère est venue avec ses copines, et à peine j'descends de scène qu'elle débarque dans la loge en y invitant la moitié de la salle. Ma mère dans toute sa splendeur. Moi torse nu, sueur fraiche, elle dit: "Tiens gamin, dis bonjour à Caro, elle a acheté ton disque, attends, Véro tu voulais demander un autographe, gamin, signe un peu un autographe pour Véro, qu'est-ce que t'as fait à tes cheveux? T'as fait ça toi-même? Caro, ils vendent des tee-shirts, t'en veux un? Gamin, tu peux pas donner un tee-shirt à Caro? Rentrez, venez, il est là mon fils, bonjour Tuk, t'es toujours avec ta copine? Vous dormez à Metz? Ah mon fils. Tu peux donner un tee-shirt à Nico? C'est le copain de Véro. Il ose pas rentrer. Nico, viens. Bon, je te laisse, je suis fière de toi mon fils!".
Lendemain midi, retour à Bruxelles pour les trois concerts dans le métro. Pour moi, l'expérience de l'année: proche du public, pas de sono, son organique, pas d'chichis, un papier plié photocopié pour seul plan, on s'déplace en métro, une petite table et hop on joue. Méga cool. Première station: Yser. Gentil. Rythmé par le métro qui ponctue. Deuxième station: Rogier. Encore plus de monde. On est dans un recoin un peu glauque. Mais on s'amuse! Chaude ambiance. Après, les gens ils viennent avec leurs sourires, nous présentent leurs enfants, nous donnent des cadeaux. Troisième station: Parc. Enorme. Beaucoup de monde, ambiance de fou. J'fais chanter les gens. Fort. TRES FORT. J'demande de l'engagement. Ils s'engagent! Tout le monde s'époumone sur les "I AM THE BEST". C'est si simple...
J'ai fort aimé. Pas de micro, 2 guitares et une percu, sans filet, juste la voix et l'humeur juste.
Le même jour, vite, filons à Braine pour notre concert. Allons. Arrivons à Braine. Effervescence. Beaucoup de monde. Nous nous installons. Julien Doré arrive sous la tente de fortune backstage. Salut! Il est plus détendu. Nous aussi.
Je ne peux m'empêcher d'observer, l'oeil heureux, la tête des gens qui l'apercoivent et le dévisagent. Ce qui rajoutait à la surprise, c'était l'endroit! Croiser Julien Doré à Paris dans une soirée jet-set, ouais c'est possible... Pourquoi pas. Mais croiser Julien Doré sous une tente militaire d'un festival à Braine, woaw, non?
Public magistral. Embrasement. J'ai eu la chair de poule quand notre Jul est rentré à fond d'balle sur "Bug". Enorme son de batterie... Enorme. Yves (notre ingé-son s'il en est) a fait grosse patate. Ca résonait dans tout Braine. Je le cherchais du regard Yves. Et à ses côtés, j'ai vu en ligne tous ses collègues de son de la journée. Ils souriaient. Tous. J'étais heureux pour lui. Qu'il ait l'opportunité de laisser éclater son talent. La chance que ce soit avec nous, ouais. A me relire, je sonne comme une vieille chaussette sentimentale au bord des larmes, mais faut comprendre, c'est beau, non?
Je suis monté sur la barrière, dans la foule, une fille me caressait l'entre-jambes, c'est déjà sur youtube.
Concert à peine fini que tout le matériel est démonté-rangé car nous sommes déjà en retard pour Charleroi faire playback NRJ.
Julien Doré est ravi du concert. Nous aussi. Ravis qu'il ait préfèré passer du temps dans un petit festival avec nous plutôt qu'être dans le parc V.I.P. de NRJ à s'la péter avec Amel Bent.
Le même soir donc, Charleroi. Et le gros kif de la soirée: l'organisateur-programmateur de NRJ a dépêché pour nous une escorte policière à l'entrée de Charleroi! Motard, sirène, warning et gyrophare, le gros kif de Frainswo (notre tourman s'il en est) à fond dans Charleroi, passage à contre-sens, dépassage, repassage, hop hop hop. Nous derrière le flic, à faire des doigts d'honneur à tous les véhicules que nous dépassons, à fumer du shit avec notre demi-kilo de coke dans la boite à gand. Non, j'rigole.
NRJ in the park, c'est quand même énorme. Le site, le backstage, la tente V.I.P., les loges, le catering-restaurant, le public, c'est énorme. C'est un peu comme le Pukkelpop mais en playback. Quand on est arrivé, Michael Youn sur scène et devant lui 50.000 personnes qui sautent.
Dans les loges, réunion stratégique: doit-on jouer une chanson ukulélé ou doit-on uniquement jouer "Sweet Protection" et courir sur le saumon d'Ecosse et les 15 kilos de profiterolles backstage?
On fera ukulélé. C'est tellement facile à faire! Un câble, une ligne, hop, ça passe dans la sono et tout le monde il est content. J'ai pas peur. On a fait 4 concerts aujourd'hui, nothing can stop us now. You know.
Avant nous, la chanteuse Shy'm monte sur scène avec un rappeur à ses côtés. Il parait qu'il est méga-connu, s'appelle Kamaro ou un truc comme ça. Sans blague, ce mec, il s'est gratté les couilles au moins 500 fois sur scène. Sans blague.
Un vilain tic, ke j'dis.
C'est notre tour. On monte sur scène, et là; c'est le drame.
L'âne qui s'occupe de brancher mon ukulélé ne pige pas, il met 3 plombes à trouver la ligne qui va dans le bon sens, et pendant ce temps-là, je rame devant 50.000 personnes qui s'attendait à une chica bomba ou un rappeur méga gratte-couilles.
A la place, ils ont un cake qui chipote une petite guitare que personne n'entend. L'autre cruche, là-bas, il cherche toujours comment brancher l'bazar, j'commence à paniquer: "Merde, on fait quoi?" et évidemment personne pour aiguiller l'autre Mister Bean qui n'a vraiment que ça à foutre de la soirée puisque tout le monde est en playback-orchestre!
J'm'en fous. Je me lance, j'vais pas attendre 107 ans.
Et là, les gens... ils huent. Haha. Ils huent! Hostilité! J'y crois pas! J'aperçois des gars qui font "Dégage!" avec de grands gestes, d'autres qui sifflent, un mec crie "Fous le camp!" avec ses pouces vers le sol comme à Rome. Je jette un oeil sur Teuk pour voir s'il constate la même chose. Puis j'regarde Jul... Ca me fait sourire. Les gens huent! Woaw. Finalement et tout à la fin, le ukulélé arrive dans la sono, et tu sais quoi? J'ai la rage maintenant. J'ai la bonne rage. La bande son de "Sweet Protection" démarre, je prends le micro et j'ai plus rien à perdre, nothing will stop me now. You know. Je parcoure la scène, j'ai la rage. Tu m'a hué? Prends-ça: "Sweet Protection" hurlé à fond. Je saute de l'immense scène, je rentre dans la foule, vous avez hué? J'ai peur de rien ce soir! Je m'en fous! "Sweet PROTECTION" ke j'crie. Et ça calme tout le monde. Woaw. Haha. On rit fort.
Cher journal, pendant 3 jours, j'ai retenu des images pour quand je serai vieux comme une vieille chaussette. Beaucoup des images. Je retiendrai le vigile du métro à Parc que j'ai surpris en train de chanter les "I am the best" comme tout le monde mais entre ses dents et en sourdine. Toujours à Parc, je retiendrai les larmes d'un copain de Teuk. Il pleurait de joie. Je retiendrai le visage illuminé des collègues de Yves à Braine. Je retiendrai les huées de Charleroi et la rage-résilience que ça m'a inspiré. Je retiendrai le policier qui nous escorte comme si on était Beatles. Je retiendrai l'audace du programmateur NRJ, humain et sincère, nous offrant l'opportunité de défendre "Sweet Protection" entre Michael Youn et Amel Bent. Je retiendrai le regard de l'une et le sourire des autres. Je retiendrai les gens. Et enfin, je retiendrai la petite chanson composée il y a 10 ans et qui trouve son épanouissement, dans le métro ou à RTL-TVI, avec ma voix ou celle de Julien Doré, dans le coeur d'une mère ou la bouche d'une enfant.
"I'm special... Excellent...".
14/09/2007 | de David
Podium RTL playback
J'avais une absence d'ouverture d'esprit, oui dis. Le premier podium RTL, j'y allais comme on va essayer un string homme chez H&M. Fort mal à l'aise.
Mais en même temps, j'étais fier qu'on y soit pour défendre (même en playback) "Sweet Protection". Chanson dense, profonde ke j'dis. Autrement plus dense que "Coco koala hey, coco koala ho!" et autres "Boum boum tchik tchik boumba".
Je me revoyais lors de sa composition et l'écriture des mots, si personnels. Je nous revoyais en studio et l'âpre bataille pour l'épanouir...
Pour ensuite sur scène devant 12.000 personnes faire playback avec ma basse pas câblée. Haha.
Le premier podium, tellement mal à l'aise que je me suis enfui immédiatement après notre passage. En courant: voiture, allez merci hein, aur'voir, adieu, vrooooooom!
Le deuxième podium, toujours playback.
Mais après vive réflexion et insomnies diverses, j'ai voulu mieux comprendre l'essence. J'ai donc pris le temps d'observer la foule. Installé dans un petit recoin, je plongeais mon regard dans le regard émerveillé des gens... La chaleur simple, désarmante. Leur enthousiasme à la vue des stars de la chaine. Leur réactivité. Il y avait de l'amour dans les yeux des gens. Beaucoup d'amour. Ils voyaient en vrai les présentateurs qu'ils invitent dans leur salon tous les jours ou presque. Une emphase peut-être pas intellectuelle, mais so much sentimentale, you know. Moi avoir compris. Ok moi trop phosporer. Moi trop compliqué, ok, ok.
Le playback s'est donc pour moi déroulé avec humilité joviale. Acceptant l'artifiel, acceptant la basse pas câblée, acceptant l'idée que les gens y s'en foutent que la basse, elle est pas câblée, que Teuk n'a pas de cordes à sa guitare et que Julien joue la batterie sans baguettes. Haha. Les gens y s'en foutent, y sont pas là pour faire "Les experts" ou Colombo "épisode playback". Y s'en foutent les gens.
Le troisième podium, nous jouions en vrai, en live pour du vrai. Pas d'chichis. Dans ta face. Nous avions décidé de jouer rock, un peu dur, pour que les gens y sachent aussi que la musique de djeuns, c'est du rock qu'on fait et que le rock, c'est parfois un peu dur.
L'ambiance backstage, du côté des vips, du côté des "stars" de la chaine, était charmante. Vraiment.
Simple, chaleureuse. Amusante.
Plus simple et chaleureuse que bien m'en a pris. Bien plus agréable qu'un backstage concert ou un top festival où les batailles d'égo font rage occulte. Bien plus cool qu'un backstage concert ou un top festival où il est affolant de constater dans les yeux des gens qui n'ont rien à y faire une attitude sans grâce, une prétention pète-couilles et la jubilation vaniteuse d'être là. Je suis vilain: je retire ce que j'viens de dire.
Non, sérieux, un backstage RTL, c'est un regroupement d'élus locaux, d'animateurs, de directeurs et autres sous-lieutenants alertes. Tous s'y promènent comme dans un barbecue familial. Egos au vestiaire. Sauf pour Axelle Red. Pardon, je retire ça aussi. Et tout le monde content d'être là, comme dans une boite de management où les employés se soudent par une rencontre informelle et familiale.
Où le coeur fini par l'emporter sur le cynisme.
02/09/2007 | de David
Verviers et playback
On a joué à Verviers. Et sur scène, je dansais, je suis tombé, c'est déjà sur youtube.
Playback: oui, on a fait un "playback-orchestre" sur un podium RTL samedi. Devant 12.000 personnes.
Un "playback orchestre", ça veut dire que le chanteur chante pour du vrai mais que les instruments sont sur une bande. C'est cool. On a pas à ranger le matériel après.
28/08/2007 | de David
Glamour DDR Flashdance
Cher journal, si à trois, tu ne m'as pas fait un bisou, je te fais fort des guilis et je te mords.
Un... Deux... Trrrrrrrrrrrrrrrrr... Ok. Ca va.
Ici la tempête sous la cape. Je visionne des films. Beaucoup.
Je suis en train de lire un livre qui me bouleverse. Enfin. 727 sorties littéraires en septembre. Et un livre rentre dans mon coeur. Vraiment.
Un mail de quelqu'un qui tutoie la folie. Suivi d'un autre, puis d'un autre. Tenez, moi, par essence, je sais que j'ai un p'tit grain. Je le sais. Je suis comme ça. J'ai une série de boulons mal vissés, des clous tordus, mal-enfoncés et quand même martelés, plaqués dans le bois.
Aussi, quand je percois un esprit plus fêlé que l'mien, n'est-ce pas, je n'sais pas pourquoi, ça me fout le vertige.
Guy Roux, dit "Gui-gui", 68 ans, vient de démissionner de son poste d'entraineur du club de foot de Lens. Entraineur culte et mythique d'Auxerre autrefois, il a pris en charge le club de Lens en juin dernier. Et cette semaine, il a démissionné. J'ai compris. "Homesick" comme ils disent. Ce qui m'a amusé, c'est sa conférence de presse. Devant micros et caméras, il a expliqué: "Je ne pense pas que c'est l'âge (qui est en cause), mais les bétabloquants consécutifs à mes problèmes cardiaques (il a subi un pontage en 2001) qui m'ont enlevé certains facteurs de colère, d'émotion, qui me permettaient de "lever" les joueurs".
J'ai trouvé ça admirable. Parceque c'est inattaquable. C'est juste, précis, court, fort, simple. C'est admirable.
Mais je suis resté sur ma faim. J'attendais autre chose.
J'attendais une explication plus humaine. Plus humaine.
L'autre jour, dans un parc d'attractions. En pleine argumentation théâtrale avec la vendeuse de Bounty, soudain une main sur mon épaule: "Excusez-moi. Vous êtes le chanteur de Sharko?".
Je viens de terminer "La vie des autres". J'ai été pris d'un malaise. Je trouvais ça d'une tristesse sans nom. Miards... On parle bien de l'Allemagne d'il y a 20 ans?... Miards, dis.
(J'ai détesté le passage avec la fille renversée par le camion. Trop facile. Et j'ai souri devant le plan fixe à la fin. Ca me rappelle trop les films des années 80 avec le plan fixe final sur la fille qui a surmonté l'épreuve, style "Flashdance".)
27/08/2007 | de David
Chas d'aiguille
Je viens de m'entendre dire au téléphone:
"D'où vient cette envie éreintante de faire rentrer un animal dans un chas d'aiguille, alors qu'un poil suffit?"
17/08/2007 | de David
Pukkelpop
Cher journal, j'adore tes gui-lis.
Nous revenons de jouer Pukkelpop. Et c'était mille fois mieux que dans mes rêves. J'te jure.
L'organisation? Lumineuse. Le site? Une merveille. Le public? Vif. L'après-midi? Brillantissime. Le concert? Fort. Backstage? Classieux. Le repas? Fameux. Des mythes? Bouffent mes pulls. La Rolls des festivals? Oui.
Cher journal, c'est le deuxième festival cet été où nous croisons les KaiserChiefs.
Et cher journal, le chanteur, il est gros du visage.
Non, sérieux, j'observais ses jambes, il a des jambes de guêpes. Des petits pieds. Un cul normal. Ca commence à faire gras près des dessous d'bras. Puis ça monte.
Teuk trainait dans la V.I.P. lounge et il était à côté de Iggy Pop. Quand il m'a dit ça, il avait des étoiles dans les yeux.
Là-dessus, je lui ai demandé: "C'est gros comment une mythe?".
Après notre concert, nous étions avec Frainswo dans l'immense cantine de luxe. Pratiquement seuls, tranquilles, attablés à une immense table, à manger nos plats haut-de-gamme devant une télé immense qui retransmettait en direct le concert des KChiefs.
On ne se disait rien. On mangeait. Las. Fatigués. Sereins.
Nous regardions à l'écran l'autre sot s'époumoner avec ses bonnes joues comme des jambons. Et Fraisnwo à ce moment-là, il a posé sa fourchette pour dire:
-"Tu crois qu'il y a des gens qui le trouvent beau?"
17/08/2007 | de David
Pukkelpop
Dans la camionnnnnnnette, au retour, je discute avec Jul de zik, carrément. Y m'demande ce que j'ai écouté en zik carrément, des trucs nouveaux. Ouiuiui. Travis. Bat for lashes. Hives. Un ami que je vénère m'a fait découvrir cette chanteuse-là: Kaki King. Qui je ne sais pour quelle raison impénétrable, me touche ô au plus haut point. Teuk dit: "Ouais, mais elle prend pas de plaisir à la musique". Je réponds: "Si, mais elle est timide."
J'crois ke jsui allé voir 100 fois le clip où elle joue de la batterie, je sais pas expliqeuer maiiss ça me touche, je pourrais pleurer.
Si.
09/08/2007 | de David
Vacances retour
Cher journal, je suis de retour. Je ne t'ai jamais oublié et ne t'oublierai jamais.
Tu es mon seul équilibre.
Sans toi, je suis plus moi.
Demain, on se retrouve. Et on retrouve la route, les concerts, les chips, les sandwich-triangles, les fans, les groupies, les autographes (ého on peut s'la péter un peu ici, non, c'est interdit?), les bières tièdes, le temps dégueulasse, le pull à col roulé, le gilet, le k-way, le rhume, le débronzage facial ultra-rapide, Leterme, l'appart' humide et Pukkelpop en barque si on retrouve les rames.
Pendant mes vacances, chaque soir un film.
"Idiocracy", "Thank you for smoking".
J'ai adoré "24 hour party people". Pour le méga-personnage Tony Wilson. Sous le charme. Son humour, sa bonne humeur constante. Le film est méga-bof, mais à chaque apparition du gars, je souriais.
J'ai méga-adoré et suis resté scotché-scotché devant "Hard Candy". Halluciné devant le charisme et la justesse de la fille.
J'ai méga-détesté "A Scanner darkly". J'ai été méga-surpris par Kad dans "Je vais bien etc...". J'ai méga-pas aimé "La moustache" car j'arrivais pas à croire à un Vincent Lindon mordu de moustache à la base. J'ai pas méga-aimé "Les 9 reines" car le doublage était infect. J'ai méga-regardé "The devil and Daniel Johnston", la scène où il est sur MTV, la folie infantile dans ses yeux, méga-émotion. "The Prestige"... "Zodiac"...
Je vais faire ronpich cher journal. Je te fais bise.
Tu es mon seul vaisseau.
03/08/2007 | de David
Martiens et ovnis
Cher journal, tu es mon seul ami.
Toujours vacances, soleil placide et vent girouette.
Ce matin, très tôt, j'ai fait deux interviews par téléphone avec des journalistes australiens. Il était 8 heures du mat' pour moi, ils finissaient la journée chez eux. J'allais boire un café, ils allaient boire l'apéro du soir. J'allais tartiner mon croissant, ils allaient plonger leurs doigts dans des cacahuètes. Ils avaient la tête à l'envers au moment où je parlais, puisque moi j'avais la tête à l'endroit.
J'ai d'abord parlé avec Jakeb de "Rave Magazine". S'est montré méga-fan de l'album. Il me posait des questions méga-profondes et je m'voyais répondre avec densité à des questions ultra-complexes à 8 heures du mat'. Soudain j'ai vu la lune dans le ciel bleu et au milieu de l'interview, ai demandé s'il la voyait aussi. C'était cool, on regardait la lune ensemble! J'ai trouvé ça méga-émouvant que nous, si loin, loin, loin l'un de l'autre, pouvions regarder la lune ensemble. Lui de là-bas, moi d'ici. Je l'ai senti plus proche de moi comme ça.
Puis je me suis demandé si on regardait la même lune. Peut-être
qu'ils ont une autre lune peut-être... Puis j'ai mis mon doigt dans mon nez, et je lui ai demandé s'il voyait ce que je faisais. Ca m'a fait tripé. Je m'disais: s'il voit ma lune, il peut peut-être voir mon doigt dans mon nez peut-être.
Hier soir, le film "Idiocracy". J'ai fort ri les 30 premières minutes. Après, c'est moins drôle. Mais j'ai fort ri au début quand il débarque en 2555 pour découvrir le monde tel qu'il croissâme. J'ai enchainé sur "Thank you for smoking". Trouvé ça drôle et divertissant. Plus divertissant que drôle ceci dit. J'étais fasciné par les 2 actrices, l'ex-femme du gars et la meilleure amie du gars. Deux femmes sublimes, sèches, américaines, voix profonde, belles comme tout que j'dis, et je me suis demandé pourquoi j'étais à ce point sous le charme ("American thighs" disait Churchill).
Suis ensuite sorti dans la nuit noire, ai observé les étoiles. On voit bien les étoiles de là d'où que je suis, ke j'dis. Me suis fait la reflexion suivante: depuis la propagation des téléphones portables qui filment et font des photos, depuis la démocratisation intempestive de l'objet caméra digitale, comme il est curieux de constater que plus personne n'est plus jamais témoin d'apparitions d'OVNIS et autres martiens.
01/08/2007 | de David
Vacances
Nous sommes tous éparpillés en vacances.
Pour ma part, j'ai une connexion de merde, inexistante quand il y a du vent et du soleil. Et comme je suis au soleil toute la journée avec un petit vent constant rafraichissant...
Quelle merde, j'te jure. Haha.
Je suis méga-frustré de ne pas remplir mon quota de 16 heures d'internet par jour ceci dit. C'est presque l'enfer, dis.
Pour ce qui est du réseau téléphonique, c'est pire.
Je passe donc mon temps à la réflexion.
Et à watcher des films sur mon ordi. J'ai vu "Zodiac" long et au visuel 70's incroyable. Mais trop frustrant.
J'ai vu "The Prestige" mais pas compris cette histoire de cage à eau à la fin du film. Pourquoi devaient-ils noyer les clônes, j'ai pas capté. Sinon, l'acteur qui joue TESLA, j'étais envahi par la surprise et la joie. Je tairai le nom, mais cher journal, c'est une sacrée bonne surprise ke j'dis.
Bon, je profite de la connexion grâcieuse qui m'est offerte par la vie (vent calme, soleil en train de se lever avant que tout parte en couille et que je perde la connexion) pour vous annoncer que j
24/07/2007 | de David
Festival Mixthur et Xav'
Cher journal, je n'aime que toi.
Nous fîmes la longue route pour nous retrouver dans une vallée en Alsace. Ca m'a rappelé le film "Rambo" quand Stallone se retrouve dans un bois avec la brûme et les céphalées du Vietnam.
Festival éclectique, qui passe du rap au trash-métal. Ca nous a changé de Spa et des vibrations francofolles. Ca nous a remis les yeux en face des trous. Ah pour sûr.
Nous étions en train de manger nos carottes rapées sous une bâche de fortune, dans la sciure de bois pour résorber la pluie en séchant nos larmes.
A côté, sur scène, un groupe de ska virevoltait entre poncifs et clichés. Et c'est à ce moment que je me suis lancé dans une explication profonde avec Xav' (notre ingé-son retour). Nous nous étions frités la veille et je voulais éclaircir la frite.
Je lui parlais psychologie, gestion de stress et psychodrame quand soudain, j'ai senti son visage pâlir.
Puis il est tombé. Lentement. Le teint gris, les lèvres blanches et les yeux ouverts. Je l'ai rattrapé comme j'ai pu, je l'ai posé à même le sol, tout le monde s'est levé comme un seul homme, entre légère panique et incrédulité. Il était gris, inconscient, les yeux ouverts. Je l'ai cru mort. Julien aussi l'a cru mort.
Je lui ai soulevé les jambes tout de suite (geste félicité par les autres, mais en toute modestie, je voulais juste vider ses poches et prendre le cash). Puis enfin, enfin, il est revenu parmi nous. "Excusez-moi, a t-il soufflé, je crois que je viens de faire une légère chute de tension...".
Quel soulagement...
Teuk: -"Xav', toi non plus, tu n'aimes pas le ska?"
23/07/2007 | de David
Spa d'oie
Cher journal, je t'adore, de plus en plus fort.
Il y avait une bonne ambiance à Spa. Tout Verviers était là.
Je n'oublierai jamais Spa, ce week-end quasi-magique.
Je n'oublierai pas ce backstage, je n'oublierai pas cette place.
Je n'oublierai pas la pluie qui s'éloigne à petits pas devant mon regard courroucé. Je n'oublierai pas cette ville-ferveur, la presse, la radio. Je n'oublierai pas notre zone d'observation imparable pendant le concert de Zazie, seuls avec Zyves (notre ingé-son) à mater trucs et ficelles depuis la régie-console-retours.
Yves: -"Regarde-moi ça, Daf, sortir une production pareille pour obtenir un son pareil... j'ai la gerbe fieu. Ils te sortent l'artillerie, le bouzouk dans ta face, tout ça... pour ça?
Regarde un peu le matos de braves ici. Tu pourrais faire trembler toutes les Fagnes avec ça. Normalement, après ça, on devrait pas pouvoir retrouver un écureuil dans les arbres à moins de 500 km. Et ben non Daf, wat ça, ça se déroule pèpère, Jeanineke elle est gentille, alors que ça pourrait tout arracher et décoiffer bobonne jusqu'à Verviers.
Radiohead à Pukkelpop, ils avaient moins de matos que ça...
Me dis pas que le paye à ses claviers, y s'amuse. Me dis pas qu'il prend du plaisir avec son kaoss-pad pas branché. Me dis pas que le batteur, il rêve pas d'en mettre une grosse. C'est une machine de guerre son bouzouk et ça reste in de frietkot maat, et Zazie, moi, je la baiserais bien mon vieux. Haha."
(Ce même Zyves qui, au coeur de la nuit et alors que nous partions vers Mulhouse, ouvre la portière du van pour s'enfuir dans la foule de Spa en criant: "Je suis jeune, je veux faire la fêêête!". )
Plus tôt.
Devant la météo versatile, le staff technique commande un relevé de la météo militaire vers 18h30.
"Il ne pleuvra plus. Les averses s'éloignent vers l'Angleterre. Vous pouvez être tranquille" précise le communiqué.
Trois minutes après, il pleut.
"... L'armée belge" souligne Teuk.
La veille, justement, l'appel paniqué de Teuk qui venait de se couper l'index en jardinant. Il ne pouvait décrire sa blessure mais parlait déjà d'annuler le concert. J'imaginais les sutures, les infirmières, la plaie, le sang, les pleurs et j'priais Frainswo de le rapatrier vers son divan. Frainswo rassurant: "La plaie est minuscule, mais mal placée. Nous jouerons. C'est non négociable... Haha."
Teuk se fabrique une atelle de fortune et place ses barrés quinte de septièmes sur sa guitare, rassuré.
Quant à moi, journal, j'étais bien.
Nerveux, oh oui, un peu, mais bien.
"Relax man" me soufflait Zyves.
Le défi était grand, nous l'eûmes relevé.
Au sortir du concert, sur les genoux que nous fûmes, blancs comme des pets de fantômes.
Plus tard.
La rencontre avec Zazie. Brève. Sympathique.
Elle est belle. Intelligente. Elle domine son sujet. Je lui dis des bêtises, elle est diplomate. Elle me demande si j'ai déjà fait un concert "entre chien et loup", c'est l'instant qu'elle préfère.
Je veux savoir si elle a déjà joué à Ferrières ou Gembloux, c'est l'instant que j'préfère.
Rions, rions. Tant que nous eûmes dents pour ce faire.
16/07/2007 | de David
Echelle
Je viens d'répondre à un mail en disant ça:
"Tu coupes l'arbre pour construire une échelle au lieu de grimper à l'arbre".
Et j'viens de réaliser que c'était peut-être le thème propre à mon existence. Ha,ha.
14/07/2007 | de David
Dopage
Faut-il légaliser le dopage sur le Tour de France? Mais oui! Oui, oui, oui! Qu'ils prennent tous des hormones de croissance qu'on rigole! Qu'ils aient tous des mentons à la Bogdanov et des tibias de 2 mètres, qu'ils aient tous des nez énormes! Qu'ils meurent tous d'arrêts cardiaque à 34 ans! On veut du spectacle! On veut les voir faire Bordeaux-Nantes en 20 minutes et clamser au micro de Rodrigo Benkens! Oui au dopage! On veut du pestacle! Oui aux coups de marteau entre coureurs pendant le sprint massif! Oui aux coups de coude! Oui à tout!
14/07/2007 | de David
L'autre soir
L'autre soir, j'étais dans un endroit hype, et j'pètais d'chaud, je voulais enlever mon pull à col roulé (merci Al Gore, merci les mois de novembre qui tombe un 11 juillet) mais je me suis rendu compte que je portais un tee-shirt Sharko.
"Merde, ai-je pensé, ils vont croire que je m'la pète! Je reste en pull! Merci Nicolas Hulot."
14/07/2007 | de David
Dour
Cher journal, j'ai fort bronzé.
11/07/2007 | de David
Teuk rédige
Teuk a rédigé un texte pour la partie anglophone de notre site.
J'ai fort ri, c'est fort drôle!
Frank Black (08.07.07)
I saw Frank Black on stage at a festival in France.
He's not playing guitar anymore and his band is like a machine on speed. The only reflection that came into my mind was:
"Take the money and run, run, mister Frank Black".
Few hours later. I saw Kaiser Chiefs on stage.
I predict... a short life.
Walkin near a tourbus I saw a big ass of a man who was searching for something under his tourbus. It was Frank Black. Lookin for your mind, mister Black?
I wanted to ask him but I didn't.
Th
C'est fort drôle.
d
08/07/2007 | de David
Evreux
Cher journal, hier à Evreux, gros festival de France.
J'ai eu des soucis de son, de justesse, j'ai couru après le pétrole et j'suis jamais rentré dans mon match. Essouflé avant d'avoir couru.
Je déteste ce sentiment.
C'est comme d'aller à un mariage dans un château sauf que le brouillard est trop épais pour trouver le château, mais on est quand même content d'avoir vu les mariés à l'église.
Au festival, suis allé voir un groupe dont j'ai déjà oublié le nom. Un trio américain. Ils avaient un matériel sophistiqué sur scène, avec beaucoup de pédales à trigger, un moog taurus II, un ordi et un séquenceur pas retord. Bonne énergie vive et originale. Je m'demande s'ils jouent à Dour.
On a croisé Franck Black en allant faire une interview. Il est fort gros.
Son pestac' était méga-déprimant parait-il. Je dis parait-il car j'avais plutôt choisi de me goinfrer au catering avec un bouquet d'entrées froides suivi d'un succulent porc au caramel.
Couru ensuite pour observer l'installation des Kaiser Chiefs. Les roadies à l'oeuvre, le mec des lumières en train de chipoter à ses installations, qui-fait-quoi-comment sur quel matériel, c'est toujours beau à voir.
Pas convaincu par leur set par contre. Une bonne idée, et son application advitam-eternam comme on dit chez nous, pomme C/pomme V, pomme C/pomme V. Pub rock. Plaqués les accords et vas-y que je tourne-boulette avec ma bièèèèère.
Ca fonctionne un temps, puis on se met à rêver d'une conscience, d'un angle, d'une vision.
Le batteur, c'est le vrai chef du groupe. Elegant, lucide, souriant. Sûr qu'il va s'en sortir lui.
Le chanteur, typique anglais, de là d'où que j'étais, il me faisait penser à Antoine des Girls in Hawaii qui aurait pris 45 kilos et deux kilos de coke: "Found in the... RIOT! Ohoo-ooo-ooh!".
06/07/2007 | de David
Je pense que moi je pense (05/07/2007) INCOMPLET
Bonjour peuple, cher journal, bisou-bisou.
Je pense que Oswald est la vraie grosse victime du 22 novembre 1963 à Dallas (aïe).
Je pense que Jimi Hendrix a toujours été sur-estimé (aïe!).
Je pense que Keith Richards est Dieu (ah?).
Je pense que ABBA vaut autant que les Beatles (mmm...).
Je pense qu'on est trop à faire de la musique (...ah). Je pense surtout à Corneille.
Je pense que c'est pas net cette histoire de 11 septembre-là (parana, parana, para para parano).
Je pense que les gens, y sont quand même "bon public" parfois trop (si).
Je pense que... euh... tu vois... (oui).
Je pense qu'y a des chansons de Balavoine qui sont pas si mauvaises ("La bohème", c'est de lui?).
Je pense que la télé rend fou les gens qui regardent les gens qui y passent (parle à mon cul).
Je pense que sur une autre planète, des gens comme Francis Lalanne, Jean-Claude Van Damme, ils sont ou bien général-majors ou bien des divinités absolues (fort possible).
Je pense que Elvis Presley a été un génie pendant 3 minutes et un gros lard le reste de sa vie (aïe).
Je pense que je me suis trompé, il fallait lire "Helmut Lotti" à la place de Elvis Presley (aïe!).
Je pense qu'après réflexion, on peut aussi mettre "David de Sharko" à la place de Elvis Presley, sauf pour ce qui est de l'histoire des 3 minutes de génie (mé naaaaaan, neuneul...).
Viens m'faire un bisou.
05/07/2007 | de David
Caravane passe
"On s'amène avec une caravane chez un mec qui ne nous a pas encore prêté sa voiture".
(Un excès de zèle a fait que. Une info est sortie dans les médias. Que je n'vais pas relayer ici, journal. Ouh ça non, alors ça non jamais! Je ne valide pas. Je ne cautionne pas.)
Cher journal, je viens de m'acheter des croqs. Ca c'est super!
Je voulais les fushias, mais il ne restait plus que les marrones.
Comme me dirait une fort amie: "Ca ressemble aux sabots des femmes de ménage".
04/07/2007 | de David
Mauvaise nouvelle
Cher journal, mon seul ami. Aujourd'hui vers midi, nous avons fait une grosse réunion chez Bang avec Christophe (label boss Bang). A la base, je pensais que nous allions juste parler des royautés "et des brols ainsi" vite fait bâclé hop maison, mais Jul et Christophe avaient révisé.
Nous sommes-nous donc retrouvés dans une solidement pointue réunion où tous les sujets furent-ils abordés? Oui.
Tout, on a parlé de tout. Transparence et honnêteté.
A coeur ouvert.
Ainsi parlions-nous du sérieux des uns et des autres. De l'engagement des uns et des autres. De la mutation de l'industrie musique et de l'effondrement des ventes de l'objet disque. Ainsi parlions-nous de nos préoccupations profondes, des uns et des autres, commerciales et musicales, quand venue du bureau d'â côté, à travers la porte, nous entendîmes la voix de Philippe (co-label boss Bang) dire à ses collègues:
-"Putain les gars, j'ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer, j'crois qu'on a perdu le tire-bouchon."
03/07/2007 | de David
'tention... pas méchamment hein
Bon, moi parceque tu vois, bon, tu vois, je comprends que tu sois en retrait mais moi j'avance. Pas méchamment hein.
"Il a tiré mes 'feux!" disait l'une...
"Ils avancent plus vite que nous battons en retraite!" disait l'autre, les yeux remplis de larmes mais l'orgueil vaillant.
La nuit, je ne sais que dormir, y a des fois avec. Donc, je sais que le sommeil est d'or. Octave, viens m'faire un bisou.
'tention... pas méchamment hein.
J'étais dans les bureaux de Bang ct a-p. Donc, j'étais dans les bureaux, et dans le couloir, ils ont scotché une lettre d'insulte qu'ils ont reçue et qui concerne un des artistes Bang.
Je lisais la lettre, j'étais mort de rire. Ce qui fait rire, c'est pas tant les insultes que parle à mon cul ma tête est malade, ce qui me fait rire c'est la crise de nerfs que le mec a traversé pour écrire la lettre et l'envoyer.
'tention... pas méchamment hein.
Octave, viens m'faire un bisou. Descends de cette penderie.
La madame polonaise, au coin de ma rue dans son night-shop.
Je la connais depuis des lustres. Elle est lugubre comme une porte de château en Sibérie. Je ne l'ai jamais vue sourire.
Je suis rentré dans le magasin et j'ai eu un moment "jouette".
J'ai dit "Ca va fi-fille?".
'tention... pas méchamment hein.
27/06/2007 | de David
San Francisco
J'étais à San Francisco, triste comme un squelette au fond d'une rivière. Il y avait les open-mike nights.
2 chansons et le public vote.
J'tremblais comme une feuille, j'prenais ma vieille guitare et mon anglais révisé scolaire, j'avais tellement peur. J'avais peur que les gens rient. J'étais si petit.
"And she has no feet but I keep buying shoes...
And she has no legs but I keep buying trousers...
And she has no eyes but I keep buying sunglasses...
And she has no hair but I keep buying combs...
And we have no sex life but I keep buying condoms...
And she has no love for me but I keep loving her"
Je chantais des trucs comme ça. Facile.
J'avais tellement peur que les gens rient.
Tellement peur. Peur peur peur peur. Peur.
Rien à voir, mais cher journal. Cher journal, l'autre jour à la cérémonie des Octaves de la musique, un jeune monsieur est venu à ma rencontre et sérieux comme une tombe, il m'a dit: "C'est pas mal c'que vous faites... Vous avez pas un prospectus ou une démo pour prendre à ma maison?"
25/06/2007 | de David
Fêtes de la musique
Aux fêtes de la musique, d'abord on prie pour qu'il ne pleuve pas. Ensuite, par méchanceté gratuite, on prie pour qu'il pleuve sur les autres groupes mais pas sur nous. Haha.
Nous avons eu la chance de pouvoir faire deux bons concerts sans pluie le même jour. Bruxelles et Liège.
D'abord, Place des Palais.
Place Royale, place légendaire, devant le Palais du Roi. Fort beau.
La place se remplissait. Je voulais qu'on mette le feu. C'est pas parcequ'on joue à 17h sur une place royale qu'on doit pas bourrer potame et patate.
Pendant "Trip", je suis parti m'balader sur la rembarde et les gens sont devenus happy-happy.
Après l'concert, dans le public à faire des free hugs, des free bisous et beaucoup des bisous.
Ensuite, le journaliste fort gentil de RTL-TVI m'a annoncé qu'il voulait faire son intervention au J.T. en direct avec moi. Bigre. Ils voulaient faire ça à côté du public pendant le concert de Saule. Un boucan incroyab, le public super-chaud, la sono à fond d'balle, Saule qui f'zè des "Ca va?", le public répondait "Wouéééééééééééé", Saule en r"mettait une couche: "J'entends rien, est-ce que CA VA?!", le public: "WOUEEEEEEEEEEEE!"... et nous en direct à la télé.
Le journaliste restait zen et confiant. J'ai rien compris à sa première question. Je m'étais dit que j'allais lire sur ses lèvres mais il avait la bonette RTL-TVI devant sa bouche, j'étais très embêté.
Je voulais rester méga-sérieux, j'me concentrais à fond, je sentais qu'il allongeait sa question pour qu'on r'tombe sur un petit faux-plat de calme. Il allongeait sa question pour me donner des mots-clés, je me voyais m'évanouir.
Un grand moment de solitude, ke j'dis.
Le gars est resté méga-zen, j'ai jamais senti dans ses yeux de l'impatience, de l'énervement ou de la mauvaise humeur, c t cool.
www.youtube.com/watch?v=IQdDHsQPPvI
22/06/2007 | de David
Les Octaves
Hier donc, nous étions conviés aux Octaves de la musique. Octaves de la musique qui sont aux Oscars ce que Borat est à Brad Pitt.
Nous y allions avec le sourire carnassier, une micro-dose de cynisme (wi, j'avoue), pour voir des jolies filles et parceque nous fûmes nominés 4 fois.
Pourrions-nous disserter mille ans sur ces Octaves et le fondement même d'une telle manifestation, que parle à mon cul ma tête est malade. Je dois admettre notre joie.
Avouons que le premier prix n'était pas une totale surprise en soi (nous étions programmés pour jouer juste après, haha), le deuxième prix (inattendu) pour l'album de l'année nous a sonné.
Une reconnaissance: un album dense et quelque peu sombre, qui est porté par d'autres que nous.
L'objet, l"Octave" est beau, ke j'dis. C'est un oiseau en bronze qui s'élève et pointe son bec vers le plus ciel.
Malheureusement, une fois revenus à nos places, Julien avait posé l'objet à mes pieds et quand j'ai rabattu mon siège pour m'assoir, j'ai complètement plié la pointe du truc.
Le bec ressemble maintenant à un crochet de cintre, ce qui le rend plus facile à accrocher dans une penderie par exemple.
La cérémonie, très drôle. On a fort ri.
Je retiendrai les quelques bourdes du présentateur, bonhomme, qui a enchainé une belle brochette de boulettes. De quoi tenir son barbecue tout le week-end.
Je retiendrai un tunnel ubuesque de la responsable du Classique qui a souhaité adresser une mention spéciale à une jeune et jolie jeune femme chanteuse d'Opéra.
Celle-ci monte sur scène, et la responsable de monopoliser la parole dans une belle confiture d'approximations:
- "Chère demoiselle, votre parcours est magnifique, vous dégagez une telle grâce qu'il nous était impossible de ne pas vous attribuer cette mention spéciale, vous qui avez fait le conservatoire de Mons..."
- "Non, de Verviers..." a soufflé timidement la jeune femme.
- "Oui pardon de Verviers, ensuite vous avez gagné le prix de Paris..."
- "Non, le prix de la Communauté Française..." a encore osé la jeune femme.
- "Oui, oui, c'est la même chose, c'est sûr que j'aurai pu réviser un peu plus, mais il n'empêche, vous êtes un riche symbole du talent de notre Wallonie. Vos parents doivent être fiers de vous et la ville de Tournai d'où vous venez aussi..."
- "Je suis de Verviers..." a rectifié poliment la chanteuse.
- "Oui certes, mais on est pas à 30 kilomètres près."
(Parmi les gagnants, j'ai particulièrement fait des bravos-bravos pour la musique de chambre de Namur. Fort drôle, inventif, expressif et j'étais complètement capturé par les personnages.)
Donc, voilà... merci pour cette chose, ke j'dis. Merci beaucoup.
Vraiment.
Merci à tout ceux que nous avons remercié sur scène,
et tous les autres que nous ne remercierons jamais assez.
19/06/2007 | de David
google earth
Cher journal, je viens de découvrir google earth et je voyage donc.
J'ai évidemment passé en revue tous les endroits du monde où j'ai posé mon cul, et me suis demandé si j'allais m'apercevoir marchant dans la rue. Ce serait gag, non?
La rue où j'habite, j'ai tout scruté aussi. J'y vois pas ma voiture.
Comme quoi google earth c'est pas encore super fiable.
17/06/2007 | de David
Claque
Cher journal, 'tain, j'viens de m'manger une claque géante.
J'viens d'écouter le nouveau White Stripes. "Icky Thump".
Le texte, le titre déjà, le débit, le son, le riff, la simplicité de la batterie (but yet, man, son efficacité), le petit synthé, putain, ça m'a donné une fulgurance... Une décharge d'adrénaline comme un trop plein d'mercure.
Gras sans être grossier, lourd sans être immobile, viril tout en étant maternel, ethéré, intelligent sans arrogance, O joie!
Ca m'rappelle un peu la première fois que j'ai entendu "Hang up to dry" de Cold War Kids... Oui. Une claque aussi. Une claque. Mais j'avais mis mes coudes dans les gants. J'trouvais le son énorme mais avec la voix, j'avais un peu de mal au début. J'avais peur qu'il s'éclate une couille et trouvais qu'il chantait comme le chanteur de Midnight Oil.
(Puis un détail, certes, mais l'anecdotique inutile volée de fausses notes au piano après le premier refrain, j'étais pas fan.)
16/06/2007 | de David
La peur du zèbre
C'est l'histoire d'un lion qui est en train de faire l'amour avec un zèbre. Un deuxième zèbre apparait au loin, sur une colline.
Le premier zèbre dit au lion: "Merde, c'est ma femme, fait comme si tu me tuais".
C'est drôle, non?
14/06/2007 | de David
Cave
Rien à voir. L'autre soir, j'ai accepté l'idée d'un concert confidentiel dans une cave. Pas de micro, pas d'ampli, ukulélé seul, guitare de nain et hop. Donc, bon, faut admettre, 25 personnes, public gagné. Ils chantent comme un seul homme. Chaleur humaine désarmante. Ambiance amicale, fraternelle et tendre. Certes. Désarmante tout autant quand j'entends à ce point les micro-réactions. Le souffle, les toussements étouffés, la respiration, les petits rires.
Et je me disais: le disque s'éteint, Dafit. Tu le sais, Dafit.
Les ventes chutent. Pour tout le monde. Dans 5 ans, le disque-objet n'existera plus. A part pour les grosses stars telles Céline Dion et André Rieu. Et le jazz et le classique. L'économie conduira l'article à l'honneur dans les derniers bacs.
Trop de musique, partout. Dans l'ascenseur, dans le métro, dans ton I-pod, dans ton ordi, dans myspace, sur le net, youtube, à la télé, dans la rue, dans la voiture, dans les magasins, trop.
La technologie. C'est comme ça. Le téléchargement légal, dernier rempart?
Ha,ha.
Ca tient plus à de l'idéologie personnelle.
Qui relève de quoi? Chacun son paramètre.
La culpabilité? ("Coupable d'avoir téléchargé tout Prison Break, j'acheterai le nouveau White Stripes, promis.")
Une éducation raisonnée? ("Faut que ces pauvres artistes vivent! Bon, j'ai téléchargé tout Sharko, mais j'acheterai le dernier Michel Sardou pour ma grand-mère, promis.") Des valeurs chrétiennes ou protestantes? ("Tu ne téléchargeras point.")
Du fétichisme? ("Je kiffe le moche plastique transparent!")
Dans 5 ans: que du fichier.
Bref. Revenons à notre cave de l'autre soir et ma réflexion. Je me disais, le public boude les salles de concerts. Trop de concerts.
Mais il ne boudera pas de rencontrer un artiste frontalement à 50 centimètres, sentir son haleine et sa voix. Ses mots, comme ils sortent. Le futur des artistes rock-pop, c'est ça, non?
Chanter chez les gens. Dans leur salon. Dans la cuisine. Devant cinq personnes. Dix ou quinze. Contre un repas et une petite pièce. Non?
Si.
Non?
Si.
Non.
Si.
05/06/2007 | de David
Prison biesse en tournée
-"Sé biè hè gross'neur".
Heureusement kon avait "Prison Biesse" (http://youtube.com/watch?v=26cCJaBSe4c) pour rire un peu.
On apprenait les répliques et on jouait à Scôfil dans le van.
On a fort ri. Ca a animé toute la tournée.
Yves était Abruzzi, je faisais T-Bag, Frainswo faisait Bellick et on a rencontré Pope dans un restaurant à Amiens. Fort Pope avec ses spécialités locales.
Moi, j'sais pas toi, mais moi, les longues heures de route, ça m'va, j'assume disons pendant 20 km. Après j'pète un câble.
Les trop longues heures de route, ça me TUE. Certes entrecoupées par les péages, la voix monocorde du GPS, les triangles sandwichs à 14 euros, les répliques de "Prison Biesse", les prouts de Yves (Hiroshima-Tchernobyl pour situer), etc...
En fait, dans l'habitacle, réduit-à-sardines, on est prison biesses!
Amiens, cool. Sommes allés boire des fausses margaritas ds le pub irlandais du coin avé des fans.
J'aime bien Amiens. J'aime bien cette salle.
Lendemain, 11 heures de route. Brouillard et pluie. Grise mine.
Surlendemain, Avignon, j'aime bien Avignon. Notre meilleur concert. Fort des fans venus de Marseille.
En sortant de scène, une sublime jeune femme, une amazone rare, beauté immédiate mais accessible plonge ses yeux dans les miens et me dit:
-"Bonjour... C'était formidable... Je voulais te dire, je tiens à te dire que tu as une voix incroyable, j'ai eu des frissons plusieurs fois, c'est rare. C'est intense, ta voix est vraiment touchante, sensuelle, très sensuelle... On sent que tu vas loin..."
Je l'observe. Elle enchaine:
-"J'peux te présenter à mon mari?"
Haha. Hahaha.
Le jour d'après, Clermont Ferrand - Festival Europa Vox. Avons croisé Neneh Cherry dans le couloir.
-"Sé bié hé gross'neur".
Ai fait une interview pour un webzine, et le jeune homme m'a demandé si le titre "Requin" du dernier album, c'était un jeu de mot avec le "Shark" de Sharko. Hein?
Ai pas compris tout de suite.
Puis, enfin, j'ai capté. "Rock 1" prononcé en français = "Requin".
Concert horrible.
J'ai eu des problèmes de retours dans mes enceintes, c'était horrible. Au s'cours.
Impossible de rentrer dans le bain. Complètement déconcentré par la technique défaillante, trop emmerdant, impossible de pratiquer l'indifférence, de passer outre, de plonger dans l'univers.
Là-dessus, haha, comme il avait beaucoup plu, ils avaient mis du sable dans le chapiteau, y avait du sable partout. Sur scène aussi. Sur "Rip Off", dans le solo de Teuk, lui d'habitude statique comme un seul homme, il s'est mis à bouger comme un guitar-hero fou-furieux, j'ai pris peur, j'ai voulu l'éviter et dans mon élan bardaf j'ai fort glissé ma gueule à terre. Me suis r'trouvé la tête sous le bac à sable, me suis relevé comme j'ai pu, pour constater que mon câble de basse s'était enroulé autour de ma gorge. Un pendu. Le temps de retrouver le chemin du filet, je me suis demandé où était la symbolique. Une chute, le cordon ombilical autour du cou et les retours en panne.
Une analyse jungienne me ferait du bien en ce moment.
Je suis tombé une deuxième fois, toujours à cause du sable, sur l'arrête de la scène, et j'ai cru que mon tibia ressemblerait à celui de Djibril Cissé juste avant la coupe du monde 2006.
Une grosse bosse, un deuxième genou en dessous du genou.
J'ai tenu mon rôle avec dignité jusqu'au bout. Suis ensuite sorti de scène pour pleurer toutes les larmes de mon corps.
- "M'sieur Scôfil, vous compreneye biè ke j'peuye pas vous laisseye sortir avec une keutiô, hein, m'fi".
-"Sé biè hè gross'neur".
22/05/2007 | de David
Un petit plouf
Je ponctue moins qu'avant
Nous sommes au bord d'une piscine à Montpellier Un petit plouf, fait méga beau, aujourd'hui day-off, hier super concert, fort improvisé, engagement de tous les diables, là, maintenant, un petit plouf Hier à 1 heure du matin, on rentre à l'hôtel un peu hacienda mexicaine sud de France comme dans les rêves, le gardien de nuit nous voit débarquer avec une bouteille de rhum, hilares un peu, Julien torse nu dans le lobby, on voit la piscine, belle comme une pierre précieuse luisante et au philtre de joie toute en joie, et on demande "plouf?" au gardien qui nous répond "hé peuchère, pourquoi pas cong?" et hop, nous voilà à nager dans les bras des sirènes, je t'aime, plouf, berce-moi en ton sein, bain de minuit, eau fraiche, en slip, rien n'est important, le gardien, il aurait pu dire mille fois non mais il a eu ce sourire et cette bonne humeur douce comme une caresse et jamais on va oublier ça Il aurait pu dire "nong, peuchère, doucemeng, cong, y a des gens qui dorment cong, vous allez vous noyer cong, peuchère..."
Ah quelle belle âme douce et tranquille
Biensûr nous ne sommes pas affichés mais c'est pas si grave
Là, on est en shorts, faut voir nos guibolles blanches comme des vieilles aspirines des années 50, mais bientôt le coeur rouge au front
15/05/2007 | de David
Sharko aux nuits
Cher journal, avec un peu de recul, je pense pouvoir écrire que, tu sais, c'était probablement notre plus fort concert.
Biensûr, il y a des composants, des paramètres qui font que.
La panique de l'après-midi, le stress insensé quelques minutes seulement avant de conduire vers le Bota, le nombreux public, les amis à qui nous voulions procurer joie et fierté, les ennemis que nous voulions faire taire, la rage de convaincre, l'ambiance sur le plateau, les bénévoles, les cadres du bota, la presse,...
Quel shoot...
Le lendemain, se motiver pour aller donner un concert en France... dans une salle à moitié pleine entre 2 groupes de gras boogie.
Un peu comme faire la Ligue des Champions contre le AC Milan le mercredi et le jeudi se retrouver à Bourzette-sur-Semois pour jouer un match de Coupe de la tête de veau.
C'est pas super élégant d'écrire ça, journal, mais c'est un peu vrai, que j'dis.
Honte à moi de dénigrer et cataloguer les concerts comme ça, mais après le shoot de vendredi, j'avais le sevrage turneresque.
13/05/2007 | de David
Résonateurs
Cher journal, j'ai enfin vu le grand spécialiste des cordes vocales à Paris. Guérisseur des maux de gorge du tout-Paris, de Bruel à Johnny. Son cabinet, il est beaucoup woaw. Non, sérieux. Beaucoup de goût, une certaine chaleur sans être grandiloquent ou intimidant. C'est un grand appart' dans un chic quartier de Paris, là où les madames promènent leur chien avec une laisse Vuitton.
Le doc, il sourit beaucoup, il est fort gentil